Damana Adia Pickass, vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et fidèle de l’ancien président Laurent Gbagbo, a été arrêté le 4 novembre 2025 à Bingerville, en banlieue d’Abidjan. Cette interpellation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, alors que l’opposition conteste la réélection d’Alassane Ouattara et dénonce une répression accrue visant ses principaux leaders.jeuneafrique+3
Selon le procureur de la République, Damana Pickass est accusé d’avoir appelé à l’insurrection populaire dans plusieurs vidéos avant l’élection présidentielle du 25 octobre. Le parquet lui impute la responsabilité de violences et de troubles à l’ordre public ayant éclaté à la suite d’une marche de l’opposition, interdite et violemment dispersée le 11 octobre. Les autorités évoquent des attroupements armés, des destructions de biens et des actes portant atteinte à la sécurité nationale, et promettent la poursuite de tous les instigateurs de ces troubles.africaradio+2
Pour le PPA-CI, il s’agit d’une arrestation purement politique. Le parti fondé par Laurent Gbagbo dénonce « une instrumentalisation flagrante de la justice » au service du pouvoir en place, accusant les autorités de vouloir museler l’opposition à l’approche des élections législatives du 27 décembre. Plus de 1 300 militants, selon le parti, auraient été arrêtés depuis le début des manifestations. Le PPA-CI annonce la tenue d’un comité central extraordinaire sur les « arrestations arbitraires » de ses responsables et militants.lavenir+1
Dans l’opinion, l’affaire Pickass illustre la crispation du climat politique ivoirien, où la tension monte entre un pouvoir résolu à maintenir l’ordre et une opposition décidée à contester la légitimité du nouveau mandat présidentiel. Plusieurs observateurs ont souligné le risque d’exclusion électorale pour les opposants poursuivis, alors que Damana Pickass était déjà dans le viseur de la justice et avait récemment été invité à restreindre sa liberté de mouvement dans le district d’Abidjan.lemonde+1
Réactions politiques : l’opposition dénonce un « procès politique »
Depuis l’annonce de son arrestation, le PPA-CI dénonce une « instrumentalisation flagrante de la justice » et une tentative de museler la contestation avant les élections législatives du 27 décembre. Plusieurs cadres estiment que ce « procès politique » vise à décapiter l’opposition et à intimider les militants engagés contre le pouvoir. Laurent Gbagbo et la direction du parti ont convoqué un comité central extraordinaire, dont la consigne principale serait la défense de Pickass et des dizaines d’autres opposants arrêtés lors des récentes manifestations.linfoexpress+2
Le Front Commun, alliance du PPA-CI et du PDCI, déplore la répression et l’exclusion de ses principaux candidats de la dernière présidentielle, ainsi que les violences ayant fait au moins onze morts (selon les autorités) lors des manifestations interdites, bilan que l’opposition juge sous-estimé.senenews+1
Réactions du public et de la société civile
Sur les réseaux sociaux, l’affaire mobilise fortement la jeunesse ivoirienne, qui y voit une nouvelle illustration de la crispation du pouvoir en place. Des vidéos, live et communiqués circulent, affichant le mot d’ordre : « Le combat ne fait que commencer ». Certains leaders dénoncent la persécution politique et appellent à la mobilisation, alors que plusieurs familles de manifestants incarcérés plaident pour leur libération.koaci+3
Des ONG et organisations de défense des droits humains commencent à s’inquiéter du climat politique, jugé « préoccupant » pour l’État de droit et la sécurité des opposants.jeuneafrique
Échos internationaux
La communauté internationale, encore prudente, reste en observation. Aucun communiqué officiel des grandes chancelleries occidentales ou africaines n’a été publié au moment de l’arrestation. En interne, selon des médias proches du pouvoir, Washington a salué la réélection d’Alassane Ouattara sans évoquer l’arrestation. Le silence des partenaires internationaux nourrit le sentiment, chez l’opposition, d’un isolement croissant et d’un possible durcissement du pouvoir jusqu’à la prochaine échéance électorale.abidjantv
L’arrestation de Damana Pickass, figure de proue de l’opposition, marque un nouveau tournant dans la confrontation politique ivoirienne. Le risque d’escalade est réel, tant sur le plan social que judiciaire, alors que la société civile, la jeunesse et les familles de détenus réclament justice et dialogue. À mesure que l’on approche des législatives, la scène politique ivoirienne apparaît plus polarisée que jamais, sous le regard attentif mais discret de la communauté internationale.
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