Les ex-combattants des Forces nouvelles (Fn), démobilisés de Man, sont en colère. Ils sont allés le signifier au Préfet de région des montagnes. Ils menacent de perturber les élections législatives si leurs conditions de vie ne sont pas améliorées. Ce sont au total 60.000 ex-combattants Fn démobilisés qui attendent d’être réinsérés. Chassés des maisons qu’ils occupaient, sans travail, sans projet et sans traitement, les démobilisés de Man ont tenté une première manifestation qui a été réprimée. C’est ainsi que le 21 novembre 2011, ils ont consigné leur indignation dans un rapport qu’ils ont déposé sur le bureau du Préfet de région. Ils avaient été convoqués par Mara Lassine, le chargé de communication du commandant Losseny Fofana, qui les a mis en garde. Selon eux, Mara Lanciné leur a demandé de voter le candidat Konate Sidiki au risque d’avoir des problèmes. Toujours selon les démobilisés, tous les projets qui leurs sont destinés sont détournés à d’autres fins. Et que leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour. Le Préfet de région Amani Yao Michel, qui avait à ses côtés le corps préfectoral, les autorités militaires, la délégation des Forces nouvelles, la classe politique et la société civile, a prôné l’apaisement des c?urs. Quant à Diomandé Henriette, vice-déléguée générale des Fn de Man, elle a reproché aux démobilisés de ne s’être pas adressés à elle avant d’aller voir le Préfet. « (…) Le candidat Konaté Sidiki n’a mandaté personne pour faire du chantage à qui que ce soit. Soyez rassurés que personne ne vous perturbera au nom de qui que ce soit », a rassuré Mamery Soumahoro, l’un des suppléants de la liste de Konaté Sidiki.
DOUMBIA Balla Moïse (Correspondant Soir Info)
Politique en Côte d'Ivoire: Un aperçu des enjeux actuels et des perspectives d'avenir
La Côte d'Ivoire, pays situé en Afrique de l'Ouest, est depuis longtemps un acteur clé de la politique régionale. Après des années de turbulence politique et de crises, le pays a progressivement renforcé ses institutions démocratiques et s'est engagé sur la voie du développement. Cet article explore les enjeux actuels de la politique en Côte d'Ivoire ainsi que les perspectives d'avenir pour le pays.
Stabilité politique et réconciliation nationale: Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès significatifs en termes de stabilité politique et de réconciliation nationale. Le gouvernement ivoirien s'est engagé dans des réformes pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la participation citoyenne. Des initiatives de réconciliation, telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, ont contribué à apaiser les tensions et à favoriser l'unité nationale.
Économie et développement: La Côte d'Ivoire est l'une des économies les plus dynamiques de la région. Grâce à sa riche diversité économique, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'industrie, le pays a attiré des investissements étrangers et connaît une croissance soutenue. La politique économique axée sur les réformes structurelles et l'amélioration du climat des affaires a permis à la Côte d'Ivoire de diversifier son économie et de stimuler la création d'emplois.
Défis et enjeux: Malgré les progrès réalisés, la politique en Côte d'Ivoire doit encore relever plusieurs défis. La consolidation de la démocratie et la garantie des droits de l'homme restent des priorités. Le pays doit également faire face à des questions telles que la corruption, l'inégalité socio-économique et l'accès limité aux services de base pour une partie de la population. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'État de droit et promouvoir la transparence dans la gouvernance.
Perspectives d'avenir: La Côte d'Ivoire a un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur sur la scène régionale et internationale. Les réformes en cours dans les secteurs clés tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure renforcent les fondations du pays pour une croissance durable. De plus, la Côte d'Ivoire joue un rôle actif dans les initiatives régionales et continentales, ce qui renforce sa position en tant que leader politique en Afrique de l'Ouest.
En conclusion, la politique en Côte d'Ivoire a connu des avancées significatives ces dernières années, marquées par la stabilité politique et les réformes démocratiques. Malgré les défis persistants, le pays continue de progresser vers un avenir prometteur. La Côte d'Ivoire a la possibilité de consolider sa démocratie, de promouvoir le développement économique inclusif et de jouer un rôle de de premier plan sur la scène régionale. En investissant dans les institutions, en luttant contre la corruption et en favorisant la réconciliation nationale, le pays peut renforcer son positionnement politique et attirer davantage d'investissements pour le bien-être de sa population.
Ce que la France veut sacrifier en Côte d’Ivoire
Par Calixte Baniafouna
Il y a près de huit mois, la France installait au prix de la sueur, des larmes et du sang des Ivoiriens un président de la Communauté internationale en Côte d’Ivoire. Et depuis, celui-ci a beaucoup de mal à convaincre les Ivoiriens, la France souteneuse et la Communauté internationale bénéficiaire de la Démocratie coloniale française (titre de mon livre à paraître très bientôt) de ses capacités à réconcilier et à unifier les Ivoiriens pour la relance du pays sur de bonnes bases. Coupable désigné à cette incapacité : l’ombre de Laurent Gbagbo en territoire ivoirien. Il faut donc s’en débarrasser.
Deux éventualités se sont alors offertes à la France : soit l’élimination physique (comme en Libye), soit l’éloignement du « coupable désigné » pour le faire oublier aussi bien de ceux qui seraient encore tentés de fonder en lui un espoir (et ils sont d’une majorité écrasante dans son pays) que de ses détracteurs qui ont visiblement du mal à réaliser qu’un homme supplicié à ce point ne parvienne toujours pas à s’abdiquer de ses inflexibles convictions.
L’élimination physique de Gbagbo replongerait le pays dans une barbarie encore plus dramatique que même les bombes coloniales de Nicolas Sarkozy ou celles du Coréen Ban-Ki-Moon auraient du mal à contenir : ce serait le génocide à la rwandaise. Le choix français est donc fait : éloigner Gbagbo de la Côte d’Ivoire pour la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.
Mais hic ! On va à la CPI pour y être jugé notamment de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Or, que dire d’Alassane Ouattara dans ce domaine ? Le jugement qu’a de lui la majorité d’Ivoiriens est tellement criard que, même bénéficiant d’immunité présidentielle et à croire que la France et la Communauté internationale les aient habitués à l’écrasement éhonté de la justice et du droit, l’ahurissement serait à la mesure de la perte de confiance (déjà bien réelle) en cette véracité absolue sur les valeurs « démocratiques » pour lesquelles s’opère le tri entre « Grands gentils » et « Grands méchants ».
La France doit donc sacrifier. Mais qui ? Surtout pas Alassane Ouattara, le fidèle des fidèles si tant rêvé et si chèrement conquis, sans lequel les bombes coloniales sur la résidence présidentielle ivoirienne seraient vidées de tous sens. L’un des ex-rebelles alors ! Mais qui ? Surtout pas Guillaume Soro le maître à penser sans lequel le pouvoir de Ouattara n’est plus que coquille vide, puisque installé et solidifié sur la base de la violence ! Bon, tant pis ! Gbagbo ira à la CPI sans jamais être jugé et, avec lui, Guillaume Soro, quitte, à l’armée française présente sur le terrain, à faire le job qui était celui qui rendait Guillaume important pour Ouattara. Décision prise donc : sacrifier Guillaume Soro !
Dans la semaine 46 (novembre 2011), Alassane Ouattara est appelé en urgence par son maître de l’Élysée pour y recevoir la consigne. Laquelle consigne ? « Voilà : le 11 décembre aura lieu en Côte d’Ivoire le scrutin législatif. De ce scrutin se dessineront les contours du futur gouvernement. Que Gbagbo soit « parqué » à la Haye sans jamais être jugé est une chose, mais Soro, pour en avoir trop fait aux yeux du monde entier pourrait un jour ou l’autre être réclamé, lui aussi, à la CPI. Il est par ailleurs intéressant de profiter de la présence encore en poste de nos dociles amis à l’ONU et à la CPI pour battre le fer quand il est chaud : si Ban-Ki-moon est encore là pour quatre ans, Luis Moreno Ocampo devra quant à lui passer la main en juin 2012. Il est donc temps de sacrifier Soro pour laisser au président de la Communauté internationale une marge de manœuvre devant lui permettre de régner à vie comme ses pairs de Brazzaville, Libreville, Yaoundé, Bangui, Ndjamena, Lomé ou Ouagadougou ».
Consigne bien comprise, Alassane Ouattara a rencontré à Paris Luis Moreno Ocampo cette même fin de semaine du 14 novembre, où la décision a été arrêtée : Gbagbo sera transféré à la CPI, et c’est imminent. Quant à transférer Soro… humm ! Ça sent la poudre.
S: mwinda.org
Gbagbo auditionné hier à Korhogo
Des juges du 6ème cabinet du tribunal du Plateau séjournent depuis quelques jours à Korhogo à l’effet d’auditionner le président Gbagbo qui est détenu dans cette ville du nord de la Côte d’Ivoire depuis près de huit mois. Conduite par la doyenne des juges Cissé Makoné, cette équipe a entamé les auditions hier. Rien n’a filtré de ces auditions qui se poursuivront aujourd’hui. Tout au plus, l’on sait qu’elles se sont déroulées en présence des avocats du président Gbagbo. Nous n’avons pas été en mesure de savoir le but de ce déplacement qui se situe quelques jours après une rencontre discrète entre Alassane Ouattara et le procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo.
Une folle a fait état hier de la présence sur le territoire ivoirien d’une équipe de juges de la Cour pénale internationale accompagnés d’un greffier avec pour mission de faire le nécessaire pour le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye. Des sources fiables ont cependant démenti cette rumeur qui se faisait pourtant persistante. Estimant que les auditions en cours n’avaient rien à voir avec les histoires de la Cpi.
Augustin Kouyo
La France contre la Côte d’Ivoire: voici la préface de Simone Gbagbo
Avant la guerre postélectorale, son arrestation et sa réclusion à Korhogo, l’épouse du président Gbagbo et députée d’Abobo a préfacé un essai de Lazare Koffi, qui retourne “aux origines de la guerre du Sanwi”, qu’il situe entre 1843 et 1940. Nous publions l’intégralité du texte d’introduction qu’elle a offert à l’auteur, et qui n’a rien perdu de son actualité.
Y a-t-il un intérêt certain pour les peuples d’aujourd’hui et les générations de demain à se pencher sérieusement sur le passé colonial de l’Afrique ? Ce passé n’est-il pas dépassé dans la mesure où la plupart de nos pays ont acquis leurs indépendances depuis plus d’un demi-siècle et, de ce fait, gèrent leurs propres affaires en toute souveraineté ? En outre, les défis actuels à relever sont tellement immenses et urgents qu’il peut paraître absurde de consacrer du temps et de l’énergie à pérorer sur ce qui fut in illo tempore. En effet, au regard des impératifs du moment comme l’enracinement de la démocratie dans nos mœurs, la stabilité politique et l’unité nationale, la sécurité et la paix, l’éducation et l’emploi des jeunes, l’intégration économique et «la mondialisation, la santé et l’environnement, l’immigration vers l’Occident et la pauvreté, le sida et les grandes pandémies, etc., est-il légitime de revenir sur notre passé lointain ou proche ? Il
va sans dire que les exigences de l’actualité et les priorités du jour nous font obligation de travailler farouchement à l’équipement de nos pays, à leur développement socio-économique, à leur modernisation, à leur démocratisation, à leur cohésion interne par la construction de véritables consciences nationales. Pour ce faire, il y a lieu de nous focaliser sur le présent et le futur surtout que les temps anciens ont été pour nous des temps de douleur et d’humiliation.
Dans une telle vision, notre temps et nos talents doivent servir à rattraper le retard qui est le nôtre face aux peuples de l’Occident qui nous ont dominés et qui continuent de dicter leurs lois à toute l’humanité. Mais alors, comment réussir véritablement à prendre nos destins en main et à réaliser une réelle émancipation de nos peuples sans être toujours à la traîne ?
Autrement dit, comment transformer notre présent et notre avenir en des espaces de pleine réalisation de soi en toute dignité et liberté alors que notre histoire jusque-là n’a été que le déploiement sinistre de sujétion et d’asservissement?
La réponse de Lazare Koffi Koffi, auteur de «La France contre la Côte d’Ivoire. Aux origines, la guerre contre le Sanwi» est sans équivoque : le progrès de nos peuples passe inévitablement par l’exploration sans complaisance de notre passé. Ce serait une grave erreur voire une horreur monumentale de croire ou de faire croire que le retour sur notre histoire est une pure perte de temps. Mieux, dans cet essai historique, il nous est clairement montré la grande portée pédagogique et éthique de l’histoire en tant qu’étude du passé.
La connaissance de ce qui est révolu est perçue comme le moteur révolutionnaire de ce qui est, de ce qui sera. Au fait, notre mémoire collective, quand elle est restituée dans sa vérité sans falsification ni flagornerie, demeure une véritable boussole pour les contemporains d’autant plus que le passé est présenté comme la matrice du présent et la ligne asymptotique de l’avenir.
Cet ouvrage nous situe du milieu du dix-neuvième siècle à la première moitié du vingtième siècle (1843-1940) dans le royaume du Sanwi au Sud-Est de la Côte d’Ivoire actuelle. Il est traversé de part en part, du début à la fin, par une thèse : la France est restée la même France dans ses visées impérialistes depuis le temps colonial du dix-neuvième siècle jusqu’à l’époque contemporaine face aux peuples africains.
La France de Louis-Philippe 1er n’est point différente de la France de Jacques Chirac malgré l’écoulement du temps, le changement des dirigeants et des époques. Ce que fit la France colonisatrice contre le royaume du Sanwi au dix-neuvième siècle, c’est ce qui se répète sous nos yeux avec la crise militaro-civile survenue en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 sous le règne de Jacques Chirac. La lecture de cet ouvrage nous montre des similitudes étonnantes entre le peuple sanwi d’alors et la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. En effet, malgré la différence des époques historiques, un dénominateur commun est mis en exergue : la même puissance étrangère dominatrice avec les mêmes méthodes machiavéliques faites de corruption, de ruse, de trahison, de division, de manipulation, de violence, à l’effet de parvenir à ses fins qui sont de dominer, d’exploiter, d’asservir les peuples noirs.
Par ailleurs, nous observons que, nonobstant les puissants moyens de déstabilisation dont dispose cette puissance étrangère impérialiste, le peuple sanwi d’alors et le peuple ivoirien d’aujourd’hui, n’ont jamais accepté de brader leur dignité. Ils ont toujours lutté pour défendre leur souveraineté, quelquefois au prix fort de leur sang. C’est dire que les luttes patriotiques et les combats de résistance face à l’impérialisme français ne datent pas de nos jours. Mais mieux, cet écrit révèle deux grandes figures emblématiques voire deux héros de la résistance contre l’envahisseur occidental : d’une part, le roi sanwi Amon Ndouffou II qui déclarait déjà en 1843 à l’arrivée des Français «ce pays n’est pas à vendre», et d’autre part, l’actuel Président ivoirien Laurent Gbagbo, jaloux de l’indépendance et de la souveraineté de son pays. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil des relations franco-ivoiriennes, au-delà du changement du temps. La pleine conscience et la profonde connaissance de cet état de fait depuis des siècles devraient alors amener les peuples africains à ne pas se tromper de combat, à identifier le vrai fondement de leur retard et le véritable enjeu de leur lutte.
Simone Ehivet Gbagbo
«Côte d’Ivoire : le coup d’Etat» Gbagbo raconte lui-même son 11 avril
Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.
Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque
«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette
demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»
Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre
«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».
Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture
«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»
La tentative de «corruption» de l’administration Obama
«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.
Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?
Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»
Le Nouveau Courrier
Côte d’Ivoire_le coup d’Etat
Egypte: l’armée s’excuse pour les morts, les manifestants inflexibles
Le Caire – L’armée égyptienne au pouvoir s’est excusée jeudi pour les morts survenues dans les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants qui occupent la place Tahrir au Caire pour le septième jour consécutif pour réclamer le départ au plus vite du pouvoir militaire.
A quelques jours du début, lundi, de législatives cruciales, la tension reste palpable au centre de la capitale mais également dans plusieurs villes du pays, où au moins 35 personnes ont été tuées et plus de 2.000 blessées depuis le début des heurts samedi.
Les affrontements violents se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi dans la rue Mohamed Mahmoud qui relie la place Tahrir au ministère de l’Intérieur, a constaté un journaliste de l’AFP.
Jeudi matin, l’armée bloquait cette rue tandis qu’un général exhortait les manifestants à reculer vers l’emblématique place Tahrir, occupée en début d’année pendant 18 jours par les manifestants jusqu’à la démission historique de Hosni Moubarak.
Les violences semblent avoir créé un malaise même au sein des militants, beaucoup estimant que le mouvement de protestation devrait se concentrer sur la place Tahrir et ne plus provoquer la police près du ministère de l’Intérieur.
« Je soutiens les manifestations mais je ne pense pas que les gens doivent se diriger vers le ministère, cela ne nous mènera à rien », affirme à l’AFP Essam Hamdani, un diplômé en affaires de 27 ans, au chômage.














