19 Septembre 2002 – 07 janvier 2011. Voilà un peu plus de 8 ans que la Côte d’Ivoire est en crise. Une crise qui a connu diverses variantes dont la dernière est dite postélectorale. Quels qu’en soient les péripéties et les avantages qu’en ont tirés les uns et les autres, cette crise reste et demeure une tentative de coup d’état qui s’est muée en une rébellion.
Or, par essence un coup d’état est une opération « spot » et non une opération « à terme ». La Côte d’Ivoire du café et du cacao, connaît bien la différence entre ces deux notions; pour avoir eu à maintes reprises le choix entre les ventes à terme et les ventes « spot ». En parlant d’un acte commercial, d’une transaction sur le marché du pétrole, du cacao, du café, une opération spot est une opération ponctuelle. Ainsi les prix spot sont des prix pratiqués sur le marché libre et un crédit spot est un crédit à court terme exceptionnel.
Contrairement à ce qui caractérise un coup d’état, le coup d’état en cours en Côte d’Ivoire, au départ opération spot, s’est mué en une opération à terme. Un terme inconnu car c’est la réalisation de l’objectif qui en déterminera par ricochet la durée. En outre, un coup d’état ne réussit que grâce à l’effet de surprise qui, une fois passé, met aux prises deux parties, dont l’une est alors handicapée par le caractère immoral de son opération, en l’occurrence le coup d’état. Mais, le coup d’état de Ouattara, mandant de la rébellion a prospéré malgré tout, du moins auprès de la communauté internationale. C’est le plus long coup d’état de l’histoire contemporaine. En soutenant ce coup d’état, l’ONU s’est discréditée au point de s’infantiliser, obligeant l’UA à la remercier poliment dans la décision du 28 janvier dernier de son CPS (Conseil de Paix et de Sécurité). » Le Conseil se félicite également des efforts déployés par les différents partenaires de l’UA et la communauté internationale dans son ensemble et souligne l’importance que revêt la mobilisation d’un soutien coordonné aux efforts de l’Afrique à laquelle revient la responsabilité première de la gestion et du règlement de cette crise, conformément à tous les instruments pertinents de l’UA et de la CEDEAO » a insisté le CPS au point 3 de sa décision. L’Onu a ligué contre elle, les opinions publiques africaines et de nombreux dirigeants, parmi ceux qui comptent le plus.
C’est une grave erreur de croire qu’il n’y a pas de morale en politique. Sinon, comment explique que chaque fois que Ouattara appelle à l’adhésion populaire, il butte sur la clause de conscience, à commencer par les cadres et intellectuels du Nord, tout de même gênés d’apparaître comme des conspirateurs contre la nation en construction. Combien seront-ils, les ivoiriens, prêts à gratuitement se faire filmer à la mythique Place de la République pour juste apparaître comme des pourfendeurs des valeurs? Quel qu’il soit, un coup d’état est peu défendable. A l’Udpci (Union pour la Démocratie et la Paix) du regretté Général Robert Guei, les cadres ont eu du mal à se défaire du sobriquet de « putschistes » qui leur était flanqué au nez, dès que leurs interlocuteurs voulaient soit les ridiculiser, soit compenser un manque d’arguments. Sans l’indispensable soutien populaire à l’achèvement de son coup d’état, l’Onu en est à espérer que les sanctions de l’Union Européenne contre la Côte d’Ivoire produise leurs effets. Selon l’AFP, citant vendredi un haut responsable de l`ONU, le président ivoirien Laurent Gbagbo a des difficultés croissantes pour payer les fonctionnaires et l`arrêt des financements africains (sic!) pourrait favoriser son rival Alassane Ouattara. Pour M. Choi, le chef de l`opération de l`ONU dans le pays (Onuci), « Il (Gbagbo) doit rencontrer d`énormes difficultés pour continuer à avoir des ressources financières ». Alors que l’ancien ministre des Finances de Gbagbo (il était dans son gouvernement au compte du Rhdp) est au service de Ouattara au Golf, Choi ne connaît toujours pas la masse salariale mensuelle exacte qu’il estime entre 100 et 150 millions de dollars. Cette jubilation ressemble, comme deux gouttes d’eau, à ce qu’avait vainement escompté le Général Poncet au lendemain des évènements de novembre 2004 à Abidjan.
Qu’elle est drôle, leur démocratie! Assoiffer et affamer le peuple ivoirien afin qu’il accepte Ouattara dont le camp appelle à l’assassinat de Laurent Gbagbo et de quelques généraux! Humilier – injustement- Laurent Gbagbo pour « favoriser Ouattara »! Est-ce l’instauration d’un état fonctionnant par coups fourrés? Une sorte d’Etat à coups? Encore des attentes qui vont renforcer la cohésion des Ivoiriens autour de leur président. Pour n’avoir pas compris qu’un coup d’état reste toujours, intellectuellement et moralement, répugnant, Ouattara et ses alliés ont confondu être tolérés et avoir le soutien ferme de leurs compatriotes. La dernière sortie du président Bedié, qui a adressé à ses militants un courrier d’explication, à relent de supplication, traduit bien l’inconfort d’un dirigeant à soutenir – ou à donner l’impression de soutenir- un coup d’état fût-il à terme, de même que l’incapacité de Ouattara à assumer officiellement le parrainage de la rébellion.
Si en 2002, la rébellion a massacré des milliers de civils et égorgé des dizaines de gendarmes, elle ne peut plus agir directement; d’où l’utilisation du prétexte de conflits intercommunautaires. Elle n’a pas perdu son ambition de diriger la Côte d’Ivoire, par coup d’état, militaire ou électoral, et elle sait que le soutien du peu de population qui lui est encore fidèle n’autorise guère l’affichage de ses nouveaux crimes. Le temps, qui habituellement, efface les preuves, est devenu en Côte d’Ivoire leur catalyseur. Ici, c’est lui qui restitue les preuves, les met à nue, panse les plaies des victimes et confond les ennemis de l’amour.
Le soutien du pape Benoît xvi aux victimes de Duékoué, à qui il a directement manifesté sa solidarité à deux reprises en l’espace d’un mois, sonne comme un échec du cache-cache des rebelles. Le dos du nageur est bien visible. La France, fille aînée de l’église catholique ne restera pas insensible à ces démarches, du moins au niveau des opinions publiques, car il faut bien plus pour faire reculer Nicolas Sarkozy. Si pour le régime des retraites et pour tenir face aux grévistes français – ses compatriotes- « Sarko » est allé jusqu’à puiser dans les réserves stratégiques de carburant, ce n’est pas la mort de quelques nègres qui vont l’émouvoir. Sa haine inexpliquée pour Laurent Gbagbo est si viscérale, qu’il a tenu son épouse Simone responsable des actes de son époux, lors de son dernier ultimatum, de décembre dernier. Imaginez, Carla devant répondre des actes de Sarkozy. Ou Bernadette payant pour Jacques Chirac dans les emplois fictifs de la Mairie de Paris. C’est à se demander jusqu’où poussera-t-on le ridicule dans le dossier ivoirien?
Par Sékou Assegoué Godpeace
fraternelleeburnie@yahoo.fr

Lettre Ouverte au sieur Louis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour Pénale Internationale: Votre mise en garde du camp Gbagbo dans la guerre de Ouattara Dramane
L’équipe d’experts du panel de haut niveau de l’Union africaine sur la résolution de la crise en Côte d’Ivoire, mis en place par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA le 28 janvier, s’est réunie pour la première fois samedi au siège de l’UA à Addis Abeba, sous la présidence du commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra ( coordinateur de l’équipe d’experts).

L’Egypte brûle. Et les Nations Unies fuient l’Egypte alors que l’on s’attendrait à ce qu’elles y renforcent leurs effectifs comme elles l’on fait en Côte d’Ivoire. L’Egypte brûle. Et les Nations Unies, qui prétendent être la meilleure organisation en gestion des crises, plutôt que d’y rester pour administrer la crise qui manifestement est incomparable de par sa férocité à la crise ivoirienne, plient bagages et se tirent de l’Egypte aussi vite que leurs jambes et leurs avions de luxe peuvent les en transporter. Alors que, malgré les appels répétés de Ouattara à la désobéissance civile et militaire en Côte d’Ivoire, les magasins restent ouverts, les écoles fonctionnent, et le gouvernement continue de veiller au bien-être des Ivoiriens, les Nations Unies ont jugé sage de renforcer leurs effectifs de 2.000 casques bleus, le Conseil de sécurité n’a aucune intention de discuter de la situation égyptienne dans les jours à venir. Or, ne serait-il pas logique que le Conseil de sécurité des Nations Unies convoque une réunion d’urgence pour discuter des moyens de faire face au dilemme égyptien ? Ne serait-il pas plus rationnel que les Nations Unies diminuent leurs effectifs en Côte d’Ivoire pour renforcer leurs forces dans ce point chaud du monde qu’est l’Egypte. Paradoxalement, c’est plutôt l’Egypte que fuient les Nations Unies et la Côte d’Ivoire qui les attire. Comment expliquer cette incongruité sinon par la réalité, on ne peut plus évidente, que les fonctionnaires des Nations Unies adorent les paradis tropicaux, où, sous le parapluie de l’immunité internationale, ils peuvent se la couler douce sur les plages blanches et s’adonner à leurs activités favorites de pédophilie, de trafic de sexe, et de commerce d’armes et de drogues, comme ils l’ont si bien montré dans des pays comme le Libéria, la Sierra Léone et le Nigéria, par exemple. Si les Nations Unies fuient l’Egypte, c’est tout simplement parce que l’Egypte n’est plus un Club Med. Les lanceurs de pierres et de cocktails Molotov en ont fait un endroit un peu trop chaud au goût des Nations Unies ; mais surtout l’imminence de la prise du pouvoir par les extrémistes musulmans, que les Nations Unies ont appris à respecter, en fait un endroit un peu trop dangereux. Voici pourquoi le Conseil de sécurité préfère s’en laver les mains. Voici pourquoi les Nations Unies fuient l’Egypte.











