Abidjan – Le panel de l’Union africaine chargé de dénouer la crise ivoirienne a été critiqué mardi par un proche de Laurent Gbagbo qui a « récusé » l’un de ses membres, et par le Premier ministre d’Alassane Ouattara qui s’est dit convaincu que M. Gbagbo ne partirait pas sous la pression du comité.
« Les +patriotes+ de Côte d’Ivoire récusent (le président burkinabè) Blaise Compaoré comme membre du panel et il n’est pas le bienvenu » dans le pays, a déclaré à Abidjan Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes », partisans du président sortant Laurent Gbagbo.
« Son pays continue d’être l’arrière-base de la rébellion (alliée à M. Ouattara). C’est un belligérant », a-t-il accusé.
Ancien médiateur du processus de paix ivoirien, M. Compaoré est considéré comme un tenant de la fermeté face à son voisin Laurent Gbagbo, qui refuse depuis l’élection du 28 novembre de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu président élu par la communauté internationale.
Avec les présidents de Mauritanie, du Tchad, d’Afrique du Sud et de Tanzanie, M. Compaoré fait partie du panel mis en place ce week-end par l’UA et qui a un mois pour rendre ses conclusions « contraignantes ».
A Ouagadougou, où il a justement rencontré M. Compaoré lundi, Guillaume Soro, Premier ministre de M. Ouattara, s’est dit « convaincu que Gbagbo ne cèdera pas le pouvoir. Il dira non au panel des chefs d’Etat » de l’UA.
Le sortant « est allé trop loin pour reculer » et « c’est sûr (qu’il) opposera une fin de non-recevoir au panel », a ajouté M. Soro, prônant « une position de fermeté et de force légitime » à son égard.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a menacé M. Gbagbo de le déloger par la force s’il refuse de céder la place, mais l’Union africaine a insisté pour une résolution pacifique de la crise. La position de M. Soro sur ce panel se distingue de celle de M. Ouattara, qui avait simplement « pris acte » de sa mise en place et souhaité que ses conclusions « soient rendues rapidement », en se félicitant d’être de nouveau reconnu comme président élu.
Femi Kuti (artiste chanteur nigerian) – «Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba… ont été stoppés dans leur élan à cause des collabos»

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Femi Kuti est le digne héritier de son père. Ses albums n’ont pas perdu en pugnacité. Bien au contraire, son dernier opus Africa for Africa constitue à lui seul un programme de reconquête : celle de l’Afrique par les Africains. Le musicien nigérian sera à l’affiche de la 7e édition du Festival sur le fleuve Niger de Ségou en février prochain, au Mali. Entretien.
Votre dernier album s’intitule Africa for africa. Le continent ne s’appartient pas ou il n’appartient pas aux Africains, selon vous ?
Pas assez ! Si la Bbc n’avait pas parlé du génocide rwandais, nous ne l’aurions pas su au Nigeria. Si Cnn n’évoquait pas les problèmes en Somalie ou au Darfour, il n’y aurait pas de stations africaines qui nous en auraient informé. Même quand ces médias panafricains existent, ils s’en réfèrent à la presse internationale. Bbc et Cnn exposent respectivement les préoccupations des Britanniques et des Américains au reste du monde. A quand le réseau africain qui exposera sincèrement les préoccupations des Africains au reste du monde ? Quand Cnn fait un mauvais sujet sur le continent, les Africains s’en plaignent. Quand la Bbc fait un mauvais sujet sur Lagos, on s’en plaint. Mais Bbc ne fait que montrer ce qu’elle voit : la misère dans laquelle certains vivent à Lagos. Ce à quoi les Nigérians rétorquent qu’il y a d’autres qui vivent comme des rois. C’est pire parce que c’est incompréhensible que certains vivent dans la misère et que d’autres vivent comme des rois. Nous nous retrouvons sans aucune défense. Tout cela pour dire que nous ne disposons pas d’un média panafricain objectif qui lutte contre la corruption en Afrique et qui s’exprime au nom des Africains.
Vous parlez dans vos différents titres, notamment de Politics in Africa, Bad government, de mauvaise gouvernance, du fait que les Africains se prennent en charge et que ce sont leurs leaders qui posent problème. Comment trouver une solution à ce problème ?
En aimant beaucoup plus l’Afrique. Les Africains en Afrique veulent aller en Amérique, aller en Angleterre ou venir en France. Ils ne veulent pas rester sur le continent. La bataille est déjà perdue d’avance parce que notre esprit est tourné vers l’extérieur. Mais si seulement nous nous préoccupions de ce qui se passe au Rwanda, au Sénégal ou au Nigeria en ôtant de nos esprits les frontières qui ont été érigées par la colonisation et qui polluent notre esprit, nous verrons progressivement, même si cela prend du temps, que nous serons plus à même de régler les problèmes qui se posent à nous.
Les gens ont envie de partir parce qu’ils sont pauvres…
Nous sommes pauvres parce que nous ne préoccupons pas assez de notre sort. Nous ne sommes pas prêts à nous lever et à nous battre. Les négriers ont fait de nous des esclaves et aujourd’hui, nous nous réduisons nous-mêmes en esclavagé. Nous quittons l’Afrique pour nous retrouver à faire des ménages en Occident, un travail que nous ne ferions pour rien au monde chez nous. Tout cela dans l’illusion qu’on gagne plus d’argent. N’aurait-il pas été plus judicieux de rester en Afrique et de se battre pour défendre sa dignité et ses droits ?
Dans un entretien donné, il y a quelques mois, vous expliquiez qu’il n’y avait pas de quoi se réjouir du cinquantenaire des indépendances au Nigeria. Pourquoi est-il si difficile pour les pays africains de se développer
Pas seulement au Nigeria, mais partout en Afrique. Nous avons des problèmes parce que nous ne sommes pas appropriés notre histoire. L’Afrique a souffert de la traite négrière pendant 500 ans, les Juifs ont souffert six ans sous Hitler pendant la guerre. La prise de conscience du drame qu’ont vécu les Juifs vient du fait que des images d’archives existent. Ce n’est pas le cas de la traite négrière, il y a très peu d’images d’archives de ces hommes et de ces femmes qui étaient pieds et poings liés. Si les Africains communiquaient plus massivement pour dénoncer ce qui leur était arrivé, cela aurait peut-être aidé certain à comprendre pourquoi l’Afrique est aujourd’hui, dans cet état. Je vais vous donner un exemple. Nous continuons a appeler les pays colonisateurs en anglais « the colonial masters (puissances coloniales) ». Ce qui est la preuve de notre défaite sur le plan psychologique. Car ces gens n’étaient autres que des trafiquants d’êtres humains. Dans nos livres d’histoire, il aurait dû être mentionné qu’ils ne méritaient pas le qualificatif de « colonial masters ». Nous devons raconter comment nos aînés se sont battus pour arracher leur indépendance. L’histoire, qui est enseignée, privilégie trop le fait qu’elle nous ait été octroyée comme une faveur. Les pères de l’indépendance comme Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba ont été stoppés dans leur élan au profit de leaders soutenus par les Occidentaux parce qu’ils pouvaient faire perdurer le système colonial en servant les intérêts de leurs soutiens. Quand nous aurons compris l’histoire et l’aurons réécrite comme il se doit afin de lui faire refléter la réalité, nous pourrons alors nous servir de cette énergie pour développer le continent africain.
Pour vous, le combat est dans le fait de s’approprier notre histoire et de mieux la divulguer ?
Pas seulement, il y a d’autres problèmes à surmonter. Nous ne disposons d’aucune infrastructure. Au Nigeria, par exemple, je ne peux pas circuler comme cela se fait en France. Les dirigeants africains n’ont pas assez investi, les entreprises africaines ne contribuent pas assez au développement économique de leurs pays. On continue d’avoir besoin d’un visa pour aller d’un pays à un autre, à l’intérieur de frontières arbitrairement tracées par le colonisateur, alors qu’ailleurs, il est question de libre circulation. Pourquoi ? C’est ce dont Kwame Nkrumah parlait. Si l’Afrique avait une monnaie unique, nous ne nous épuiserons pas à convertir nos devises en dollar ou en euro pour pouvoir les utiliser dans nos pays respectifs.
Vous êtes ce que l’on appelle un chanteur engagé. Vos albums dénoncent tout cela. Sentez-vous que les choses changent grâce à vos chansons ? Vous pensez que la musique est le moyen de faire changer les choses ?
C’est un moyen parmi tant d’autres. Si vous ne retranscrivez pas ce que je dis, les gens ne comprendront pas de quoi je parle dans mes chansons. Ce n’est pas la musique en elle-même qui conduit au changement, mais elle y participe.
Vous dites la musique, c’est de l’amour parce que ça parle au cœur. Cependant, vous ne pouvez pas chanter des chansons d’amour. Mais quand on écoute votre album, on aimerait bien que vous en produisiez quelques unes. Est-il possible que vous changiez d’avis ?
Ça vous toucherait ? Les problèmes qui sont les nôtres me révoltent. J’ai choisi de ne pas recourir à la violence pour exprimer mon indignation. Je ne suis pas dans le besoin mais quand je pense à tous ceux qui le sont, qui meurent parce qu’ils n’ont pas un euro et qu’on me demande de l’argent, comme si j’étais un roi, je ne suis pas heureux. Car ce n’est pas ce que je souhaite. Je veux parler aux gens, être l’ami de chacun, échanger une poignée de main avec les gens parce que nous éprouvons de l’amour les uns pour les autres. C’est le genre de vie que je souhaite. Je ne veux pas que ma réussite oppresse les autres.
Vous pensez que vous finirez par créer un parti politique comme l’a fait Wole Soyinka, il y a quelques mois ?
La musique est un meilleur outil. Wole Soyinka s’adresse à une élite. Moi, je parle au peuple. Je ne suis pas allé à l’école, je n’ai pas son niveau. Avec tout le respect que je lui dois, je me moque du « big english » de Wole Soyinka. Pourquoi devrait-on vouloir parler anglais mieux que les Anglais ? J’aimerais plutôt exceller en Haoussa, parler plusieurs langues africaines. La communication entre tous les Africains serait un bon outil de développement si nous pouvions nous en servir. Apprendre nos langues africaines devrait faire partie de l’éducation de chacun sur le continent.
Que pensez-vous que votre père ressentirait aujourd’hui, face à tous ces drames que connaît le continent ?
Il serait mort d’hypertension. Ne serait-ce que parce qu’Obasanjo (Il serait à l’origine de la mort de la grand-mère de Femi Kuti et le titre Obasanjo don play you wayo est consacré à l’ancien Président nigérian) est revenu entretemps à la tête du Nigeria….
Vous ne chantez pas en Yoruba, contrairement à ce qu’on pourrait penser…
J’ai grandi dans un univers où l’on parlait anglais. Ma mère est moitié anglaise et, même avec mon père, je parlais en anglais. J’ai appris le yoruba dans la rue. Pour tout vous dire, je ne me sentirai pas à mon aise si je chantais en Yoruba. Mon père chantait en Pidgin pour surmonter la linguistique et s’adresser à tous les Nigérians. S’il s’était contenté de chanter en Yoruba, il ne serait adressé qu’à une partie du pays. C’est sa musique qui a unifié le Nigeria pour la première fois. Je m’inscris dans la même démarche.
Qu’espérez-vous aujourd’hui, pour votre pays et l’Afrique ?
Le combat continue, je ne peux donc qu’espérer le meilleur. Je vais continuer à chanter ce que je chante. Comme vous le souhaitiez tantôt, j’aurai aimé chanté des chansons d’amour, mais je suis incapable d’ausculter la misère des gens. Je ne vis pas dans l’illusion, je suis réaliste. Si un moustique s’apprête à piquer quelqu’un, je le dirai dans mes chansons. Je ne ferai pas à travers ma musique l’éloge du moustique. Nous devons faire face à la réalité, à notre réalité. Je le disais tantôt à un journaliste, l’éducation ne nous apprend pas que nous allons vivre, puis mourir ; elle se contente de nous apprendre les maths et d’autres disciplines. L’éducation ne vous prépare pas aux aléas de la vie. L’histoire qu’on y raconte se termine toujours bien. La vraie musique permet de mieux appréhender la réalité.
S: Le Temps
Si Gbagbo est dictateur, pourquoi le Sud attire-t-il tant les populations en quête de sécurité ?
Les détracteurs de Laurent Gbagbo le qualifient de «dictateur» pourtant, eux-mêmes et les populations fuient les zones Cno qu’ils administrent pour se mettre à l’abri dans le Sud, zone que gouverne le « dictateur » en question. Allez-y comprendre quelque chose !
Salimata Porquet, était à Addis- Abéba (Ethiopie) à l’occasion du 16e sommet des chefs d’Etat et des gouvernements de l’Union africaine, les 30 et 31 janvier 2011, officiellement au nom de la société civile. En vérité, elle y était pour continuer son lobbing pour Alassane Dramane Ouattara et sa rébellion. Elle a même produit un rapport partisan sur la violation des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Document qui accable le Président Laurent Gbagbo, que le camp Ouattara et ses soutiens extérieurs traitent de dictateur. Mais face à cette accusation récurrente, il y a un certain nombre de questionnements à faire. A la lumière de 9 ans de guerre et de crise, notre mémoire vive doit interroger la cohérence et la légitimité d’une telle accusation. Il est temps que l’opinion nationale et internationale émergent de la simple sensibilité et de l’imagination manipulatrice dans lesquelles les Salimata Porquet, Venance Konan et autres chantres de la rébellion les maintiennent. Depuis l’éclatement de la rébellion en septembre 2002, vers quelle direction se font les mouvements d’exode ? Les populations fuient pour se réfugier au Nord ou au Sud de la Côte d’Ivoire ? La réalité, c’est que tout le monde court vers le Sud, où se trouve Laurent Gbagbo, le dictateur, qui aurait des escadrons de la mort. Les rebelles, avec à leur tête, Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro, disent avoir pris les armes pour établir la démocratie, la justice et la sécurité en Côte d’Ivoire. Comment se fait-il donc que ce sont les zones (Centre Nord et Ouest : Cno) gérées depuis neuf ans par des personnes qui prétendent lutter pour la paix, la démocratie et la justice que fuient les gens pour venir trouver la tranquillité dans la zone administrée par le «dictateur» ? Pourquoi Alassane Ouattara ne va-t-il pas vivre à Bouaké, ne serait-ce que pendant un mois, pour y montrer un échantillon de la sécurité qu’il promet aux Ivoiriens ? Pourquoi Guillaume Soro a-t-il peur de vivre à Bouaké (siège de sa rébellion) et ne se sent plus en sécurité qu’à Abidjan ? Pourquoi ? C’est là-bas que l’avion qui le transportait d’Abidjan avait été bombardé. Et Soro n’a jamais révélé les résultats de l’enquête sur cette affaire. Pourquoi la plupart des chefs rebelles vivent-ils au Sud et que leurs familles (enfants, femmes) y mènent une existence agréable au lieu de le faire dans les zones occupées ? Si Laurent Gbagbo est un sanguinaire et que Alassane Ouattara et ses rebelles sont des anges, pourquoi alors les gens ne vont pas au paradis, dans les zones Cno et préfèrent l’enfer du Sud ? Pourquoi ? Pourquoi Salimata Porquet qui produit des rapports farfelus contre Gbagbo et Venance Konan qui le vilipende, refusent tous d’aller vivre au paradis à Bouaké, Korhogo, Mankono, Boundiali, Kong, etc. et se sont vissés dans la zone de Lucifer ? Quel est ce Lucifer si attrayant ! Si Gbagbo est criminel, quelle est cette logique qui consiste à se maintenir à proximité de cet homme ? Toute la Côte d’Ivoire aurait voulu voir les zones sous administration rebelle montrer au monde entier un visage de territoire épanoui. Où les populations mangent à leur faim, se soignent, s’éduquent convenablement, et sont sédentaires parce qu’il y fait bon vivre. Hélas ! La vie dans ses zones a accusé un recul de 50 ans. L’insécurité, le non-droit, l’indigence se disputent le territoire. Mais qui peut fuir le Sud pour aller vivre ces douleurs que sert Alassane aux populations prises en otage ? Pourquoi Salimata Porquet, Venance Konan et autres chantres de la rébellion vivent contre leur logique, au Sud ? Ils vivent tranquillement au Sud, insultent impunément le Président de la République ; leurs journaux ne cessent de l’offenser en toute quiétude et ils le traitent de dictateur. Il y a des anges qui donnent envie d’adorer des Lucifers. Un d’entre eux : Alassane Dramane Ouattara, l’ange du chaos.
Germain Séhoué
Voici le Panel de l’UA chargé de trouver une issue à la crise ivoirienne
Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Idriss Deby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie).
La commission sera présidé par le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et aura un mois pour trouver une issue pacifique à la crise postélectorale en Côte d’Ivoire
Le Nigeria et l’Afrique du sud s’affrontent sur le dossier de la crise ivoirienne

Zuma-Jacob
L’Afrique a pris ses responsabilités, et c’est désormais vers un panel de 5 chefs d’Etat tel que décidé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) que les regards sont tournés pour connaître le dénouement de la crise ivoirienne. Investis d’une autorité »contraignante », ces chefs d’Etat en mission pour le rétablissement de la paix en Côte d’Ivoire et la stabilisation de la situation dans la sous-région ouest-africaine, en raison de cette crise, vont rendre d’ici à la fin du mois de février, les conclusions de leur médiation. Avant que les débats n’aient lieu, déjà, cette médiation préfigure un face-à-face de haut niveau entre deux chefs d’Etat. Le Nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le Sud-Africain Jacob Zuma. Deux présidents de la République à la tête des deux Etats géants de l’Afrique noire. On connait déjà les positions de Goodluck et Zuma, qui se sont croisés sur le dossier ivoirien pour la première fois le vendredi dernier, à l’occasion de la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CSP) de l’UA. Convaincu de la victoire d’Alassane Ouattara telle que proclamée le 02 décembre passé par la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne et certifiée par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU à Abidjan, Choi Young-Jin, le président par intérim du Nigeria et président en exercice de la CEDEAO reste la tête de file des partisans d’une intervention militaire pour faire partir vaille que vaille Laurent Gbagbo du pouvoir. Goodluck n’a pas encore abandonné cette option, qu’il a dû se frotter à celle d’un réexamen des voix que propose son homologue sud-africain Jacob Zuma dont la position se trouve plus rapprochée de celle du président sortant ivoirien déclaré réélu et investi par le Conseil constitutionnel. «La situation ne se débloque pas malgré tous les efforts faits. Nous devons faire quelque chose d’autre que de demander à l’un des deux chefs de partir. Nous devons trouver un moyen de vérifier les faits et, en fonction des résultats, de pouvoir avancer», dixit le président Zuma, le vendredi 21 janvier à Pretoria, après un entretien avec son homologue ougandais, Yoweri Museveni. Très influent sur le continent africain, les présidents Zuma et Goodluck vont peser de tout leur poids sur la conduite des débats, qui vont avoir lieu pendant le mois donné pour trouver une issue à la crise ivoirienne. Le communiqué alambiqué de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA ne témoigne-t-il pas déjà de cette confrontation entre les deux géants dans les tribunes africaines? Aujourd’hui, c’est presqu’une lapalissade de le dire, si au niveau de la CEDEAO, le camp Ouattara mène au point, c’est grâce au poids du Nigeria Goodluck, qui dirige les débats. Au niveau de la SADC (Southern African development Community, ou communauté de développement des Etats sud-africains), ce n’est pas le cas. La cause du camp Gbagbo semble davantage triompher grâce à l’Afrique du Sud de Jacob Zuma, leader sous-régional adoubé dans sa posture par des caciques comme le Zimbabwéen Robert Mugabé dont l’on connait déjà les antécédents dans ces questions électoralistes. Les positions dominantes des deux géants de l’Afrique qui, de près ou de loin, vont influencer les débats dans les négociations, reflètent bien cette rivalité souterraine qu’ils se mènent sur le continent
à l’image de ce qui se passe entre la Russie et des Etats-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies. Intérimaire à la tête du Nigéria Goodluck se trouve cependant dans une posture délicate, étant appelé à se consacrer dans les mois qui viennent à la situation dans son propre pays. Notamment l’organisation de l’élection présidentielle à laquelle il est candidat et le défi de la sécurité à l’intérieur du Nigeria qui l’attend en pareille circonstance avec les soulèvements armés et autres attentats qui menacent. Toujours est-il que Goodluck et sa liste de chefs d’Etat qui le soutiennent défendront crânement leur position dans la crise ivoirienne. Laquelle position est restée dominante jusqu’à ce que les donnes commencent à changer sur le continent avec la persistance du blocage en Côte d’Ivoire. Dans tous les cas, le dernier mot revient, et uniquement, aux 5 chefs d’Etat désignés pour conduire l’ultime médiation décidée par l’UA. A ce sujet, le secrétaire général de l’ONU a adopté des positions, hier, au sommet d’Addis-Abeba, qui ne semblent pas aider à une sortie rapide de la situation en Côte d’Ivoire. Du haut de la tribune de l’UA, où il était invité, Ban Ki-Moon a exprimé son opposition à toute idée de »recomptage des voix » ou de »partage du pouvoir », étant fermement attaché à un départ de Laurent Gbagbo du pouvoir. Ces balises que tente de poser le patron de l’ONU constituent de sérieuses entraves au travail des médiateurs, qui ne devront pas être gênés dans leur tâche. Ban Ki-Moon jette le trouble dans la médiation. La France, les Etats-Unis et l’ONU étant considérés comme des parties prenantes à la crise qui perdure malgré toutes les injonctions et autres formes de pressions venant de l’extérieur, il importe de laisser les mains libres aux émissaires de l’UA, suffisamment responsables pour prendre les décisions qui s’imposent dans leur mission. La réussite de cette médiation dépendra de la liberté des acteurs désignés pour la conduire. L’euphorie des premières heures de la crise et les pesanteurs qui ont résulté dans sa résolution ayant conduit à sa pérennisation jusqu’à ce jour. Au grand dam des populations ivoiriennes, qui n’en peuvent plus, et même des voisins de la sous-région, également éprouvés par la situation en Côte d’Ivoire. C’est le lieu de taire les égos pour mettre fin aux souffrances de ces populations en trouvant une solution de sortie de cette situation chaotique, plutôt que rechercher des voies pour arranger un camp ou l’autre, pendant que des gens se meurent. Peu importe les compromis auxquels vont aboutir les négociations, les Ivoiriens n’attendent que cela pour revivre. Eux avec bien de leurs frères de la sous-région, qui vivotent depuis que cette situation s’est imposée à eux. Trêve donc de radicalisme dans les positions pour laisser la chance aux débats d’avancer. A moins que des intérêts occultes ne guident les actions des responsables des Nations Unies.
Avec l’Inter
Complot international contre la Côte d’Ivoire : L’UA veut la vérité, les marionnettes paniquent
Au sommet préparatoire de la Conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) tenue hier, le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’organisation continentale a proposé d’envoyer « un panel de 5 chefs d’Etats » pour enquêter sur le dossier ivoirien. Une décision qui a foutu la trouille chez les marionnettes à la solde de Nicolas Sarkozy.
«Réunion tripartite sur la crise en Côte d`Ivoire au siège de l`UA à Addis Abeba». C’est sous ce titre que l’Agence France Presse (AFP) a diffusé sur sa toile l’information d’«une importante réunion sur la crise en Côte d`Ivoire». Selon l’AFP, cette curieuse réunion a eu lieu le samedi 29 janvier soir à Addis Abeba entre «représentants de l`Union africaine (UA), de l’ONU et présidents
des pays d’Afrique de l’Ouest. La réunion s’est déroulée au siège de l’UA, à la veille de l’ouverture du XVIème sommet des chefs d`Etat de l’organisation continentale qui rassemble, depuis hier, les dirigeants des 53 Etats membres ou leurs représentants, et dont l`un des principaux sujets de débats est la crise ivoirienne née de la présidentielle du 28 novembre dernier”. L’AFP précise
que le Nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Malien Amadou Toumani Touré, le Béninois Boni Yayi, le Togolais Faure Gnassingbé, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, ainsi que le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi
y étaient présents. Côté onusien, rapporte toujours l’AFP, on notait la présence du Secrétaire général de l`ONU, Ban Ki-moon himself, accompagné de son Représentant spécial en Côte d`Ivoire, Young-Jin Choi. Ils ont tous assisté à cette réunion à laquelle a participé également le président de la Commission de l`UA, le Gabonais Jean Ping. Sur l’objet de cette réunion informelle dans les locaux de l’UA, « on se consulte, on se concerte », aurait simplement déclaré M. Ping à l’AFP avant de s’entretenir brièvement en tête-à-tête avec le Secrétaire général de l’ONU.
Cette réunion de « concertation » à huis-clos à laquelle a manqué cruellement Nicolas Sarkozy pour être plus complète, aura duré près de trois heures, rapporte l’agence française. Elle s’est tenue, en vérité, pour espérer amortir les effets de la plus importante et officielle réunion sur la crise ivoirienne organisée la veille, vendredi 28 janvier 2011, dans les mêmes locaux de l’UA, par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) qui a annoncé la création d’un «panel de chefs d`Etat sur la crise ivoirienne». Ce panel, qui doit être constitué dès aujourd’hui même, comprendra cinq (5) chefs d`Etat issus des cinq (5) sous-régions d`Afrique. Ses décisions seront rendues d`ici à un mois et seront « contraignantes » pour toutes les parties ivoiriennes, selon l`UA. Cette décision qui devait être entérinée par la Conférence des présidents de l’UA à laquelle Sarkozy s’est invité avec une délégation française de 60 personnes a sûrement «mélangé» les plans du président français et de ses marionnettes dans le dossier ivoirien. Et leurs agitations qui ont abouti à cette réunion informelle du samedi tendent à le démontrer.
Première preuve : Selon l’AFP, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, aurait confié que «la création du Panel de cinq chefs d’Etat vise à amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir dans le pays par la négociation et ne remet pas en cause la reconnaissance par l`UA de sa victoire à la présidentielle du 28 novembre», affirmant ainsi, toujours d’après l’AFP
que «L’UA reste au diapason du reste de la Communauté internationale, ayant déjà reconnu la victoire d`Alassane Ouattara dès début décembre, et suspendu la Côte d’Ivoire tant que le président sortant Laurent Gbagbo n’aura pas cédé le pouvoir». De toute évidence, la désinformation est nette, cette déclaration trop illogique pour être de Jean Ping. En effet, nulle part dans le communiqué final qui a sanctionné la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité à laquelle le Gabonais a pris part, l’UA ne fait allusion à une quelconque victoire : Ni celle du président Gbagbo déclarée élu définitivement et sans appel par le Conseil constitutionnel, ni celle d’Alassane Ouattara prononcée hors délai et hors cadre, sur les antennes de la télévision française France
24, au QG de Ouattara, le Golf Hôtel, par le président de la Commission électorale indépendante pris en otage par les ambassadeurs de France et des USA pour la sale besogne. De plus, le monde entier sait que c’est justement à cause de ces incongruités certifiées par Young-Jin Choi et imposées sans succès au peuple ivoirien souverain que plusieurs médiations africaines, dont celle de l`envoyé spécial de l’UA, le Premier ministre kényan Raila Odinga, ont échoué et que l`unanimité
initialement affichée en faveur d’Alassane Ouattara s’est dégradée en Afrique. Ces échecs des médiateurs africains manipulés ont dévoilé au grand jour l’héroïque résistance ivoirienne de plus en plus consolidée autour de la Constitution de Côte d’Ivoire et des institutions républicaines. Cet héroïsme ivoirien a réveillé tous les chefs d’Etats militants d’une Afrique véritablement libre,
souveraine et digne qui a réclamé que la vérité éclate dans le dossier ivoirien avant toute décision. La décision de la création du Panel des cinq chefs d’Etat vise même à montrer que dans le dossier ivoirien, trop de condamnations et d’exclusions ont été prononcées à la hâte contre les autorités ivoiriennes. Elle est la victoire de la recherche de la vérité sur la tendance à la recolonisation, y compris par la force. D’ailleurs, comme le rapporte l’AFP, l’acteur majeur de la réunion du CPS du vendredi, le président sud-africain Jacob Zuma, n`était pas présent samedi soir, à la réunion informelle entre les marionnettes du terrorisme français en Côte d’Ivoire.
Deuxième preuve de cette panique des marionnettes. Selon l’information relayée par les médias français, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré depuis Addis Abeba, que l’idée de «recomptage des voix» proposée par le président Gbagbo pour faire éclater la vérité et mettre fin à la crise en Côte d’Ivoire «serait une grave injustice» si elle était acceptée par le Panel créé par le CPS. Là aussi, le Sud Coréen de l’ONU est pris en défaut de divagation. Car, sous la férule de l’ONU, la communauté internationale a compté puis recompté ; compté à nouveau et encore recompté les voix en Haïti pour connaître la vérité du suffrage présidentiel dont le deuxième round est programmé dans deux mois dans ce pays. Alors, Pourquoi Ban Ki-moon pense que ce qui est bon pour la paix en Haïti ne l’est pas en Côte d’Ivoire ? Pourquoi l’ONU, organisation faiseuse de paix, refuse-t-elle de revisiter les procès verbaux de vote et autres documents officiels dans le dossier ivoirien ? Qu’est-ce que l’ONU veut absolument cacher au monde entier en Côte d’Ivoire ?
Troisième preuve de cette panique : Depuis sa tanière du Golf Hôtel, QG de son patron Alassane Ouattara, et sûrement sous la dictée de ce dernier, l’ancien ministre rebelle Sidiki Konaté, Secrétaire général du mouvement criminel, a pondu un communiqué, ce samedi, au nom de la rébellion, pour «condamner les tergiversations de Monsieur Jean Ping qui veut faire endosser l’idée d’un Panel de chefs d’Etat pour ouvrir de nouvelles négociations en Côte d’Ivoire». Pour le rebelle, c’est, pour Jean Ping, «une façon habile de faire perdurer la crise en Côte d’Ivoire et de donner du temps et les moyens de la manœuvre à l’ami Laurent Gbagbo».
Alassane Ouattara, qui n’a jamais eu le courage de ses opinions, fait ainsi réciter à sa rébellion le rejet du Panel avant même qu’il ne soit constitué et son mandat connu : «Les Forces nouvelles recommandent à l’Union africaine la fermeté et invitent le Sommet (Sic) des chefs d’Etat à soutenir intégralement toutes les propositions de la CEDEAO visant à restaurer dans les brefs délais la
démocratie en Côte d’Ivoire», a écrit le rebelle Sidiki Konaté.
Peine perdue. La vérité des actes des uns et des autres, au 2nd tour de la présidentielle ivoirienne, éclatera. Le Conseil de Paix et de Sécurité, désormais sous le regard du président équato-guinéen, Toedoro Obiang Nguema, qui sortira d’Addis Abeba président en exercice de l’UA, y veillera.
César Etou
cesaretou2002@yahoo.fr













