Introduite depuis le 19 juin 2007, après un premier échec en 1992, la demande d’attribution de fréquence pour la radio jaune et noire a (enfin) été acceptée. C’est la bonne nouvelle livrée, hier après-midi, au siège de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) par Ibrahim Sy Savané au PCA de l’Asec, Me Roger Ouégnin. « Nous sommes heureux de vous annoncer que vous disposez de votre radio. La perspicacité du dossier a convaincu. La fréquence disponible, 96.6 FM, a donc été attribuée à l’Asec mimosas », a-t-il annoncé. Avant de souhaiter que « l’Asec prenne des stagiaires afin de stabiliser notre jeunesse… ». Pour sa part, le patron du club jaune et noir n’a pas caché sa joie, son émotion mais aussi son soulagement. « De jeunes ingénieurs de sons ivoiriens arrivent d’Europe. Les 150 employés du club travaillent. Ils attendaient ça. L’Asec, c’est leur vie. Ils sont plus heureux que moi…», s’est-il enthousiasmé. Quant au DG de l’Asec, Benoît You, il a annoncé que la radio émettra avant la fin de l’année après un investissement qui frôle les 50 millions de francs Cfa (avec un matériel de 40 millions). Rappelons que la radio est baptisée « jaune – noir ».
G.F.Y.
Le général Georges Guiai Bi Poin (Cecos) incarcéré à la Maca par Dramane Ouattara
Le général ivoirien Georges Guiai Bi Poin, qui fut l`un des hommes forts du régime de l`ex-président Laurent Gbagbo, a
été inculpé de « crimes économiques » et incarcéré à la Maison d`arrêt d`Abidjan (Maca), a-t-on appris jeudi de sources judiciaires concordantes.
Le général, arrêté samedi à Abidjan dans le cadre d`une enquête sur un « charnier », a été « inculpé et placé en détention préventive », selon un communiqué du parquet d`Abidjan, transmis à l`AFP qui évoque « une infraction
économique ».
« Le général est incarcéré à la Maca pour vol à mains armées avec violence, détournement de deniers publics, atteinte à l`économie publique », a expliqué à l`AFP, Raoul Gohi-Bi, un de ses avocats.
Le général Guiai Bi Poin dirigeait l`Ecole de gendarmerie d`Abidjan et surtout le redouté Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), une unité d`élite créée par M. Gbagbo et dédiée à la sécurisation de la
capitale économique.
Le Cecos fut un des piliers sécuritaires du régime déchu, et a été accusé
de nombreuses exactions.
Le général Guiai Bi Poin avait été l`un des derniers hauts responsables militaires à se rallier au président Alassane Ouattara après l`arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril, à l`issue d`une crise post-électorale de quatre mois, dont deux semaines de guerre, qui a fait au moins 3.000 morts.
Quarante-deux personnalités civiles du camp Gbagbo, dont l`ex-président et son épouse Simone Gbagbo, sont détenues dans le nord, inculpées d`atteinte à la sûreté de l`Etat ou de « crimes économiques ».
Une soixantaine de militaires ont jusque-là été inculpés, dont 40 sont incarcérés dans des camps militaires à Korhogo et Abidjan.
Avec AFP, Le titre est de IvoireDiaspo
BERNARD DOZA EXPLOSE : DÉRIVES TOTALITAIRES EN COTE D’IVOIRE… « NOUS ALLONS CRÉER UN MOUVEMENT ANTI-OUATTARA À ABIDJAN »
Le journaliste Bernard Doza, rentré chez lui en Côte d’Ivoire après une trentaine d’années en France, veut aider à ramener la démocratie sur les rails.
Dans cette interview «volcanique», il explique avec la verve qu’on lui connaît, comment il entend faire bouger très bientôt les événements en Côte d’Ivoire.
Bernard Doza : «Nous allons donner des cours à M. Ouattara»
Nous sommes dans un environnement où les mentalités n’ayant pas évolué, chaque fois qu’on nomme un ministre, chacun regarde de quelle région. On ne vienne pas à Cap-Liberté parce que M. Doza est de Guibéroua et qu’en venant à Cap-Liberté, il va défendre les intérêts de gens de Guibéroua.
Est-ce à dire que vous vous engagez également définitivement dans la politique en Côte d’Ivoire ?
J’ai toujours été engagé depuis les années 1980, principalement à partir de 1983, date à laquelle, pour avoir dit sur les antennes à Paris, qu’Houphouët-Boigny était un génocidaire, pour avoir organisé les massacres de 1970, et les massacres dans le Sanwi en 1966. La police française m’avait alors arrêté, depuis ce jour, je suis entré en politique. Chez moi ici, selon les écrits des partisans du Pdci, j’ai fait intrusion dans la politique ivoirienne, mais je suis un Ivoirien exilé à cause de la dictature du Pdci-Rda, du parti unique et de Félix Houphouët-Boigny. Donc si je décide aujourd’hui, en 2011, de rentrer en Côte d’Ivoire, c’est une rentrée définitive. D’ailleurs pour le prouver, je vais saisir l’occasion que vous m’offrez, pour annoncer des événements qui vont se passer bientôt dans notre pays.
Après votre interview avec un confrère, à part une réaction dans la presse, auriez-vous été menacé ?
Moi, je suis un intellectuel extérieur et c’est la première fois que je rentre en Côte d’Ivoire après 30 ans d’absence. Je suis un journaliste français, et en France, nous avons la liberté d’expression. Nous nous sommes battus pour que depuis le 10 mai 1981, la Gauche puisse arracher à la Droite, ce qu’on peut appeler la diversification des médias d’Etat, ce qu’on peut appeler la liberté de s’organiser, la liberté de s’associer, la création des radios libres… je suis de cette école-là. Donc j’arrive dans mon pays, je garde la même verve. Je ne changerai pas. Je dis que je suis revenu définitivement en Côte d’Ivoire. D’ici le 15 septembre, ça veut dire dans quelques jours, nous allons créer à Abidjan, un mouvement anti-Ouattara, que j’ai déjà appelé le Comité d’Action pour la liberté (CAP-Liberté).
Ce mouvement anti-Ouattara va demander la restitution de la démocratie. Une démocratie pour laquelle nous nous sommes battus et qui a été restaurée par la dictature du Pdci au lendemain du développement du 2 mars 1990 et qui a donné le multipartisme le 30 avril 1990. Comme M. Ouattara n’est pas au courant parce qu’il n’est pas militant, donc il ne sait pas ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, nous allons lui dire qu’il y a eu la liberté de presse, la liberté d’expression, la télévision a été obligée de recevoir Laurent Gbagbo… Ce sont les acquis de la démocratie. Je vois dans mon pays en 2011, au lendemain du 11 avril 2011, que nous sommes revenus aux fondamentaux du parti unique. Cela veut dire une télévision de divertissements, qui ne reçoit que les artistes, une télévision qui donne la parole à des naturothérapeutes. Cela veut dire à des gens qui sont dans l’ordre social, une télévision où l’on ne voit les politiques s’exprimer qu’au cours du journal télévisé où l’opposition n’apparaît pas. Cela veut dire que nous sommes revenus à la télévision du parti unique. Cela, ce n’est plus en Côte d’Ivoire que ça doit se faire ; c’est ailleurs, mais pas chez nous !
Il y a eu la bataille contre le parti unique. Le parti unique ne reviendra pas aujourd’hui en 2011. Donc comme M. Ouattara n’a jamais été militant, il ne le sait pas ; on va le lui rappeler.
Vous voulez lui rappeler quoi vraiment qu’il ne sache déjà ?
Que le gouvernement de Côte d’Ivoire, ce n’est pas un gouvernement d’une région. Qu’il s’inspire du gouvernement d’Affi N’Guessan de l’an 2000. Parce que nous sommes dans un environnement où les mentalités n’ayant pas évolué, chaque fois qu’on nomme un ministre, chacun regarde de quelle région il vient. Parce que lorsqu’un ministre vient de Daloa, les gens de Daloa se mettent à danser, ils lui font même une fête. Parce que les gens considèrent que, quand ce ministre va manger à table, quelques grains vont tomber par terre et les populations de Daloa vont en bénéficier, c’est comme ça. Nous sommes encore dans cette mentalité. Notre bataille a toujours été depuis les années 1980 de faire en sorte que l’Ivoirien de Daloa, l’Ivoirien de Korhogo, puisse en écoutant un Bernard Doza qui parle, même s’il est de Guibéroua, puisse dire : Mes intérêts sont défendus dans le discours qu’il tient, et qu’il adhère à CAP-Liberté parce que M. Doza défend mes intérêts. Mais qu’on ne vienne pas à CAP-Liberté parce que M. Doza est de Guibéroua et qu’en venant à CAP-Liberté, il va défendre les intérêts de gens de Guibéroua, non ! Donc M. Ouattara doit se dire, si lui est du Nord, il doit défendre les intérêts de tous ceux qui sont en Côte d’Ivoire. Donc comme, il a été mal conseillé, on va lui dire qu’en Côte d’Ivoire, en 2011, on ne peut pas former un gouvernement tribal, on ne peut pas créer une armée tribale, on ne peut pas créer une télévision tribale. Et cela, on va prendre la rue pour le lui dire. Parce que, lui, est abonné aux armes. Parce que l’an 2000, depuis l’élection du Président Laurent Gbagbo, il a décidé de l’empêcher de gouverner (…). Lorsque Koné Zakaria a fait un meeting à Korhogo et à Bouaké principalement où il disait : nous avons pris les armes pour défendre Ouattara, Lorsqu’ on lui a posé la question à Abidjan, M. Ouattara a dit non, il n’avait rien à voir avec les rebelles. Je me demande donc comment quelqu’un qui n’a rien
à voir avec les rebelles, au lendemain de tout ce qui s’est passé, au premier tour de la présidentielle, au lieu de prendre une salle dans un hôtel neutre à Abidjan, il préfère aller prendre son siège de campagne à l’hôtel où habitaient depuis 2007 les rebelles. Lorsque Soro Guillaume a été nommé Premier ministre, il est venu avec un contingent de rebelles de Bouaké. Comment se fait-il que M. Ouattara, qui n’a aucune accointance avec les rebelles, puisse aller prendre son cabinet de campagne chez les rebelles, au Golf Hôtel ? Il y a des choses qui ne trompent pas.
Quoi de plus ?
Comment se fait-il que c’est Soro Guillaume qui enlève son habit de Premier ministre, qui s’habille en rebelle et qui va à Bouaké chercher les militaires pour venir installer M. Ouattara au pouvoir puisqu’il dit qu’il a gagné les élections ?
S’il a gagné les élections, pourquoi le peuple ivoirien ne le laisse pas s’installer au Palais présidentiel ?
Pourquoi il faut qu’il aille jusqu’à Bouaké chercher les militaires, aller encore s’allier à l’Onuci et à l’armée française pour prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire?
Nous, nous sommes d’une école intellectuelle, nous avons étudié la sociologie. Les armes, dans tous les pays et dans le monde entier, ne résolvent pas les problèmes profonds dans un pays ou dans une société. Les armes ne sont pas la solution. La solution, c’est le débat d’idées. Est-ce que M. Ouattara accepte qu’à sa télévision, nous venions faire une confrontation d’idées ?
je vous demande de demander à M. Venance Konan qui a passé son temps et sa vie, avec son ami Tiburce Koffi, à dénoncer chaque jour le régime de Gbagbo, qu’ils nous permettent un face à face. je vais leur démontrer ce que c’est que la
démocratie, puisqu’ils ne la connaissent pas.
Nous, on attend les débats d’idées ; où sont-ils ?
Alors je suis rentré en Côte d’Ivoire pour apporter à M. Ouattara le débat d’idées qu’il ne connaît pas, puisqu’il n’a pas fait d’école politique, il pense qu’un pays, c’est une boutique. Où on entre, les clients viennent, on vend, on achète, on fait les comptes le soir, non ! Un pays, ce n’est pas ça. Un pays, c’est d’abord peuplé des êtres humains, des gens qui respirent, qui changent à chaque instant. Si on n’a pas la capacité d’anticiper sur le peuple, sur les êtres humains, on ne devient pas Président de la République. On va, on ouvre une plantation quelque part à Korhogo ou à Daloa et on attend que les graines poussent, on vend puis on achète ; on ne devient pas Président de la République. je ne bougerai pas d’ici tant que la démocratie pour laquelle nous nous sommes battus pendant longtemps, n’est pas restaurée.
Etes-vous membre du Front populaire ivoirien ?
Avec des amis à Paris, nous sommes à l’origine du Front populaire ivoirien, parce que nous avons créé le MID en 1984 avec Laurent Gbagbo. Le MID était une association d’exilés ivoiriens qui étaient tous de Gauche et qui voulaient la démocratie en Côte d’Ivoire.
Mais comment se fait-il que vous vous préparez à créer un mouvement parallèle au Front populaire ivoirien ?
Ce n’est pas un mouvement parallèle au Front populaire ivoirien. C’est un mouvement qui arrive au moment où le Front populaire ivoirien est décapité.
Il a quand même un Représentant légal, non ?
Le Représentant, je viens de le voir. Un Représentant de parti de Gauche qui est le Front populaire ivoirien, où nous, nous incarnons la partie radicale nationaliste. je viens de voir à la télévision.
De quoi M. Miaka Ouréto parle ? Il demande aux instances nationales et internationales d’accorder à M. Konan Bédié un Prix pour la paix ! Parce que selon lui, M. Konan Bédié aurait concouru à la paix en Côte d’Ivoire. De quoi parlons-nous ?
M. Konan Bédié a été Président de la République par procuration en 1993, puisqu’il n’a pas été élu par le peuple ivoirien, c’est Houphouët-Boigny qui l’a fait entrer dans le pouvoir. C’est ce même monsieur qui a tiré sur les Ivoiriens en 1995 lorsqu’on lui a dit que dans la Constitution, la loi de l’ivoirité ne permettant pas à Ouattara d’être candidat. Il fallait qu’on revoie les textes pour aller aux élections. M. Konan Bédié, non seulement a décrété l’Etat d’urgence, mais a tiré sur les Ivoiriens. C’est ce même Konan Bédié qui a été renversé en 1999 par un coup d’Etat militaire. C’est ce même Konan Bédié qui était en exil à Paris et que Gbagbo Laurent est parti chercher. Et comme ils sont tous ingrats, aujourd’hui, c’est ce même Konan Bédié qui s’associe à Ouattara dans le Rhdp pour enlever Gbagbo du pouvoir. Et ils sont là, assis, en train de regarder l’armée française bombarder la résidence du Chef de l’Etat, avec au moins une cinquantaine de bombes et ils ne bougent pas. C’est cela que j’appelle une frustration.
Parce qu’ils disent que moi, je suis un éternel frustré. Mais c’est parce que je crois à mon pays. Le combat que nous menons, ce n’est pas pour entrer dans un gouvernement. Ce n’est pas pour nous enrichir sur le dos des Ivoiriens.
Ils disent aussi que vous voulez être martyr…
Donc s’ils disent, en Côte d’Ivoire en 2011, que quelqu’un qui dénonce Ouattara veut être martyr, cela suppose que la démocratie n’existe pas. Donc le Pdci sait que depuis le 11 avril 2011, la démocratie, la liberté pour lesquelles Gbagbo Laurent a été enlevé du pouvoir, n’existent plus en Côte d’Ivoire. Nous sommes dans une dictature. La loi, aujourd’hui, ce sont les armes. Dans tous les villages aujourd’hui, les Frci font régner la loi des armes. Donc M. Bédié et ses journaux reconnaissent qu’en Côte d’Ivoire, nous ne sommes plus en démocratie.
Mais moi, je suis un combattant de la liberté. Nous avons combattu le parti unique. Nous considérons donc qu’à partir de 1990, les libertés fondamentales ont pris position en Côte d’Ivoire. Donc, en 2011, je dis qu’il y a un Président qui est en place, qui n’a pas compris. Comme il n’a pas fait la lutte pour la démocratie, il ne sait pas de quoi nous parlons. Nous allons alors lui rappeler qu’il y a eu la lutte pour la démocratie qui a pris position depuis 1990. On ne peut donc pas créer en 2011 une télévision unique, une armée unique, un gouvernement unique…
Comment allez-vous le lui rappeler ? Par quels moyens, quelles méthodes ?
Par les méthodes de la rue. Les mêmes rues ont été mitraillées, bombardées par l’armée française, l’Onuci et les Frci…
Vous pensez sincèrement que l’armée française est invincible ?
Moi, j’ai fait trente ans en France, je connais tous les talons d’Achille de l’armée française. Pas que je le pense, mais je constate que les gens meurent à la grande indifférence du monde. Les gens meurent parce qu’ils n’ont pas été formés à combattre les armées européennes. Dans mon interview précédente, j’ai dit qu’il faut former les gens. Donc si on me dit que la démocratie n’existe plus en Côte d’Ivoire et qu’il faut qu’on aille tous en exil, choisir les armes, on peut aller à l’exil. Mais pour l’instant, je dis à Ouattara que nous allons prendre la rue, nous allons choisir la voie de la démocratie. Et la démocratie suppose le débat libre à la radio et à la télévision. Il faut que le peuple choisisse dans le discours qui va passer, ceux à qui il doit avoir confiance. On ne peut pas venir aujourd’hui nous imposer des choses…
On ne vous demande pas de partir forcément à l’exil, mais on peut vous demander sans le dire de devenir des zombies ?
Non, ça, ça ne me ressemble pas! Je n’ai pas mené 30 ans d’exil, revenir en Côte d’Ivoire pour être un zombie. Non, ce pas possible ! J’ai fait tous les pays africains. J’ai contribué à l’installation au pouvoir de deux ou trois Présidents africains. Donc je ne reviens pas dans mon pays pour être un objet, non !
Si le Président Ouattara demandait à vous rencontrer, que lui diriez-vous ?
je vais lui présenter un cahier de doléances. Comme il n’a pas bien compris la Côte d’Ivoire, je vais lui expliquer la Côte d’Ivoire.
Vous qui viviez à Paris depuis des années, vous voulez lui apprendre à connaître la Côte d’Ivoire, alors que lui vit ici…
Oui, je vais la lui apprendre parce qu’apparemment, il ne la connaît pas. Il nomme un gouvernement avec des gens de sa région ; il n’a pas confiance aux Ivoiriens, il n’a pas confiance en la Côte d’Ivoire. C’est cela. Quand un chef de l’Etat crée un gouvernement où il met 90 % des gens de sa région, cela signifie qu’il ne connaît pas son pays. Cela veut dire que M. Ouattara ne peut pas nommer un Bété ministre de l’Intérieur parce qu’il a peur que ce dernier concocte un coup d’Etat contre lui. Il ne peut pas nommer un Baoulé chef d’Etat major de l’armée parce qu’il a peur que ce Baoulé fasse un coup d’Etat pour le renverser.
Mais peut-être qu’il le fait pour récompenser les gens qui l’ont aidé à prendre le pouvoir ?
Je l’ai félicité, parce qu’il a reconnu lui au moins les gens qui l’ont amené au pouvoir. Mais décorer les gens qui vous ont amené au pouvoir et mettre en place, dans un pays où il y a 68 pré-nationalités (ethnies), c’est- à-dire des tribus, et trois grandes nationalités, un gouvernement d’union nationale qui recense uniquement des gens au sein d’une région, on appelle cela en sociologie la démarche d’un homme d’Etat assiégé. Quand on se sent assiégé, on se réfugie dans sa tribu. Donc Ouattara est assiégé ; il n’a pas confiance en la Côte d’Ivoire parce qu’il sait très bien qu’il a pris les armes pour arriver là où il est. Il n’a confiance en personne. Il a préféré alors mettre autour de lui des gens en qui il a confiance.
Cela veut dire quoi ?
Qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, pour qu’un Ivoirien veuille avoir une évolution, il faut qu’il soit du Nord ? C’est cela ?
Mais on a vécu cela déjà avec le parti unique ! Dans les ambassades, c’étaient des Baoulé, aux postes clé de la société ivoirienne, c’étaient des Baoulé. A un moment donné même, on vous avait imposé de parler le Baoulé. Mais on a quitté la Côte d’Ivoire pour cela, et on ne peut pas aujourd’hui en 2011, nous imposer une culture du Nord. Chaque fois qu’on allume la télévision, c’est pour voir des reportages sur le Nord (…).
Avez-vous personnellement des ambitions politiques ?
Le Comité d’action que nous allons mettre en place va investir tout le pays. Puisque M. Ouattara dit qu’il va aller en décembre aux législatives pour changer la loi dans la Constitution qui dit que pour être candidat à la présidence de la République, il faut être de père et de mère ivoirien. Comme il a peur d’organiser un référendum pour changer la Constitution, parce qu’il n’est pas sûr d’avoir la majorité au référendum, il veut la changer par les députés, parce qu’il espère avoir la majorité des parlementaires Rdr pour changer la loi.
Je dis à M. Ouattara que ça ne se passera pas comme ça. Le Comité d’action pour la liberté va s’attacher au Front populaire ivoirien. Nous allons envoyer dans tous les départements de la Côte d’Ivoire où il y aura au moins un poste de député à prendre, des délégations pour expliquer le gouvernement tribal de M. Ouattara. On va être majoritairement présent à l’Assemblée nationale pour l’empêcher de fonctionner.
Le Président Laurent Gbagbo et son épouse viennent d’être inculpés pour «crimes économiques». Qu’en dites-vous ?
J’ai vu le procureur à la télévision. Il était profondément gêné. Vous savez, lorsque vous êtes indépendant et que vous appliquez la loi, logiquement, vous êtes très à l’aise. Mais M. Simplice Koffi sait très bien que ce qu’il disait, ne correspondait pas à la réalité. Lui-même dit qu’on ne nous accuse pas de faire la justice des vainqueurs mais la justice officielle.
Ah, bon ! Si l’on considère que M. Gbagbo Laurent et sa femme sont condamnés pour association de malfaiteurs, que doit-on dire alors des Forces nouvelles ? Que doit-on dire de M. Ouattara ? Parce que lorsque les Forces nouvelles ont frappé la Côte d’Ivoire en 2002, il y a eu 400 morts rien que dans la ville d’Abidjan. Que peut-on dire à M. Soro Guillaume pour cela ?
Je ne comprends pas. Et avec cela, ils disent ne pas faire une justice des vainqueurs. Et on nous dit qu’il faut considérer les événements postélectoraux, mais non ! Ce qui a amené les événements postélectoraux démarrent en 2002 lorsqu’ une frange de la population ivoirienne, guidée par des chefs politiques ambitieux, a quitté le combat de la démocratie pour aller prendre des armes au Burkina Faso et revenir frapper la Côte d’Ivoire. C’est cela !
Donc lorsqu’ on va parler de procès, on parle de procès à partir de septembre 2002 et on avance. Chaque jour, on compte les morts. Qui est tué et qui tue?
C’est ainsi qu’on va avancer parce qu’on n’a pas fait de conférence nationale, on n’a pas fait les états généraux de la Nation. Les Ivoiriens ne savent même pas ce qui se passe. Ce qu’ils voient, ce sont des Ivoiriens qui meurent. Mais ceux qui tuent, ils n’en savent rien. C’est là qu’il faut recentrer le débat et non ailleurs.
Interview réalisée par Jean-Marc Devan
Le Temps
Renversement de Gbagbo, violation des droits de l’Homme… Les vérités de Bernard Houdin
Bernard Houdin, Conseiller du Président Laurent Gbagbo n’est pas en Côte d’Ivoire ; à travers cet entretien effectué en ligne, il croque l’actualité ivoirienne avec la rigueur d’un observateur averti.
Conseiller français du Président Laurent Gbagbo, comment vivez-vous les événements tragiques en Côte d’Ivoire ?
Je suis effectivement français d’origine et j’ai acquis la nationalité ivoirienne il y a plusieurs années. Arrivé très jeune (un an) à Abidjan, j’y ai grandi et fait l’essentiel de mes études primaires et secondaires de l’école de la Ran au Banco jusqu’au lycée classique de Cocody en passant par le collège d’orientation du Plateau.
Mon père dirigeait une entreprise de travaux publics qui a bâti, entre autres, les deux ponts d’Abidjan et l’Hôtel Ivoire. J’ai, plus tard, travaillé au ministère des Finances de 1975 à 1977, quand M. Bédié en était le ministre, et dirigé la société Ash à la fin des années 1990 puis d’autres entreprises jusqu’à ce que le Président Gbagbo m’appelle à son cabinet en 2007.
J’ai vécu l’ensemble de la crise ivoirienne, de 2002 à aujourd’hui comme un gâchis effroyable dont les autorités françaises successives porteront la responsabilité devant l’Histoire. Après l’élection et la décision du Conseil Constitutionnel, je n’aurais jamais imaginé que le président français ordonnerait la destruction de la Résidence présidentielle et la capture du Président de la République par l’armée française, un acte qui entrera dans l’Histoire comme une des pires forfaitures des relations franco-africaines.
Depuis le 11 avril, une nouvelle situation prévaut en Côte d’Ivoire. Que pensez–vous du choix du Président concernant le Porte-parole ?
Le ministre Koné Katinan a été, par mandat écrit, désigné par le Président Gbagbo comme son Porte-parole officiel. Je sais, d’expérience, que le Président ne pose jamais un acte à la légère. Le Porte–parole est le «lien» entre lui et tous ses partisans. Le choix de l’ancien ministre du Budget n’est pas anodin.
Dans une période difficile le Président a voulu promouvoir un homme de rigueur qui a démontré, dans le gouvernement formé après l’élection du 28 novembre, toutes les qualités pour mériter la confiance du Président.
Toutes celles et ceux, quelle que soit la structure à laquelle ils appartiennent, qui veulent s’engager dans le combat du Président doivent, d’abord, accepter ses décisions et sa vision des choses. En effet, comment peut-on se prévaloir du Président et, dans le même temps, ne pas respecter ses choix et décisions ?
Représentant du Président Gbagbo en Europe et en Amérique, sous l’autorité de son Porte-parole, quelle est votre mission ?
Pendant toutes mes années auprès du Président j’ai essayé d’agir sans ostentation, en m’efforçant de remplir honnêtement ma mission. Le choix du Président à mon égard, confirmé par le Porte-parole, tient, peut être, de sa conviction que je travaillerai, sans état d’âme, à la mise en œuvre de sa «feuille de route».
La feuille de route du Président était déjà claire, pour moi, le 11 avril lorsqu’ il a déclaré, à l’hôtel du Golf :
«La crise militaire est terminée, il faut régler la partie civile de cette crise pour que le pays reprenne».
Il a renouvelé ce mot d’ordre lors de la venue des Elders à Korhogo et il a délivré, dans son message à la nation à l’occasion de la Fête nationale, sa vision profonde de la crise et des conditions du renouveau du pays. J’encourage tous les Ivoiriens et, au-delà, tous les Africains épris de souveraineté et de dignité pour leurs pays respectifs, à s’approprier ce discours qui montre, une fois de plus, la vision politique et le sens de l’Histoire du Président Gbagbo. C’est mon rôle, ici, de relayer la parole du Président, en accord avec le Porte-parole. Il existe en Europe et aux Amériques de nombreuses associations et représentations de partis politiques ivoiriens déjà implantés localement ou qui sont apparus dans l’urgence de la crise. Il faut les faire travailler ensemble pour créer une force qui puisse peser sur les médias et l’opinion publique, ce qui finira par interpeler le monde politique.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Dans nos sociétés modernes, la prolifération des moyens d’expression, en particulier à travers toutes les possibilités offertes par l’internet, rend difficile la maîtrise de l’action politique. Aujourd’hui, ces moyens de communication amplifient la propagation des informations et, le plus souvent, des rumeurs. Vue de Paris, de Hambourg ou de Montréal, la situation du pays est «scrutée» en permanence et si, juste après le 11 avril, les manifestations «émotionnelles» étaient légitimes et nécessaires, il faut désormais agir de façon plus «politique», ce qui impose aux uns et aux autres un effort sur soi-même car il est évident que le sort actuel du pays nous fait naturellement pencher vers des actions plus radicales. Je rentre du Canada où j’ai représenté le
Président aux cérémonies organisées par la diaspora ivoirienne à l’occasion du 51e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. J’ai rencontré des hommes et des femmes bien intégrés dans la société canadienne, mais qui se sentent totalement concernés par l’état du pays. C’est une prise de conscience que je retrouve partout où je vais. Cela démontre la justesse du combat du Président qui a toujours privilégié le respect du Droit et qui accepte les pires humiliations pour faire triompher, à la fin, sa vision d’une Côte d’Ivoire moderne et démocratique, qui soit un exemple pour l’Afrique et le monde. Dans cette période de combat politique, nous devons montrer à l’opinion internationale et aux medias que nous représentons une «force tranquille» et ne pas risquer d’être entrainés dans des provocations de toutes sortes. Mais je dis à toutes celles et à tous ceux qui se battent avec nous qu’il leur faut rester mobilisés et entretenir autour d’eux la flamme de l’espérance. Il faut arriver à comprendre que, dans ce genre de situation, l’action la plus efficace n’est, généralement, pas la plus bruyante.
Quatre mois après le 11 avril, la situation de la Côte d’Ivoire est en effet toujours très précaire. Quelle est votre analyse ?
Il est commun de dire que «l’on récolte ce que l’on a semé». Le jeudi 25 novembre 2010, à la veille du 2e tour, j’avais demandé audience à l’Ambassadeur Jean Marc Simon. Au cours de l’entretien, déjà inquiet des manœuvres qui avaient commencé dans le nord au 1er tour et émettant différentes hypothèses pour le scrutin du dimanche suivant, je lui ai dit : «je pense, hypothèse n°1, que le Président va gagner, que Ouattara va contester quelques temps mais que les choses rentreront rapidement dans l’ordre, Mais, hypothèse n°2, si l’on fait gagner Ouattara, alors là je vous promets le chaos». La réponse de l’Ambassadeur de France résonne encore à mes oreilles : «je crains, monsieur, que l’on s’achemine vers votre dernière hypothèse» ! Vous connaissez la suite… La vérité est que le Président Gbagbo avait gagné effectivement l’élection du 28 novembre 2010. Le scrutin a été truqué et, passé la période où «le monde entier a été trompé par l’annonce de M Choi»comme l’a déclaré, en son temps, le Président angolais Eduardo Dos Santos lors de ses vœux au corps diplomatique en poste à Luanda, cette vérité commencera, imperceptiblement, à prendre corps.
Un seul chiffre, incontournable, est le «talon d’Achille» de ce trucage: le taux de participation du 2e tour, officiellement annoncé par la Cei à 70,84 % le lundi 29 novembre 2010, confirmé par un communiqué de l’Onuci et, brutalement, «augmenté» à 82 % dans la «proclamation» du président de la Cei du 2 décembre
2010, dans les conditions que l’on sait. J’ai participé, en juin dernier, à l’invitation des Autorités vénézuéliennes, à une Convention sur l’Afrique à Caracas. Au cours de la séance d’ouverture, l’ancien Président Jerry Rawlings a dit clairement à la tribune : «en Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo a gagné l’élection mais a perdu la guerre contre la France». Le pouvoir en place n’est pas celui élu démocratiquement et tous les «cris d’effroi» que pourront pousser certains, hommes politiques et medias confondus, n’y feront rien. Un jour, qui n’est peut être pas si lointain, le point d’inflexion de cette crise sera atteint et vous verrez les choses changer. D’ailleurs la politique menée par les autorités installées par le coup de force des dirigeants français démontre chaque jour sa vraie nature : un pouvoir faible et dissolu, incapable d’instaurer un climat d’apaisement pour rassurer l’ensemble des Ivoiriens. Dans ce contexte la déclaration du Premier ministre français à l’Assemblée nationale, après le 11 avril 2011, précisant «sa fierté que l’armée française ait contribué à restaurer la démocratie en Côte d’Ivoire» apparaît encore plus cynique alors que nous entrons dans le 4e mois de gestion de monsieur Ouattara. La France va entrer dans la phase active de la période pré-électorale pour la présidentielle de 2012. Il faudra peser de toutes nos forces et «inviter» la crise ivoirienne dans le débat. Dans le même ordre d’idée, les élections à venir en 2012 dans le monde, aux Etats-Unis, au Sénégal, au Mali et au Cameroun seront, elles aussi, l’occasion de rappeler qu’en Côte d’Ivoire certains ont truqué délibérément le suffrage universel pour assouvir une soif de pouvoir personnel, ce qui n’est rien d’autre que le viol de la conscience collective du peuple ivoirien.
Vu d’Europe quels sont les éléments qui vous donnent l’espoir que les choses pourraient changer en Côte d’Ivoire ?
Si nous avons confiance ici, toutes celles et ceux qui luttent pour une vraie démocratie en Côte d’Ivoire, certains signes alimentent notre conviction. Prenons l’exemple de la presse. Au lendemain du 11 avril 2011
une chape de plomb s’est abattue sur la presse «bleue» et malheur à ceux qui auraient eu l’idée de critiquer les «nouveaux maitres». Aujourd’hui, dans un climat de violence et d’intimidation permanente, des esprits lib- res et courageux permettent aux Ivoiriennes et Ivoiriens de ne pas entendre seulement une propagande aveugle. Votre propre journal en est l’incarnation : malgré les menaces et les sanctions iniques, vous ne cédez pas. Vous êtes un modèle pour tous ceux qui luttent de l’extérieur : ce que vous faites à l’intérieur est infiniment plus compliqué et courageux que tout ce que l’on peut faire à l’extérieur. Cela doit être un motif permanent de persévérance dans l’action. D’un autre côté, nous voyons chaque jour nos interlocuteurs, Ong,
médias, milieux politiques, s’interroger de plus en plus ouvertement sur la vraie nature de cette crise ivoirienne.
Revenons au quotidien de votre travail. On parle de dissensions dans l’organisation de la diaspora. Qu’en pensez-vous ?
La gravité de la situation actuelle rend vaine et dérisoire toute polémique. Les faits sont clairs. Le Président fait des choix, ceux qui se réclament de lui doivent les suivre ou sont libres d’agir selon leur propre entendement. Mais ils ne peuvent pas, dès lors, le faire au nom du Président. Depuis toujours je m’attache à agir selon un des principes cardinaux du Président : «asseyons nous et discutons». J’entends et j’observe, ça et là, des propos et des initiatives peu propices à favoriser un climat serein nécessaire à l’efficacité de la lutte. ne comptez pas sur moi pour me prêter à ce jeu et à me détourner de l’objectif qui m’a été assigné. Je dis et redis qu’il y a un temps pour tout. Après le 11 avril 2011, dans l’émotion des événements, il fallait montrer que l’on ne se soumettrait pas au diktat de l’étranger. Aujourd’hui est venu le temps du combat «politique», moins ostentatoire mais indispensable. Dans ce contexte les manifestations (marches, rassemblements) doivent être des armes à utiliser à bon escient pour en conserver toute leur efficacité. A titre d’exemple, l’an dernier les Français sont descendus par millions dans les rues pour manifester leur opposition à la réforme des retraites. M. Sarkozy l’a finalement imposée (avec un Conseil Constitutionnel composé de 9 membres sur 9 de sa famille politique…).
On se rend compte que pendant qu’il tend la main aux Gbagbo, le pouvoir inculpe ses membres.
Comment expliquez-vous cette politique ?
Depuis son installation par le coup de force de la France, M. Ouattara n’a de cesse de prôner la réconciliation nationale. Dans ce domaine, comme dans tous ceux où il a pris position depuis le 11 avril 2011, les actes posés
contredisent singulièrement les propos émis. Les «inculpations» de la majorité des dirigeants de la mouvance présidentielle Lmp, au-delà du caractère «loufoque» des motifs invoqués, sont de nature à briser durablement le tissu national que le Président Gbagbo avait commencé à tisser avec patience. La position du Président et de la 1ere Dame, vice-présidente de l’Assemblée nationale, sans aucun statut juridique, conduit aujourd’hui même les plus fervents défenseurs d’Ado à se sentir «gênés». En fait tout cela rend raison au Président Gbagbo qui apparaît chaque jour qui passe comme le seul à pouvoir rendre au débat démocratique en Côte d’Ivoire toute sa signification. Cela rappelle, aux uns et aux autres, que le mandat du Président n’a, à aucun moment, été celui d’un dictateur tel que les parrains du complot antinational ont voulu le faire paraître. La liste est longue des actes à caractère démocratique posés par Laurent Gbagbo pendant sa présidence, guidé par le souci de la préservation de l’avenir du pays, en privilégiant sans cesse le dialogue entre les Ivoiriens, au risque, avéré désormais, de voir les ennemis de la liberté se servir de cette ouverture d’esprit pour mieux avancer masqués. Au contraire, les dirigeants actuels, mués par la satisfaction de leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général, s’enferrent dans leurs contradictions et prennent, à chaque fois, les mauvaises décisions. Ce cycle «infernal» aura ses limites tôt ou tard. C’est parce que l’attelage hétéroclite du Rhdp n’a, ni consistance politique ni un soutien populaire majoritaire qu’il n’a pas d’avenir. Préparons-nous, comme le
Président Gbagbo nous l’a toujours enseigné, à avoir une réponse «politique» à cet état de fait.
Après un rapport accablant de l’Onuci contre les Frci et les Dozo sur les violations des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, les deux entités indexées disent être irréprochables, innocentes. Finalement, personne n’a tué ceux qui sont morts pendant cette crise ?
Depuis le 19 septembre 2002, jour où, ne l’oublions jamais , plusieurs centaines de personnes sont mortes, en majorité des soldats des Fanci qui ont sauvé la République à ce moment là, jusqu’aux dernières exactions
quotidiennes des «Frci», le peuple de Côte d’Ivoire est victime de la «volonté de pouvoir» d’une caste politique qui n’ a pas hésité à s’appuyer sur la force de puissances étrangères d’une part, et de bandes armés dont la conviction politique est inversement proportionnelle à la soif de pillage économique d’autre part. Oui,on a tué, on a beaucoup tué en Côte d’Ivoire ces dernières années, mais les bourreaux «paradent» dans Abidjan et les villes de l’intérieur, avec la complicité veule d’une partie de la classe politique dont l’appât du gain et la recherche d’un «poste» tiennent lieu de viatique. Heureusement les Ong telles que Human Rights Watch et Amnesty International ainsi qu’une partie croissante de la presse d’investigation commencent à «briser» la loi du silence qui s’était abattue sur le pays depuis le 11 avril 2011. C’est un combat long et difficile à mener où le courage et l’honneur devront triompher du mensonge et de la manipulation. Les victimes ne sont pas les tueurs et ceux-ci devront, un jour, rendre compte au tribunal de l’Histoire. Je salue d’ailleurs, à cette occasion, le travail exemplaire que votre journal, dans la pire adversité, continue à réaliser. Il illustre bien une phrase du Président Gbagbo dans son message du 7 aout dernier : «…Car, jamais un peuple qui lutte pour sa liberté n’a été vaincu».
Quel message voudriez-vous retenir ?
La crise actuelle donne raison au Président Gbagbo. Le 15 octobre 2010, dans sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, il avait dit : «je suis le candidat de la Côte d’Ivoire contre le candidat de l’étranger
et cette élection marquera la fin de la période houphouetienne de l’Histoire du pays….».Ce qui
arrive aujourd’hui en est l’illustration parfaite et si nous nous plaçons dans une perspective historique, le Président Gbagbo, par son sacrifice personnel, va faire rentrer la Côte d’Ivoire dans une nouvelle époque, celle de la souveraineté nationale au vrai sens du terme. Aussi, son message du 7 août doit être lu, relu et médité par chacun et chacune. Aussi permettez- moi, en conclusion, de donner la parole au Président : «(…) je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août. Cette réflexion est un exercice de prospection de nous- mêmes qui s’impose à chaque de ce pays, mais surtout aux dirigeants et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de construire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n’aspire qu’à vivre sa souveraineté en tant qu’acteur et sujet de l’humanité, et non pas comme simple
objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire (…)
Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats il y a des batailles perdues. (… ) Qu’une bataille perdue ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l’affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine(…) Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd’hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres.(…) Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique»
Entretien réalisé par Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr
L’ambassade de Côte d’Ivoire en France menace IvoireBusiness
L’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire appelle la direction du journal
IvoireBusiness – Par un appel téléphonique hier à la rédaction d’IvoireBusiness, la chancellerie prenait pour la première fois
langue avec votre quotidien en ligne favori, par le biais d’un certain « Gualbert » se réclamant de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France.
Cet appel nous a permis de vérifier que votre quotidien n’a pas les faveurs de l’ambassade ivoirienne dirigée par l’Ambassadeur Ally Coulibaly.
La raison de cet appel : La publication d’un article intitulé « Scandale sexuel à l’ambassade de Côte d’Ivoire en France : Un ambassadeur de Ouattara en garde à vue dans une affaire de mineure de 17 ans ».
Il semble que la chancellerie s’est depuis lors donnée pour mission de museler IvoireBusiness.
C’est dans cette veine qu’hier matin, le sieur Gualbert, avec des propos très menaçants a intimé l’ordre à la rédaction de retirer l’article en question dans les 10 minutes qui suivent, sinon, IvoireBusiness sera invité à comparaître devant la police française pour diffamation, atteinte à l’honneur et à dignité d’Ally Coulibaly, ambassadeur de Côte d’Ivoire en France.
A la suite du diplomate, une avalanche d’appels de personnes, au verbe injurieux et aux menaces précises sur l’intégrité physique des journalistes d’IvoireBusiness.
Enfin, hier après midi, l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire, Me Benoit Jean-Paul agissant pour le compte de l’ambassadeur Ally Coulibaly, a appelé la rédaction d’IvoireBusiness pour une demande d’explication, une demande de retrait de l’article en question et un usage du droit de réponse.
Ivoirebusiness a également contacté son avocat pour cette affaire.
Pour rappel, IvoireBusiness a déjà trois journalistes en fuite au Ghana, car craignant pour leurs vies en Côte d’Ivoire. Et la rédaction d’IvoireBusiness à Abidjan a été saccagée par les Frci.
Pourtant, l’article en question n’a a aucun moment incriminé, diffamé, accusé, ou cité Ally Coulibaly.
Et le texte de l’article, largement repris sur la toile et sur d’autres sites internets de façon indépendante, n’a à aucun moment versé dans l’affirmation gratuite, préférant utiliser le conditionnel pour montrer que les investigations se poursuivaient toujours au niveau de la rédaction pour faire la lumière sur cette affaire.
La chute de l’article en est la preuve puisqu’elle précise que « Si elle était avérée (l’info), ce diplomate aux mœurs douteuses devra être débarqué sans délai de son poste et rappelé au pays immédiatement, car il aura jeté l’opprobre et l’anathème sur une profession feutrée où l’éthique et les codes sont des plus élevés. »
On voit très bien le sérieux mis à écrire cet article dans lequel les standards éthiques et déontologiques ont été respectés.
Le titre de l’article s’est juste borné à être accrocheur, comme c’est le cas pour toutes les rédactions.
Nous ne comprenons donc pas cet acharnement à vouloir casser coute que coute IvoireBusiness, là où ce dernier n’a fait que faire son travail.
Est-ce là le rôle d’une mission diplomatique à l’étranger ?
Pourquoi museler le presse lorsqu’elle ne vous passe pas la pommade ?
Est-ce cela la démocratie et la liberté de la presse prônée par l’administration Ouattara?
La liste des journalistes emprisonnés par son régime s’allonge chaque jour. Armand Bohui, Franck Anderson Kouassi sont aujourd’hui en prison. Le dernier en date est Hermann Aboa, journaliste à la RTI première chaîne. Sylvain Gagnetaud, journaliste à radio Yopougon, selon RSF et Amnesty International, a été assassiné par les Frci lors de la prise de Yopougon.
IvoireBusiness est un journal sérieux, c’est la raison pour laquelle il est le premier en termes d’audience en Côte d’Ivoire et au niveau de la diaspora. Il n’a donc pas vocation à se laisser intimider par une quelconque administration, encore moins un diplomate ou membre d’une représentation diplomatique.
Cet incident a déjà été porté à Reporters sans frontières, à l’Union de la presse francophone et devant l’association des journalistes américains, qui suivent tous de près l’évolution de cette affaire. Nous y reviendrons.
Christian Vabé
La vie du Président GBAGBO entre les mains de SARKOZY
A la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2010 par le Conseil Constitutionnel, la France comprit clairement l’échec de son coup d’état électoral et qu’il ne lui restait plus que l’option militaire. Sur ce plan, le Président GBAGBO , conscient de la destruction de toute la flotte aérienne ivoirienne en Novembre 2004, par l’armée française et convaincu de la faiblesse de son armée, due au manque de moyens humains et matériels, résultant de la réduction drastique des ressources de l’Etat accaparées en partie par la rébellion, s’est trouvé dans l’incapacité de livrer une guerre militaire à la France et consorts (ONUCI, rebelles, mercenaires de la CEDEAO, etc.).
Il se présentait à GBAGBO deux options : fuir comme l’autre, « athlète olympique du saut à la perche »habitué à sauter les murs, ou bien résister devant cette attaque lâche et barbare. En tant que digne fils de ce pays, attaché fidèlement à son peuple et à l’image des résistants historiques africains, le Président GBAGBO décida de tenir jusqu’au bout.
C’est pourquoi le 11 Avril 2011, après une résistance farouche à plusieurs attaques conduites par la France et le largage de plus d’une centaine de bombes sur sa résidence et en beaucoup d’autres endroits, le Président GBAGBO accepta de se rendre aux forces spéciales françaises. Ainsi, Il fut fait prisonnier par la France qui le confia par la suite aux rebelles de Ouattara.
Ces derniers, dans la manifestation de leur joie, humilièrent le couple présidentiel avant de brandir les époux GBAGBO comme « trophée » de guerre aux médias internationaux et particulièrement français.
Le Président imposé par la France à l’issue du coup d’état, trouvant que GBAGBO était très gênant à Abidjan, décida de le déporter, comme à l’époque coloniale, dans « son Alcatraz » ou « sa Cayenne », au Nord de la Côte d’Ivoire, fief de sa rébellion.
Quelques jours plus tard, avec l’hypocrisie et la complicité notoires de la France et de l’Onuci, plusieurs autres autorités ivoiriennes qui se sont rendus à ces forces soi-disant impartiales pour chercher protection, ont été livrées comme prisonniers à cette dictature naissante.
On comprend aisément que GBAGBO et ses collaborateurs sont dans une prison dont la France est le régisseur et le geôlier, le Chef de l’Etat ivoirien imposé par la Communauté Internationale.
Quel sort cette France et son « Préfet » réservent à ces détenus ?
- L a France, régisseur de la prison de GBAGBO et collaborateurs
Pour rappel, c’est la France aidée de l’Onuci, de mercenaires et des rebelles qui a livré une guerre ouverte, totale et multiforme à la Côte d’Ivoire et qui a capturé le Président GBAGBO. On peut penser que la capture ou « la… capturation » selon un des ministres du gouvernement actuel, de surcroît chargé de la formation, n’était pas l’objectif de la France mais plutôt l’élimination physique du Président. La préservation de la vie de ce valeureux combattant ne tiendrait-elle pas du développement des TIC et de la réaction imprévisible de nombreux ivoiriens ?
Toute guerre finit toujours par l’emprisonnement des vaincus par les vainqueurs militaires. C’est ainsi que GBAGBO est le prisonnier de la France et précisément des industriels et chocolatiers français, européens et américains. Il est aussi le prisonnier des multinationales du secteur pétrolier français et américain ainsi que d’autres multinationales ayant des intérêts en Côte d’Ivoire qui, tous ensemble, ont commandité cette guerre dont l’exécutant principal est l’armée française et le bénéficiaire, Ouattara.
Ces forces étrangères ont choisi d’installer Ouattara, l’homme qui a vendu, au franc symbolique de grandes entreprises ivoiriennes à des intérêts français, au contraire de GBAGBO qui a toujours refusé de brader les richesses de son pays ,optant plutôt pour un partenariat « win-win ».
C’est pourquoi les personnalités partageant cette thèse du partenariat gagnant-gagnant, de la dignité, du développement par nous-mêmes et par nos propres richesses, ont été aussi faites prisonnières. Aujourd’hui, ces femmes et ces hommes ont été officiellement inculpés pour des raisons en tout point applicables à Ouattara, à son parti le RDR et à sa rébellion. Quel paradoxe !
Par une incroyable inversion des responsabilités dans cette crise qui a débuté en Septembre 2002, la France et les rebelles, auteurs de graves violations des droits de l’Homme, de nombreux crimes de tous genres, et particulièrement des casses des agences de la BCEAO qui leur auraient permis, selon des experts, d’engranger plus de quatre cents milliards de nos francs, ont le culot de poursuivre ces innocentes hautes personnalités politiques et intellectuelles pro-GBAGBO.
Considérons seulement quatre des nombreux chefs d’accusation brandis par le Procureur de la République.
En effet, l’atteinte et le complot contre l’autorité de l’Etat ont toujours été du fait de Ouattara, du RDR et de sa rébellion, qui depuis 1999, n’ont fomenté que des tentatives de coup d’état pour arracher de force le pouvoir. D’ailleurs, un membre du gouvernement actuel a même déclaré «la rébellion championne des coups d’état ».
Un deuxième chef d’accusation porte sur la constitution d’une bande armée. Que dire alors de la rébellion avec le MPCI, le MPIGO et le MJP ? Ce ne sont sûrement pas des bandes armées mais plutôt des bataillons et des corps d’armée à la solde du Chef de l’Etat actuel. C’est pourquoi le Chef d’Etat major de la rébellion a été nommé naturellement patron des FRCI , en réalité un agrégat hétéroclite des forces rebelles de Côte d’Ivoire.
Que penser d’un troisième chef d’accusation : tribalisme et xénophobie. Un coup d’œil furtif sur les nominations, les membres du gouvernement, les ambassadeurs, nous montre clairement que le camp Ouattara est tribaliste, xénophobe et peut-être même « ivoirophobe », car aujourd’hui, il s’agit du gouvernement du Nord et de la CEDEAO siégeant à Abidjan.
Le plus cocasse et quatrième chef d’accusation porte sur les crimes économiques : Que dire alors de la « centrale » qui fait office de ministère de l’économie et des finances au bénéfice de la rébellion et de leurs parrains, des exportations par l’intermédiaire des pays frontaliers du nord des matières agricoles et minières par les rebelles de Ouattara ,et enfin de toute cette économie parallèle entretenue au su et au vu des autorités actuelles ! C’est pourquoi l’unicité des caisses est demeurée à ce jour une vue de l’esprit pour le couple Ouattara-Soro ; pire, les crimes économiques s’étendent aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. Cette économie clandestine est supervisée de main de maître par le régisseur.
Pour la France, il s’agit de mettre fin à « l’outrecuidance » des ivoiriens conduits par GBAGBO qui veulent d’une Côte d’Ivoire, débarrassée de la Françafrique, d’un pays autonome et libre. Il faut donc tuer dans l’œuf ces velléités d’indépendance réelle afin que l’exemple ivoirien ne fasse pas tache d’huile en Afrique. Il s’agit d’écarter définitivement du pouvoir, GBAGBO et son parti soucieux de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.
C’est ainsi que se précise de plus en plus la menace de la CPI comme pour J. P. BEMBA en RDC. Conduire GBAGBO à la CPI ou au TPI et laisser les criminels Chirac, Sarkozy, Ouattara et ses rebelles libres est inimaginable. Oh ! Quelle justice !
Par la justice des vainqueurs, le régisseur compte mettre fin à la démocratie en Côte d’Ivoire pour nous ramener à l’ère du parti unique pur et dur, c’est-à-dire faire taire par tous les moyens et pour toujours l’opposition, plus de cinquante ans après les indépendances. C’est pourquoi la France fait utiliser le nord du pays, fief de la rébellion pour garder ces personnalités de haute carrure politique et intellectuelle par son geôlier et ces rebelles quasi analphabètes, bafouant totalement les droits humains les plus élémentaires.
- La responsabilité du geôlier.
Comme dans toute prison, le régisseur est le chef hiérarchique du geôlier. Dans le cas des détenus politiques ivoiriens, le geôlier Ouattara ne fait qu’obéir aux injonctions de la France.
Le geôlier, sur ordre de la France, a fait du nord de la Côte d’Ivoire un goulag pour le Président GBAGBO et ses collaborateurs. Il copie ainsi les anciennes pratiques françaises de déportation des bandits et opposants à Cayennes en Guyane. Cette région septentrionale déshéritée de la Côte d’Ivoire, davantage appauvrie par la guerre déclenchée par certains de ses fils égarés, a été déjà à l’ère du parti unique un lieu de sanctions des opposants. Ce fut le cas pour le Président GBAGBO, transféré dans les années 70 à Séguéla. Il n’en est pas à sa première expérience et s’en sortira ragaillardi comme les fois précédentes. Toutefois, il faut s’inquiéter de la situation actuelle de ces prisonniers qui vivent dans des conditions inhumaines : matelas à même le sol, sans vêtement de rechange, locaux infestés de serpents et de moustiques, baignant dans une atmosphère humide et nauséabonde. Ces prisons de Ouattara ne répondent pas aux critères reconnus de maisons d’incarcération. Ces détenus font l’objet de sévices continus, de railleries, de tortures permanentes morales et physiques ; l’objectif étant manifestement de les tuer à petit feu et leur enlever tout désir de reprise de la bataille politique. Il est même interdit à leurs familles de leur rendre visite. Quelle cruauté !
De plus, quand on sait que les infrastructures sanitaires sont totalement délabrées dans ce nord rebelle, il faut s’inquiéter de la santé de ces détenus d’âges avancés , surtout que la grande majorité des médecins et infirmiers a été chassée par la rébellion du 19 Septembre 2002.
La santé des prisonniers est donc à la merci du geôlier Ouattara. Ce dernier, après seulement quatre mois d’exercice du pouvoir, un nombre limité de conseils des ministres , de nombreux voyages à l’étranger comme pour confirmer qu’il était le « candidat de l’étranger », est en vacances en France, pour prendre sans aucun doute des instructions auprès de son parrain afin de mieux connaître la conduite à tenir vis-à-vis de ces illustres prisonniers. C’est pourquoi, c’est maintenant que des chefs d’accusation sont notifiées au couple présidentiel et cela sans tenir compte des statuts d’ancien président et de député.
Pour les autres détenus, c’est trois mois après leur incarcération qu’ils ont été inculpés.
De plus, c’est seulement à deux reprises que le geôlier a autorisé la visite de certains avocats à leurs clients. En revanche, d’autres se sont toujours heurtés au refus catégorique du nouveau pouvoir politique.
Devant cette parodie judiciaire, où sont passées les ONG de défense des droits de l’Homme : Lidho, Midh, Convention de la Société Civile de Patrick NGOUAN …? Quel silence coupable !
Toutefois, on ne peut se taire sur la différence entre le Président de la Communauté Internationale (PCI) imposé aux ivoiriens et le Président de la Côte d’Ivoire (PCI) élu selon la constitution ivoirienne.
Pour GBAGBO, au lieu de faire des prisonniers, il a pratiqué, au nom de la paix, l’armistice, le retour des exilés, le versement d’indemnités aux anciens dirigeants, le soutien financier aux partis politiques, le rappel de salaires des militaires FDS ayant rejoint la rébellion, l’acceptation de l’augmentation des grades des rebelles ; ceci en raison de sa bonté et de son amour pour son pays. C’est ainsi que doit se comporter le vrai patriote, le vrai homme politique.
GBAGBO fait une application des conseils bibliques «aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent». C’est pourquoi ces criminels de tout genre n’ont pas fait l’objet d’inculpation et d’emprisonnement.
Comment comprendre le comportement de l’actuel Chef d’Etat qui a bénéficié de la mansuétude du Président GBAGBO, l’autorisant à être candidat malgré sa nationalité douteuse ? Rappelons que Bédié, son allié d’aujourd’hui, avait lancé contre lui un mandat d’arrêt international, annulé par GBAGBO mettant ainsi fin à son « exil» doré.
Quelle ingratitude !
Cinquante ans après nos indépendances, devrait-on assister encore aujourd’hui à l’humiliation d’hommes politiques et d’intellectuels d’aussi grande valeur que Laurent GBAGBO et ses camarades prisonniers ? Il s’agit pour la France d’humilier toujours l’Afrique et ses dirigeants susceptibles de libérer ce continent du joug du néo-colonialisme. La solution de la France a toujours été soit d’assassiner les dirigeants africains dignes tels Um NYOMBE, OLYMPIO, SANKARA, NGOUABI… , soit d’éliminer politiquement comme ces nombreux Présidents africains, victimes de coups d’Etat planifiés par la France parmi lesquels figure le Président GBAGBO arbitrairement emprisonné pour ses idées souverainistes. C’est à Sarkozy de libérer au plus vite ces innocentes personnalités.
Pour finir, la vie du prisonnier GBAGBO ne dépend que de la France et de la France seule. C’est pourquoi le peuple de Côte d’Ivoire n’a ses yeux rivés que sur la France et tient Sarkozy responsable de tout ce qui arrivera à ces hautes personnalités ivoiriennes.
A nos illustres autorités politiques et religieuses de l’Afrique en mutation, continuerez-vous de rester si indifférentes à l’emprisonnement arbitraire d’un fils de l’Afrique qui lutte pour le développement de son pays et de tout le continent ?
Frères et sœurs ivoiriens et africains, voilà le travail macabre et diabolique de la France en Côte d’Ivoire pour tuer la démocratie en Afrique ; la vie du Président GBAGBO est donc entre les mains sanguinolentes de SARKOZY.
Une contribution de patriotes seniors













