Addis Abeba – Un « mini-sommet » sur la situation au Soudan et en Somalie a débuté lundi matin à Addis Abeba, au deuxième et dernier jour du XVIème sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), a constaté un journaliste de l’AFP.
Co-présidée par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, la réunion se déroule notamment en présence du président soudanais Omar el-Béchir et de son premier vice-président, le Sud-Soudanais Salva Kiir.
Cette réunion intervient au lendemain de l’annonce des résultats préliminaires complets du référendum d’autodétermination organisé du 9 au 15 janvier au Sud-Soudan. Une majorité écrasante de 98,83% s’est prononcé en faveur de la sécession, et donc de la partition du plus vaste pays d’Afrique.
Le président Béchir s’est déjà engagé à reconnaître la sécession du Sud-Soudan, promettant même des relations « fraternelles » avec le nouveau pays, le 193e au monde.Le « mini-sommet tripartite » d’Addis réunit les représentants de l’ONU, de l’UA et de l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement), qui compte six pays d’Afrique de l’est, selon une source au sein de la Commission de l’UA.
Dans son discours dimanche devant un parterre de chefs d’Etat africains, le secrétaire général de l’ONU s’était dit « très inquiet des défis de l’après-référendum » au Sud-Soudan. »M. Béchir a tenu ses promesses. La communauté internationale doit porter à son crédit le bon déroulement du référendum. Nous attendons désormais qu’elle nous apporte son assistance, et n’oublie pas le Nord », a estimé pour sa part une source diplomatique soudanaise.
Les chefs du Pentagone se sont entretenus avec les militaires égyptiens
Washington – Le secrétaire à la Défense Robert Gates et le plus haut gradé américain, l’amiral Mike Mullen, se sont entretenus au téléphone avec leurs homologues égyptiens de la crise en Egypte, a-t-on appris dimanche auprès du Pentagone.
Ces contacts interviennent alors que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a exclu pour l’heure de suspendre l’aide militaire fournie par Washington à son principal allié dans le monde arabe.
Vendredi, la Maison Blanche avait indiqué que les Etats-Unis pourraient revoir cette assistance –1,3 milliard de dollars par an– en fonction de la réponse du régime aux manifestations.
M. Gates s’est entretenu au cours du week-end avec le ministre égyptien de la Défense, le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, a indiqué son porte-parole, Geoff Morrel, qui n’a pas précisé la teneur des discussions. Il a par ailleurs eu un entretien téléphonique avec son homologue israélien Ehud Barak. L’Egypte est le premier pays arabe à avoir signé un accord de paix avec Israël, en 1979.
Le chef d’état-major interarmées américain, l’amiral Mike Mullen, s’est pour sa part entretenu dimanche après-midi pendant une dizaine de minutes avec son homologue, le général Sami Anan, qui « l’a informé des derniers développements dans le pays », a indiqué dans un communiqué le capitaine de vaisseau John Kirby, porte-parole de l’amiral Mullen.
« Les deux hommes ont réaffirmé leur souhait de voir le partenariat entre les deux armées se poursuivre et ont promis de rester en contact », a-t-il ajouté.
Le général Anan est rentré vendredi précipitamment d’une visite à Washington, où il conduisait une délégation de 25 militaires égyptiens venue participer au comité de coopération militaire américano-égyptien pour discuter des questions d’aide militaire et d’entraînement ment des forces égyptiennes par les Etats-Unis.
Les Etats-Unis se préparent à évacuer leurs ressortissants d’Egypte
Washington – Les Etats-Unis se préparent à évacuer à partir de lundi des milliers de leurs ressortissants d’Egypte avec des vols charters organisés par le gouvernement, en raison des violentes manifestations antigouvernementales, a annoncé dimanche un haut responsable à Washington.
« Les ressortissants américains en Egypte devraient envisager de partir aussi vite qu’ils le peuvent », a déclaré à la presse Janice Jacobs, secrétaire d’Etat adjointe et responsable des affaires consulaires. Elle a dit ignorer le nombre exact des Américains désireux de quitter l’Egypte, tout en estimant que leur évacuation par avion prendrait plusieurs jours.
Mme Jacobs a cité Athènes, Istanbul et Nicosie comme possibles lieux de repli pour les Américains évacués en attendant que la situation en Egypte se clarifie. L’ambassade des Etats-Unis au Caire avait indiqué auparavant dans un communiqué que l’évacuation se ferait sur une base volontaire.
« L’ambassade des Etats-Unis au Caire informe les citoyens américains en Egypte qui souhaitent partir que le Département d’Etat prend ses dispositions pour assurer le transport vers des lieux sûrs en Europe », dit le texte. « Les vols vers les points d’évacuation
commenceront lundi 31 janvier au départ de l’Egypte », ajoute l’ambassade.
L’Egypte a vécu dimanche une nouvelle journée d’une révolte contre le régime de Hosni Moubarak, qui a fait une centaine de morts en cinq jours, malgré des changements annoncés à la tête du gouvernement. « Le Département d’Etat recommande que les citoyens américains évitent de se rendre en Egypte en raison des troubles politiques et sociaux en cours », explique en outre l’ambassade.
Egypte: ElBaradei promet « une ère nouvelle », Moubarak veut rétablir la confiance
Le Caire – Mohamed ElBaradei, désigné dimanche par l’opposition égyptienne pour « négocier » avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte, est allé au-devant des manifestants au Caire en promettant « une ère nouvelle ».
M. Moubarak a riposté en chargeant son nouveau Premier ministre Ahmad Chafic de promouvoir la démocratie en dialoguant avec l’opposition et de rétablir la confiance dans l’économie du pays, dans une déclaration lue dimanche à la télévision. Il a également dit au Premier ministre désigné que le nouveau gouvernement devait « lutter de manière décisive contre toutes les formes de corruption ».
Malgré les nominations annoncées samedi et les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, la mobilisation ne semblait pas faiblir. Le gouvernement égyptien a ordonné à la police de retourner dans les rues du pays, qu’elle avait subitement désertées vendredi. Le couvre-feu en vigueur au Caire, à Suez et Alexandrie a été prolongé d’une heure, de 15H00 (13H00 GMT) à 08H00 (06H00 GMT).
Le président américain Barack Obama a appelé à « transition vers un gouvernement répondant aux aspirations » des Egyptiens. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a toutefois assuré qu’il n’était pas question de suspendre l’aide à l’Egypte, principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe.
Le secrétaire à la Défense Robert Gates et le plus haut gradé américain, l’amiral Mike Mullen, se sont entretenus au téléphone avec leurs homologues égyptiens de la crise, selon le Pentagone.
L’ancien président américain Jimmy Carter, un des principaux artisans de l’accord de paix israélo-égyptien, a prédit dimanche que M. Moubarak sera contraint de démissionner car « le peuple l’a décidé », selon une déclaration faite à Plains (Géorgie, sud-est) diffusée par un journal local.
Les aveux de Chirac sur l’exploitation de l’Afrique par la France
Tunisie: le vrai siège du pouvoir est à l’ambassade des Etats-Unis
Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.
- Le général William Ward —ancien responsable de la répression dans les Territoires palestiniens devenu commandant de l’Africom— lors d’une cérémonie en mai 2010. L’armée tunisienne a été réduite au minimum, mais le pays sert de base arrière aux opérations « anti-terroristes » régionales et dispose de ports indispensables au contrôle de la Méditerranée par l’OTAN.
Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire.
Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.
Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.
Considéré par Washington comme un Etat d’importance mineure, la Tunisie était utilisée au plan sécuritaire, plus qu’économique. En 1987, un coup d’Etat soft est organisé pour déposer le président Habib Bourguiba au profit de son ministre de l’Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali. Celui-ci est un agent de la CIA formé à la Senior Intelligence School de Fort Holabird. Selon certains éléments récents, l’Italie et l’Algérie auraient été associés à cette prise de pouvoir [1].
Dès son arrivée au Palais de la République, il met en place une Commission militaire jointe avec le Pentagone. Elle se réunit annuellement, en mai. Ben Ali, qui se méfie de l’armée, la maintient dans un rôle marginal et la sous-équipe, à l’exception du Groupe des Forces spéciales qui s’entraîne avec les militaires US et participe au dispositif « anti-terroriste » régional. Les ports de Bizerte, Sfax, Sousse et Tunis sont ouverts aux navires de l’OTAN et, en 2004, la Tunisie s’insère dans le « Dialogue méditerranéen » de l’Alliance.
Washington n’attendant rien de spécial de ce pays au plan économique, il laisse donc les Ben Ali mettre la Tunisie en coupe réglée. Toute entreprise qui se développe est priée de céder 50 % de son capital et les dividendes qui vont avec. Cependant, les choses virent au vinaigre en 2009, lorsque la famille régnante, passée de la gourmandise à la cupidité, entend soumettre aussi les entrepreneurs états-uniens à son racket.
De son côté, le département d’Etat anticipe sur l’inévitable disparition du président. Le dictateur a soigneusement éliminé ses rivaux et ne dispose pas de successeur. Il faut donc imaginer une relève s’il vient à mourir. Une soixantaine de personnalités susceptibles de jouer un rôle politique ultérieur est recrutée. Chacune reçoit une formation de trois mois à Fort Bragg, puis un salaire mensuel [2]. Le temps passe…
Bien que le président Ben Ali poursuive la rhétorique anti-sioniste en vigueur dans le monde musulman, la Tunisie offre diverses facilités à la colonie juive de Palestine. Les Israéliens d’ascendance tunisienne sont autorisés à voyager et à commercer dans le pays. Ariel Sharon est même invité à Tunis.
La révolte
L’immolation par le feu d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazzi, le 17 janvier 2010, après que sa charrette et ses produits aient été saisis par la police, donne le signal des premières émeutes. Les habitants de Sidi Bouzid se reconnaissent dans ce drame personnel et se soulèvent. Les affrontements s’étendent à plusieurs régions, puis à la capitale. Le syndicat UGTT et un collectif d’avocats manifestent scellant sans en avoir conscience l’alliance entre classes populaire et bourgeoisie autour d’une organisation structurée.
Le 28 décembre, le président Ben Ali tente de reprendre les choses en main. Il se rend au chevet du jeune Mohamed Bouazizi et s’adresse le soir à la Nation. Mais son discours télévisé exprime son aveuglement. Il dénonce les manifestants comme des extrémistes et des agitateurs stipendiés et annonce une répression féroce. Loin de calmer le jeu, son intervention transforme la révolte populaire en insurrection. Le peuple tunisien ne conteste plus simplement l’injustice sociale, mais le pouvoir politique.
- Le producteur Tarak Ben Ammar, propriétaire de Nessma TV et associé de Silvio Berlusconi. Il est le cousin de Yasmina Torjman, épouse du ministre français de l’Industrie, Eric Besson.
A Washington, on constate que « notre agent Ben Ali » ne maitrise plus rien. Le Conseil de sécurité nationale Jeffrey Feltman [3] et Colin Kahl [4] s’accordent à considérer que le moment est venu de lâcher ce dictateur usé et d’organiser sa succession avant que l’insurrection ne se transforme en authentique révolution, c’est-à-dire en contestation du système.
Il est décidé de mobiliser des médias, en Tunisie et dans le monde, pour circonscrire l’insurrection. On focalisera l’attention des Tunisiens sur les questions sociales, la corruption des Ben Ali, et la censure de la presse. Tout, pourvu qu’on ne débatte pas des raisons qui ont conduit Washington à installer le dictateur, 23 ans plus tôt, et à le protéger tandis qu’il s’accaparait l’économie nationale.
Le 30 décembre, la chaîne privée Nessma TV défie le régime en diffusant des reportages sur les émeutes et en organisant un débat sur la nécessaire transition démocratique. Nessma TV appartient au groupe italo-tunisien de Tarak Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Le message est parfaitement compris par les indécis : le régime est fissuré.
Simultanément, des experts Etats-uniens (mais aussi Serbes et Allemands) sont envoyés en Tunisie pour canaliser l’insurrection. Ce sont eux qui, surfant sur les émotions collectives, tentent d’imposer des slogans dans les manifestations. Selon la technique des prétendues « révolutions » colorées, élaborée par l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp [5], ils focalisent l’attention sur le dictateur pour éviter tout débat sur l’avenir politique du pays. C’est le mot d’ordre « Ben Ali dégage ! » [6].
- (Capture d’écran) Le 2 janvier 2010, le groupe Anonymous (un paravent de la CIA) hacke le site internet officiel du Premier ministre et place un message de menace en anglais sur la page d’accueil. Le logo est celui du Parti pirate international, dont le membre tunisien Slim Amanou sera propulsé par l’ambassade US ministre de la Jeunesse et des Sports du « gouvernement d’union nationale ».
Masqué sous le pseudonymeAnonymous, le cyber-escadron de la CIA —déjà utilisé contre le Zimbabwe et l’Iran— hacke des sites officiels tunisiens et y installe un message de menace en anglais.
L’insurrection
Les Tunisiens continuent spontanément à braver le régime, à descendre en masse dans les rues, et à brûler commissariats de police et magasins appartenant aux Ben Ali. Avec courage, certains d’entre eux payent le prix du sang. Pathétique, le dictateur dépassé se crispe sans comprendre.
Le 13 janvier, il ordonne à l’armée de tirer sur la foule, mais le chef d’état-major de l’armée de terre s’y refuse. Le général Rachid Ammar, qui a été contacté par le commandant de l’Africom, le général William Ward, annonce lui-même au président que Washington lui ordonne de fuir.
En France, le gouvernement Sarkozy n’a pas été prévenu de la décision états-unienne et n’a pas analysé les divers retournements de veste. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, se propose de sauver le dictateur en lui dépêchant des conseillers en maintien de l’ordre et du matériel pour qu’il se maintienne au pouvoir par des procédés plus propres [7]. Un avion cargo est affrété le vendredi 14. Lorsque les formalités de dédouanement sont finies à Paris, il est trop tard : Ben Ali n’a plus besoin d’aide, il a déjà pris la fuite.
Ses amis d’hier, à Washington et Tel-Aviv, Paris et Rome, lui refusent l’asile. Il échoue à Riyad, non sans emporter avec lui 1,5 tonne d’or volée au Trésor public.
- Marketing : le logo de la « Jasmine Revolution » apparaît au moment exact de la fuite de Ben Ali. Au centre, on reconnaît le poing levé, symbole ex-communiste utilisé dans toutes les « révolutions » colorées depuis Otpor en Serbie. Vu de Washington, l’important est d’affirmer que les événements sont finis et qu’ils s’inscrivent dans une dynamique internationale libérale. Aussi, le titre est-il inscrit en anglais et le drapeau tunisien est-il réduit à une simple fioriture sur la lettre R.
Du jasmin pour calmer les Tunisiens
Les conseillers en communication stratégique US tentent alors de siffler la fin de la partie, tandis que le Premier ministre sortant compose un gouvernement de continuité. C’est là que les agences de presse lancent l’appellation « Jasmine Revolution » (en anglais s’il vous plaît). Les Tunisiens assurent-elles viennent de réaliser leur « révolution colorée ». Un gouvernement d’union nationale est constitué. Tout est bien qui finit bien.
L’expression « Jasmine Revolution » laisse un goût amer aux Tunisiens les plus âgés : c’est celle que la CIA avait déjà utilisée pour communiquer lors du coup d’Etat de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.
La presse occidentale —désormais mieux contrôlée par l’Empire que la presse tunisienne— découvre la fortune mal acquise des Ben Ali quelle ignorait jusque là. On oublie le satisfecit accordé par le directeur du FMI, Domique Strauss-Kahn aux gestionnaires du pays quelques mois après les émeutes de la faim [8]. Et on oublie le dernier rapport de Transparency International qui affirmait que la Tunisie était moins corrompue que des Etats de l’Union européenne comme l’Italie, la Roumanie et la Grèce [9].
Les miliciens du régime, qui avait semé la terreur parmi les civils durant les émeutes les obligeants à s’organiser en comités d’auto-défense, disparaissent dans la nuit.
Les Tunisiens que l’on pense dépolitisés et manipulables après des années de dictature s’avèrent forts matures. Ils constatent que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, c’est « du benalisme sans Ben Ali ». Malgré quelques ravalements de façade, les caciques du parti unique (RCD) conservent les ministères régaliens. Les syndicalistes de l’UGTT, refusent de s’associer à la manip états-unienne et démissionnent des postes qu’on leur a attribués.
- Ahmed Néjib Chebbi, un opposant « Made in USA ».
Outre les inamovibles membres du RCD, il reste des gadgets médiatiques et des agents de la CIA. Par la grâce du producteur Tarak Ben Amar (le patron de Nessma TV), la réalisatrice Moufida Tlati devient ministre de la Culture. Moins show-bizz, plus significatif, Ahmed Néjib Chebbi, un pion de la National Endowment for Democracy, devient ministre du Développement régional. Ou encore, l’obscur Slim Amanou, un bloggeur rompu aux méthodes de l’Albert Einstein Institute, devient ministre de la Jeunesse et des Sports au nom du fantomatique Parti pirate relié à l’auto-proclamé groupe Anonymous.
- Le vrai siège du pouvoir n’est plus au Palais de la République, mais à l’ambassade des Etats-Unis. C’est ici que l’on a composé le gouvernement Ghannouchi. Située hors de Tunis, dans un vaste campus barricadé, l’ambassade est un gigantesque blockhaus hautement sécurisé qui abrite les postes centraux de la CIA et du MEPI pour l’Afrique du Nord et une partie du Levant.
Bien entendu, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas sollicité le Parti communiste pour faire partie de ce soi-disant « gouvernement d’union nationale ».
A l’inverse, on fait revenir de Londres, où il avait obtenu l’asile politique, le leader historique du Parti de la Renaissance (Ennahda), Rached Ghannouchi. Islamiste ex-salafiste, il prêche la compatibilité de l’islam et de la démocratie et prépare depuis longtemps un rapprochement avec le Parti démocrate progressiste de son ami Ahmed Néjib Chebbi, un social-démocrate ex-marxiste. Dans le cas d’un échec du « gouvernement d’union nationale », ce tandem pro-US pourrait fournir une illusion de rechange.
Une nouvelle fois, les Tunisiens se soulèvent, élargissant eux-mêmes le mot d’ordre qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Dans les communes et les entreprises, ils chassent eux-mêmes les collaborateurs du régime déchu.
Vers la Révolution ?
Contrairement à ce qui a été dit par la presse occidentale, l’insurrection n’est pas encore terminée et la Révolution n’a pas encore commencée. Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle.
S: Réseau Voltaire














