Phyllis Latour Doyle, héroïne de l’ombre et figure méconnue de la Résistance alliée, s’est éteinte le 24 octobre 2023 à l’âge de 102 ans. Discrète jusqu’à la fin, cette ancienne agent du Special Operations Executive (SOE) britannique aura marqué l’histoire par un courage sans faille et une ingéniosité remarquable.
Une jeune femme dans la guerre

Phyllis Latour Doyle
En mai 1944, à quelques semaines du Débarquement, les services secrets britanniques cherchaient désespérément à maintenir leurs réseaux d’espionnage en France, alors que la Gestapo traquait sans relâche les agents masculins. C’est dans ce contexte que la jeune Phyllis, alors âgée de 23 ans, fut envoyée en mission derrière les lignes ennemies.
Sous le nom de code « Geneviève », elle se fit passer pour une paysanne française de 14 ans, parcourant à bicyclette les villages normands avec quelques morceaux de savon à vendre. Derrière ce déguisement candide se cachait une espionne capable de coder et transmettre des informations militaires cruciales aux Alliés.
135 jours sous couverture
Pendant 135 jours, Phyllis Latour Doyle observa et rapporta les allées et venues des troupes allemandes, les dépôts de munitions, les défenses côtières. Ses messages codés, dissimulés dans un ruban à cheveux, furent transmis par radio depuis les forêts de Normandie. Au total, elle envoya 135 transmissions, un record parmi les agents du SOE en France. Ces renseignements contribuèrent directement à la réussite du Débarquement et à la libération de nombreuses zones.
Une vie de silence et de dignité
Après la guerre, Phyllis épousa un aviateur et s’exila en Nouvelle-Zélande, où elle éleva ses quatre enfants. Pendant des décennies, elle ne parla jamais de son passé d’espionne. Ce n’est qu’au tournant des années 2000 que sa famille découvrit l’étendue de son engagement. En 2014, la République française lui remit la Légion d’honneur, qu’elle accepta avec la modestie qui l’avait toujours caractérisée.
Mémoire d’une héroïne
Au-delà de ses actes, Phyllis Latour Doyle symbolise la résilience et le courage des femmes dans l’histoire de la guerre. Formée par un ancien cambrioleur, déguisée en enfant, dormant dans les bois, elle risqua sa vie sans jamais réclamer la moindre reconnaissance.
Aujourd’hui, le monde se souvient enfin de celle qui, à bicyclette et avec un simple ruban, a trompé le Troisième Reich.
Son nom mérite de rester dans nos mémoires : Phyllis Latour Doyle, la jeune espionne qui fit basculer l’histoire.
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