Depuis qu’il a été contraint par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis de déclarer illégalement les résultats provisoirs de la CEI, Youssouf Bakayoko se trouve en France aux bons soins de Nicolas Sarkozy. Ceci confirme bien le complot de la France contre le président Gbagbo. Recevant les rois et chefs traditionnels au Palais de la présidence de la République la semaine dernière, le président Laurent Gbagbo a fait une grande révélation sur la crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire. Il a indiqué que ce sont les ambassadeurs de France et des Etats-Unis qui sont allés prendre Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI), à son domicile le jeudi 3 décembre pour l’amener à l’hôtel du Golf, dans le QG d’Alassane Ouattara. Là-bas, ils l’ont contraint, seul, en l’absence des commissaires de la CEI et des représentants des candidats, et alors que la CEI était déjà forclose, à annoncer, en toute illégalité, des résultats donnant Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Cette information majeure montre à l’évidence que le Président Gbagbo et la Côte d’Ivoire sont victimes d’un complot qui vise à installer Ouattara au pouvoir. Autre fait qui le confirme, c’est le lieu où se terre le président Youssouf Bakayoko depuis son forfait. En effet, depuis qu’il a exécuté la volonté de la France et des Etats-Unis, le président Youssouf Bakayoko est porté disparu. En tout cas, il n’est plus apparu en public. De sorte que les Ivoiriens ne savent pas où se trouve le président de la CEI. Eh bien! selon des informations dignes de foi et vérifiée, M. Youssouf Bakayoko est en France, notamment à Neuilly-sur- Seine en région parisienne, la commune dont le président français Sarkozy était le maire. Il séjourne précisément à l’hôtel Couthiard Les Marriott, 58 boulevard Victor Hugo. Notre correspondant à Paris que nous avons envoyé à cet hôtel s’est présenté comme un parent de Youssouf Bakayoko. Il s’est entendu dire ceci : «Youssouf Bakayoko est bien ici. Mais si vous êtes son parent, vous devez avoir un code qui doit vous permettre d’avoir accès à lui. Quel est donc ce code ?» Evidemment, notre correspondant n’avait pas le code. Il a été donc refoulé poliment. Cependant, notre correspondant a pu obtenir de ses interlocuteurs que M. Youssouf Bakayoko séjourne dans cet hôtel pour le compte de l’Elysée. Cette information confirme si besoin est, le complot de la France contre le président Gbagbo. Si non comment comprendre que le président de la CEI, après qu’il a annoncé les vrais faux résultats qui sont à l’origine de la crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire se retrouve aussitôt en France aux frais de Sarkozy ? Que fait-il en France alors que la CEI qu’il préside et qui est au centre de la crise post-électorale est en Côte d’Ivoire et qu’il n’est menacé par personne. Son absence de la Côte d’Ivoire est d’autant plus intrigante qu’il est au centre de ce conflit qui préoccupe tant le monde. Tous les émissaires qui viennent ont pourtant besoin de le rencontrer aussi pour avoir sa version des faits. La médiation mise en place par l’Union africaine (UA) aura nécessairement besoin de sa version des faits pour mieux apprécier la situationg Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr – Notre Voie
Politique en Côte d'Ivoire: Un aperçu des enjeux actuels et des perspectives d'avenir
La Côte d'Ivoire, pays situé en Afrique de l'Ouest, est depuis longtemps un acteur clé de la politique régionale. Après des années de turbulence politique et de crises, le pays a progressivement renforcé ses institutions démocratiques et s'est engagé sur la voie du développement. Cet article explore les enjeux actuels de la politique en Côte d'Ivoire ainsi que les perspectives d'avenir pour le pays.
Stabilité politique et réconciliation nationale: Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès significatifs en termes de stabilité politique et de réconciliation nationale. Le gouvernement ivoirien s'est engagé dans des réformes pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la participation citoyenne. Des initiatives de réconciliation, telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, ont contribué à apaiser les tensions et à favoriser l'unité nationale.
Économie et développement: La Côte d'Ivoire est l'une des économies les plus dynamiques de la région. Grâce à sa riche diversité économique, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'industrie, le pays a attiré des investissements étrangers et connaît une croissance soutenue. La politique économique axée sur les réformes structurelles et l'amélioration du climat des affaires a permis à la Côte d'Ivoire de diversifier son économie et de stimuler la création d'emplois.
Défis et enjeux: Malgré les progrès réalisés, la politique en Côte d'Ivoire doit encore relever plusieurs défis. La consolidation de la démocratie et la garantie des droits de l'homme restent des priorités. Le pays doit également faire face à des questions telles que la corruption, l'inégalité socio-économique et l'accès limité aux services de base pour une partie de la population. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'État de droit et promouvoir la transparence dans la gouvernance.
Perspectives d'avenir: La Côte d'Ivoire a un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur sur la scène régionale et internationale. Les réformes en cours dans les secteurs clés tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure renforcent les fondations du pays pour une croissance durable. De plus, la Côte d'Ivoire joue un rôle actif dans les initiatives régionales et continentales, ce qui renforce sa position en tant que leader politique en Afrique de l'Ouest.
En conclusion, la politique en Côte d'Ivoire a connu des avancées significatives ces dernières années, marquées par la stabilité politique et les réformes démocratiques. Malgré les défis persistants, le pays continue de progresser vers un avenir prometteur. La Côte d'Ivoire a la possibilité de consolider sa démocratie, de promouvoir le développement économique inclusif et de jouer un rôle de de premier plan sur la scène régionale. En investissant dans les institutions, en luttant contre la corruption et en favorisant la réconciliation nationale, le pays peut renforcer son positionnement politique et attirer davantage d'investissements pour le bien-être de sa population.
Cote d’Ivoire|Ouattara a perdu la partie (Ancien officier français de renseignements)
Ancien officier de renseignements et ex-cadre de la Direction du renseignement militaire, Vladimir Tozzi suit de près la situation en Côte d’Ivoire. Travaillant actuellement avec l’Institut de prospective africaine que dirige Philippe Evanno, chercheur à la Sorbonne, il estime qu’une solution pacifique peut encore émerger. À la condition que les Ivoiriens retournent aux urnes… Interview.
Pourquoi vous intéressez-vous spécialement à la situation en Côte d’Ivoire ?
J’ai connu la Côte d’Ivoire dans une fonction officielle, cette pratique se doublant d’une expérience concrète de conception et de conduite d’opérations sur le terrain, liée à du renseignement sans lequel rien ne peut se faire. Je suis également en contact avec de nombreux acteurs présents en Côte d’Ivoire. Ils me permettent de disposer en temps réel d’une vision globale et, je l’espère, pertinente de la situation.
Quels sont les éléments les plus inquiétants à vos yeux ?
Je suis frappé par la contradiction entre la réalité sur le terrain et la perception qu’on en a à l’extérieur.
Mon souci n’est pas de prendre parti, mais la communauté internationale défend bec et ongles Alassane Ouattara qui, sur le terrain, a perdu la partie. Que cette situation soit morale ou pas n’est pas la question : si on ne prend pas en considération cette réalité, on emprunte une voie sans issue. La journée de jeudi a été symptomatique. À rebours de ce qu’on a souvent pu lire, la situation a été plutôt calme à Abidjan. Il y a eu certes des affrontements localisés, mais très peu de manifestants, avec des affrontements pour l’essentiel circonscrits autour de l’Hôtel du Golf. Il reste à vérifier si des morts n’ont pas été provoquées par des tirs fratricides entre militants de l’Alliance du Nord.
Les témoignages des journalistes et des diplomates présents sur place ne vont pas dans ce sens…
À mes yeux, la bataille de la rue engagée par Alassane Ouattara et Guillaume Soro (ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo rallié à Ouattara, Ndlr) est perdue. Cette journée de vendredi s’est déroulée sans manifestation. J’en tire pour conclusion que la situation est sinon calme, du moins sous contrôle. On peut ajouter qu’un débat semble se développer en ce moment autour de l’écart entre le taux de participation constaté dimanche soir à la fermeture des bureaux de vote et celui qui apparaît lors de la proclamation des résultats jeudi 2 décembre. Les anomalies sont manifestes.
Quel bilan tirez-vous de ces deux journées ?
Au moins temporairement, Laurent Gbagbo en sort vainqueur, même si les représentants de la communauté internationale ne veulent pas en tenir compte. Il est plus urgent que jamais que le Conseil de sécurité de l’Onu se saisisse de cette situation qui a surpris tout le monde, puisque le processus électoral n’a pas fonctionné. Du coup, chacun choisit la position la pire, en se rigidifiant, donc en risquant le recours à la violence.
Pourquoi dites-vous que le processus électoral n’a pas fonctionné ? La Côte d’Ivoire n’a-t-elle pas élu un nouveau président, Alassane Ouattara?
De fait, on se retrouve avec deux prétentions à la victoire. La première, celle de Laurent Gbagbo, est légale, et la seconde, celle d’Alassane Ouattara, est légitime, puisqu’elle est soutenue par la communauté internationale. Aujourd’hui, trois voies sont ouvertes. La première est celle du blocage qui déboucherait sur la violence de rue, inacceptable et qu’il convient de rejeter. La deuxième voie laisserait les pays étrangers (États-Unis, France, Russie, Chine, Libye, Afrique du Sud, etc.) intervenir sur ce dossier et aboutir à un point d’équilibre ménageant leurs intérêts économiques. Enfin, une troisième voie se présente, que je préconise : il faut rappeler les électeurs et recommencer le second tour de la présidentielle, qui a posé un problème. Mais cette fois dans des conditions telles que les erreurs ne se reproduisent pas. La communauté internationale doit absolument reprendre la main et aider à sortir de cette situation.
Pourquoi la Côte d’Ivoire représente-t-elle un tel enjeu?
Alors que les économies du Nord stagnent, l’Afrique est une formidable zone de croissance potentielle. La situation dans ce pays n’est pas un problème ivoiro-ivoirien, c’est celui de la sous-région, et celui de toute l’Afrique « utile ». Il convient de regarder les effets à long terme de cette situation, donc en sortir par le haut. Un nouveau second tour serait une bonne solution, pacifique et réaliste. Ça peut heurter aujourd’hui, mais dans un mois, ça choquera moins !
Vous avez été militaire et officier de renseignements. Quel est votre avis sur le rôle que devraient ou que pourraient jouer les forces françaises de l’Opération Licorne, dans ce processus que vous appelez de vos vœux ?
Vous comprenez bien que ma situation d’ancien officier français m’interdit de répondre à cette question !
In Le Point
Manœuvres françaises : COMMENT SARKOSY VEUT INSTALLER SON AMI OUATTARA
Fratmat-24/12/2010
Les pressions internationales qui se multiplient et se radicalisent pour faire plier l’échine au Président ivoirien ont une seule explication : Alassane Ouattara, comme le dénonçait le candidat Laurent Gbagbo durant la campagne électorale, est «le masque» ou «le candidat de l’étranger». Une note confidentielle classée «Secret défense» de l’état-major des Armées françaises révèle le pot aux roses.
En effet, par une fiche d’orientation n°45821 / EMA / CPCO / CD / 2010 en date du 1er octobre 2010 dont le rédacteur est le général de brigade Castres Didier et adressée au général de brigade Autran Francis, commandant des troupes françaises de l’opération Licorne à Abidjan (Comanfor/Abidjan), l’état-major des Armées français précise clairement que «Alassane Ouattara, président du Rassemblement des républicains est le candidat de l’Elysée». «Candidat de l’Elysée», c’est-à-dire candidat de Nicolas Sarkozy et candidat de la France.
De ce fait, en soutenant, le 3 octobre dernier au cours de sa visite en Côte d’Ivoire, «avec force (que) la France n’a pas de candidat ni de favori» pour la présidentielle, Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée et bras droit de Nicolas Sarkozy, entendait endormir Laurent Gbagbo qui disait que depuis que Sarkozy est à la tête de l’Etat français, il dormait sur ses deux oreilles et cacher aux Ivoiriens le plan de déstabilisation des institutions républicaines arrêté quarante-huit heures avant son arrivée en terre ivoirienne, «par les autorités politiques françaises au plus haut niveau».
Mais personne n’est dupe. Le président du Rdr est un vieil ami du Chef de l’Etat français; une amitié que les deux hommes partagent avec plusieurs industriels et hommes d’affaires français dont Bolloré et Bouygues. Le mariage du divorcé Alassane Ouattara et de la veuve Dominique Nouvian Folleroux que le maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy, a célébré en octobre 1990, traduit bien que ces liens vont au-delà d’une amitié banale.
Pour réussir cette autre version de l’opération «Barracuda» sur la Côte d’Ivoire à l’effet d’installer, à la David Dako (en République centrafricaine), «le candidat de l’Elysée», une opération militaire spécifique dont la coordination a été confiée au Comanfor a été planifiée par le Centre de planification et de conduite des opérations (Cpco, «centre nerveux de la chaîne de commandement en amont») : le Kahia 2.
Elle avait une mission géostratégique principale: neutraliser les principaux sites institutionnels. Dans ce cadre, «les résidences officielles et non officielles des présidents des institutions, les principaux bâtiments civils et militaires présentant un intérêt avéré seront préalablement localisés par le système Helios». L’objectif visé est sans ambiguïté: «Obtenir un changement d’interlocuteur au sommet de l’Etat ivoirien» pour «garantir par effet induit le maintien du leadership français dans la région». En clair, chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et le remplacer par une potiche, Alassane Ouattara, le «candidat de l’Elysée».
«Cette opération spéciale et clandestine a une haute valeur stratégique pour les plus hautes autorités politiques françaises et leurs alliés civils et militaires ivoiriens discrètement impliqués dans le dispositif opérationnel qui oeuvrent à l’avènement, au soir du 31 octobre (2010, premier tour de la présidentielle), d’un nouvel ordre politique dans ce pays où les intérêts économiques et militaires doivent être maintenus et renforcés», recommande la fiche d’orientation. Comme au bon vieux temps de la Françafrique. Jacques est mort, vive Foccart et adieu la rupture envisagée par Sarkozy à sa prise de fonction pour de nouvelles relations entre la France et l’Afrique.
Pour préparer cette opération Kahia 2 prévue pour 48 heures avec un effectif réduit de 30 commandos du Commandement des opérations spéciales (Cos) dont l’ancien chef était le général, un exercice de franchissement amphibie sur les bords de la lagune Ebrié, à proximité de l’ancien camp du 43e Bima, à Port-Bouet, a été effectué le 30 septembre dernier, pour «valider les savoir-faire tactiques des équipages du peloton d’éclairage et d’investigation qui seront déployés».
En outre, sous le commandement du général Hogard, des exercices militaires se sont étendus sur six mois avant la projection sur le théâtre ivoirien des opérations des commandos du Cos, des éléments du 13e Rdp et des nageurs du commando Hubert prépositionné à Lomé.
Ce schéma a été contrarié par le second tour. Le plan B est donc entré en action. Le général Emmanuel Beth, ancien patron de la Licorne nommé ambassadeur de France au Burkina Faso, est donc à la manette. C’est une barbouze. Selon de nombreuses sources, il cornaquerait un commando d’une douzaine de mercenaires avec du matériel sophistiqué pour attenter à la vie des autorités légales ivoiriennes.
Car Laurent Gbagbo apparaît comme un os, un dur à cuir. Sur le plan politique, il donne le tournis à la France qui ne veut pas lâcher prise. C’est pourquoi l’ancienne métropole fait feu de tout bois. Et comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, elle piétine tout sur son passage au mépris notamment de la souveraineté, des institutions et procédures réglementaires pour parvenir à ses fins.
En refusant le jeu politique et le cadre institutionnel ivoirien, en s’imposant contre le droit qui n’a pas été violé par Gbagbo, l’Hexagone se sert de l’Onu et des autres institutions internationales qu’elle manipule à sa guise pour réaliser le coup d’Etat électoral dont l’objectif reste le même : installer le «candidat de l’Elysée» au sommet de l’Etat. De gré ou de force. Ceci entraînant cela, Youssouf Bakayoko a récité la dictée, Barack Obama, mené en bateau, met en première ligne son gouvernement qui examine la possibilité d’augmenter le nombre des Casques bleus pour dire à Laurent Gbagbo «qu’il doit quitter le pouvoir», Choi et l’Onuci ont outrepassé leur mission, la Bceao, l’institut d’émission de l’Uemoa, est emportée par la politique politicienne et le monde est à l’envers dans la crise post-électorale ivoirienne. Car, ne l’oublions pas, la raison du plus fort est toujours la meilleure, dans ce monde-jungle
FERRO M. BALLY
Le Cameroun prend fait et cause pour Laurent Gbagbo

Afrique
De Yaoundé) Dans les rues de Yaoundé, les débats font fureur entre ceux qui dénoncent l’ingérence étrangère dans les élections ivoiriennes et ceux qui critiquent le forcing de Laurent Gbagbo. En octobre 2011, ce sera aux Camerounais d’élire leur président.
Ce 21 décembre 2010, les Camerounais n’ont pas décroché de leur écran. Tous suivaient le débat sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire organisé par la première chaîne de télévision privée à Yaoundé, Canal 2 International. Depuis le face-à-face télévisé historique du 25 novembre entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, la situation politique en Côte d’Ivoire est suivie de près par le pays frère.
Le Cameroun prend fait et cause pour Laurent Gbagbo
Jean Claude Awono, écrivain, explique :
« Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire intéresse tous les Africains car ce qui arrive à nos frères là-bas pourrait aussi bien arriver au Cameroun. »
Mais au-delà de cette explication, c’est surtout la cristallisation du sentiment nationaliste et panafricaniste qui mobilise les foules. Pour Jean-Michel Nintcheu, député au sein du Social democratic front (SDF), principal parti de l’opposition :
« La rue camerounaise, qui semble soutenir majoritairement M. Gbagbo, n’est pas fondamentalement pro-Gbagbo, mais plutôt antifrançaise. »
Les premiers impliqués dans l’affaire ivoirienne sont d’ailleurs bien les partis d’opposition camerounais. Ainsi, le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) envisage une marche ces prochains jours pour soutenir Laurent Gbagbo.
De même, l’Union des populations du Cameroun a pris fait et cause pour le président ivoirien sortant. Le 4 décembre, ce parti lui a adressé une lettre de félicitation pour son « éclatante victoire qui est le couronnement d’une lutte du peuple ivoirien. »
Mais au sein du SDF, la situation ivoirienne fait des vagues. Alors que le parti a officiellement reconnu la victoire du Président Gbagbo, Jean-Michel Nintcheu soutient que « les présidents africains, Paul Biya [le président camerounais, ndlr] en tête, gagneraient à apprendre la culture de l’alternance. »
Radios et TV multiplient les émissions
La rue et les médias n’échappent pas à l’engouement. « Coup d’Etat électoral contre coup d’Etat constitutionnel », titre Le Messager, « Un fauteuil pour deux », annonce le quotidien Mutations, « La crise ivoirienne secoue le SDF », lit-on dans La Nouvelle Expression, ou encore « Tout sur les accords qui ont vidé le pouvoir de Laurent Gbagbo » selon l’hebdomadaire Emergence. Tandis que radios et télévisions multiplient les émissions interactives.
Entre ceux qui voient dans l’attitude de la communauté internationale une ingérence qui ne vise qu’à écarter Laurent Gbagbo du pouvoir, et les autres qui pensent que celui-ci est un mauvais perdant, la mobilisation des Camerounais se fait sentir jusque dans les rues.
Comme devant un kiosque à journaux de la capitale camerounaise, mardi 21 décembre, où fuse un échange particulièrement corsé entre deux clients :
« Vous accusez les Blancs de vouloir chasser Gbagbo. Dites-moi si ce sont eux qui ont voté pour Ouattara.
– Ce ne sont pas les Blancs qui ont voté mais dis-moi où Ouattara a trouvé l’argent pour mener toute sa campagne et pourquoi les médias français le supportent de cette façon. »
Pour Céline, une étudiante :
« Laurent Gbagbo a publiquement accepté de respecter le verdict des urnes. Il ne doit pas ressortir aujourd’hui la carte du nationalisme parce qu’il a perdu. »
Mais pour son camarade Eric :
« La communauté internationale doit respecter les institutions ivoiriennes. C’est le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats définitifs. Et cette institution a proclamé Gbagbo vainqueur. Il faut respecter ce résultat. »
Tandis que la tension monte à Abidjan, les rues de Yaoundé s’enflamment sur la situation au pays des éléphants.
S: Rue89.fr
Simone Gbagbo remonte au front

SimoneGbagbo
On la disait marginalisée il y a quelques semaines, mais Laurent Gbagbo a finalement décidé de faire de sa femme « Simone » une arme dans la bataille de l’après élection présidentielle ivoirienne.
« Quand les temps sont durs vient le temps des durs ! » Cette maxime martelée par Charles Blé Goudé, le « général de la jeunesse » pro-Gbagbo, explique-t-elle le retour de Simone Ehivet Gbagbo sur le devant de la scène, au cœur du dispositif de « résistance » de son époux ?
Il y a quelques mois, on la disait marginalisée, ce que sa grande discrétion durant la campagne présidentielle semblait confirmer. Après avoir décidé d’annoncer elle-même la candidature du président sortant, lors d’un meeting à Abobo, elle avait pris du recul et des vacances prolongées en Suisse au début du second semestre 2010. Sa machine politique, le Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), creuset des partis et associations engagés en faveur de la réélection de Laurent Gbagbo, était mise en veilleuse au profit de La Majorité présidentielle (LMP), un instrument semblable mais dont elle ne détient pas les leviers.
Les antichambres de la République bruissaient de récits faisant état de l’influence grandissante de Nadiana Bamba, une ancienne journaliste que Gbagbo a épousée selon le rite traditionnel malinké, et dont la régie, Cyclone, a cogéré la campagne avec le groupe français Euro RSCG. « Nady » avait-elle franchi le Rubicon en apparaissant publiquement lors de meetings dans la zone occupée par l’ex-rébellion, où elle exhortait ses « parents » dioulas à voter pour son « mari » ? Partie des salons, la rumeur avait fini par s’étaler dans la presse et sur les réseaux sociaux en ligne…
Mais entre les deux tours de scrutin, la tendance s’est inversée. Déçu par les contre-performances locales des « nouveaux venus », dont la mission était de marquer des points dans les terres du Nord, « le chef » a manifestement arbitré en faveur du Front populaire ivoirien (FPI) « canal historique » et donc de « Simone », qui a montré son efficacité à Abobo – commune d’Abidjan fidèle au Rassemblement des républicains (RDR), mais où la majorité présidentielle a bien résisté – et dans le Sud-Comoé – sa région d’origine, traditionnellement pro-Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui a basculé en faveur de LMP.
L’issue dramatique du second tour, et la bataille diplomatique et militaire qui s’est ensuivie ont renforcé l’importance stratégique de « Maman », comme l’appellent de nombreux militants. Fiable, déterminée et combative aux yeux de son mari, elle est un appui sûr au cœur de la tempête. Les analystes du microcosme ivoirien en sont persuadés : legouvernement de Gilbert Aké N’Gbo porte, d’une certaine manière, sa marque. Avant sa nomination, le Premier ministre était présenté par la presse d’opposition comme l’un de ses proches. Tout comme Lazare Koffi Koffi, le ministre de l’Environnement, ou sa cousine, Christine Nebout Adjobi, indéboulonnable ministre chargée de la Lutte contre le sida, gratifiée, en plus, du portefeuille de la Santé.
En mission à l’étranger ?
Que la lutte pour le pouvoir entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se règle par le dialogue ou par les armes, Simone aura un rôle de premier plan à jouer. Familière des réseaux d’influence israéliens, elle a les clés pour convaincre l’ancien allié – qui a fourni il y a quelques années drones d’observation et conseillers militaires – de s’impliquer à nouveau. Ce n’est sans doute pas un hasard si Anselme Seka Yapo, le chef de sa garde rapprochée, fait partie des « sanctionnés » de l’Union européenne. Il est au cœur du dispositif sécuritaire du régime.
« Il faudra compter avec elle en cas de négociation. Elle n’est pas qu’une première dame ; elle est avant tout vice-présidente du FPI et présidente du groupe parlementaire », rappelle un membre du cabinet de Simone Gbagbo. S’il ne nie pas des contacts avec certains chefs d’État de la sous-région et l’envoi d’émissaires dans divers palais présidentiels, il ne confirme pas qu’elle-même est allée discrètement en mission à l’étranger, notamment pour rencontrer le président béninois, Thomas Boni Yayi.
Simone Ehivet Gbagbo diplomate ? À 61 ans, la chercheuse en linguistique, dont le mémoire portait sur « le langage tambouriné chez les Abourés », reste un objet politique non identifié, aussi secret et méfiant que « Laurent » est volubile et charmeur. « Pur produit ivoirien », elle a toujours étudié, travaillé et milité en Côte d’Ivoire, n’a pas la connaissance du milieu politique français d’un Laurent Gbagbo, et est imperméable aux règles du « politiquement correct ». Cela tombe bien : ce n’est apparemment pas ce que son époux lui demande…
Par Théophile Kouamouo; Jeune Afrique
La grande conspiration contre Gbagbo

Choi
La Côte d’Ivoire est victime d’une véritable conspiration qui ne dit pas son nom. Dans la situation actuelle, les sourds entendent, les aveugles voient. Seuls ne veulent voir ni entendre que les agents patentés du complot. Comment un quimboiseur peut-il être le remède aux maux dont les symptômes ont été clairement définis et les virus clairement détectés ? Comment Alassane Dramane Ouattara peut-il être un remède pour les maux de la Côte d’Ivoire ? Voici un homme qui n’a ni une connaissance de l’anthropologie africaine, ni de la société africaine encore moins malgré sa grande culture d’assimilé une connaissance psychologique des hommes qu’il veut gouverner.
La route infinie de l’histoire nous apprend que malgré ces balbutiements, malgré l’impression qu’elle nous donne (l’histoire) de se perpétuer ou de recommencer, elle reste indéfiniment constante et non répétitive. Les choses ont beau se ressembler, les faits ont beau être têtus, l’histoire ne se répète pas et ne se répétera jamais car la route infinie de l’histoire un est un processus qui n’aura pour fin que la fin de l’Humanité.
Comment Ado prototype achevé de l’assimilé tel que l’a défini Albert Memmi dans son fameux livre Le portait du colonisé peut-il être un véritable remède pour les maux de la Côte d’Ivoire. Il n’a ni l’étoffe ni le charisme ni la carrure d’un homme de situation malgré l’héritage que pourrait avoir un prince authentique de Sindou ou un prince par effraction de Kong. N’ayant ni appri les us et les coutumes de l’authentique Sénoufo, dont la fierté immense empêche toute confusion chromosomique, il ne pourra jamais être le remède des maux de la Côte d’Ivoire. L’histoire est cruelle mais elle n’est que vérité. Elle ne laisse aucune place à la dissimulation, aux mensonges, à la manipulation et à la mystification.
Un homme aussi fragile, aussi esseulé ne pouvait être qu’un élément de la françafrique qui dérive aujourd’hui vers la mafiafrique. Ce sont ces valeurs quelconques qui pullulent en Afrique et que l’ancien colonisateur particulièrement la France veut ériger en valeur suprême pour défendre ses intérêts en ayant recours à tous les moyens possibles, voire la conspiration. C’est le mal de l’Afrique, c’est le mal du siècle.
En Côte d’Ivoire, la personne toute trouvée s’appelle Alassane Dramane Ouattara. Un personnage dont la légitimité tant chronomique que sociale ne repose sur aucun pilier. Si Ado fait de la politique aujourd’hui, c’est qu’il aspire au pouvoir tant est qu’il considère ce pouvoir comme un moyen au service d’autres fins idéales, égoïstes et mercantilistes. Le prince authentique de Sindou ne désire ce pouvoir que pour lui-même en vue de jouir du sentiment de prestige qu’il pourra éventuellement conférer à un prince authentique de Sindou, ou un prince par effraction de Kong. Il n’a pas encore comprit ce que c’est que décoloniser. Quoi de plus normal d’un prince authentique à la recherche d’un nouveau privilège princier. Il ne peut pas comprendre que décoloniser, c’est s’auto-décolonier.
Aujourd’hui pion privilégié de la France, il a du mal à comprendre que la tendance française à entretenir des liens privilégiés avec les régimes forts et les dictatures est un prolongement direct du vieux paternalisme françafricain.
Assimilé privilégié n’ayant aucune culture authentiquement africaine ignorant de toutes les règles qui régissent une société africaine tant dans ses fondements sociologiques et anthropologiques, l’homme ne peut comprendre qu’il est un des ressorts de la participation à l’oppression. De toute évidence, la participation à la résistance à cette oppression ne peut être qu’un crime de lèse-majesté. Aussi se vautre-t-il dans ce qu’il est loisible d’appeler le mal du siècle, c’est-à-dire une guerre sans merci déclarée entre les champions de la françafrique et ceux de la dignité des peuples.
Ces suppôts dont se serre la France sont incapables de brocarder l’hégémonie destructrice de l’Occident ou d’avoir un devoir d’irrévérence vis-à-vis de cette France qui ne veut pas changer.
Tel est le cas de ce loup téléguidé qu’on a introduit dans la bergerie politique ivoirienne. Tel est aussi le porte-à-faux qui nous sépare d’un individu qui ne prend ses ordres qu’à l’Elysée. Mais pour nous Ivoiriens, notre servitude et notre grandeur exigent la protection sans faille de notre dignité. Nous voulons rester maîtres de notre destin aujourd’hui comme demain. Même si les prétentions totalisantes de la France date et marque d’une tâche indélébile nos relations. Nous Ivoiriens, refusons cette identité culturelle de l’histoire qui se scinde en tradition patriarcale au prestige. La nouvelle souveraineté nationale qu’incarne le Président Laurent Gbagbo refuse de s’en accommoder. Le devoir de désobéissance aux injonctions extérieures est un salut public.
Dommage, vraiment dommage que l’opposition ivoirienne n’ait pas retrouvé une pertinence pendant cette crise. Le racisme médiatique de leurs publications a contribué à l’escamotage des vraies questions démocratiques et d’un débat citoyen qui aurait pu nous aider à sortir de cette crise. L’apologie d’Houphouët-Boigny empreinte de tartufferique n’est pas non plus faite pour aider des hommes qui ne sont pas eux-mêmes. Cette guerre a créé une classe d’individus atomisés qui vivent en marge des réalités qui hier, étaient les leurs. Situation oblige. Aujourd’hui, ils ne vivent que de « ministères juteux », de financement illicite du parti. Le caractère entrepreneur qui considère ces choses-là comme un placement de capitaux qu’ils ont mission de transformer en source de revenue pour l’exploitation de leur influence politique. Ils vivent voracement dans l’utopie d’un monde.
Ange-Marie Ibo Djêgba













