Les filiales ivoiriennes des banques françaises Société Générale et BNP Paribas doivent rouvrir aujourd’hui en tant que banques nationalisées, a annoncé vendredi le gouvernement du pays.
La liste des banques ivoiriennes fiables
-Banque nationale d’investissement (BNI)
– Banque internationale de l’Afrique de l’ouest (BIAO)
– Banque pour le financement de l’agriculture (BFA)
– Banque du trésor
-Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI)
– COOPEC
– CECP
*La liste n’est pas exhaustive et pourrait être sujet à modification
Comment la France pille l’économie de la Cote d’Ivoire – Véritable accord de dupe
Convention relative aux relations entre le Trésor français et le Trésor de la République de Côte d’Ivoire ainsi qu’aux concours réciproques et à la coopération de la République de Côte d’Ivoire et de la République française pour l’organisation et le fonctionnement des services des Trésors. Le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le Gouvernement de la République française, Considérant que, conformément à la constitution, la République de Côte d’Ivoire constitue, au sein de la Communauté un Etat autonome, gérant librement ses propres affaires ; Que cette autonomie a conduit la République de Côte d’Ivoire à créer son propre Trésor ; Qu’il appartient aux deux Gouvernements, chacun pour ce qui le concerne, de fixer les règles d’organisation et de fonctionnement des services administratifs chargés des opérations de leurs Trésors ; Soucieux cependant, en vue de simplifier l’organisation et de faciliter le fonctionnement de ces services, de ses prêter, dans toute la mesure du possible, le concours des administrations dont ils disposent, dans des conditions qu’il importe de définit ; Désireux enfin, dans l’esprit qui a présidé à l’institution de la communauté, de coopérer, chacun à la mesure de ses moyens, au bon fonctionnement des Services des Trésors des deux parties, notamment par la mise à la disposition ou la formation de personnes compétentes ; Ont convenu des dispositions qui suivent :
Titre I Des relations de trésorerie entre la République de Côte D’Ivoire et la République française.
Art 1: premier : L’ensemble des recettes et des dépenses de la République de Côte D’Ivoire sur son territoire où à l’extérieur est centralisé au Trésor ivoirien. L’ensemble des recettes et des dépenses de la République française sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire est centralisé au Trésor français.
Art 2 : Les opérations susceptibles d’être effectuées par chaque Trésor pour le compte de l’autre sont exécutées et font l’objet d’un réglementer dans les conditions prévues par la présente convention.
Art 3 : Les règlements postaux d’effectuent dans les conditions fixées par un accord spécial.
Art 4 : le Trésor de la République de Côte D’Ivoire peut recevoir des avances du Trésor de la République française dans les conditions prévues l’article 158, de l’ordonnance n°58-1374 du 30 décembre 1958, portant loi de Finances pour 1959. Les disponibilités du Trésor de la République de Côte d’Ivoire peuvent être placées en dépôt au Trésor de la République française ; ces placements portent intérêt. Les conditions d’application du présent article seront précisées par un accord spécial.
Art 5 : Sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, le Trésor français reçoit les dépôts de fonds réglementaires de toute personne physique ou morale créancière de l’Administration française ou liée à elle par une obligation3. Le Trésor français reçoit de même en dehors du territoire de la Ré publique de Côte d’Ivoire, et pour le compte de celle-ci, les dépôts de fonds réglementaires de toute personne physique ou morale créancière de l’Administration de la République de Côte d’Ivoire ou liée à elle par une obligation. Titre II De l’organisation des services des Trésors.
Art 6 : Le trésorier de la Côte d’Ivoire, nommé et contrôle par le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire est chargé d’effectuer ou de faire effectuer les opérations du Trésor de la République de Côte D’Ivoire : – Sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, par les comptables de celle-ci ; – Hors du territoire de la République de Côte d’Ivoire, par les soins du Trésor français
Art 7 : Le payeur de France en Côte d’Ivoire exécute les opérations du Trésor français sur le territoire de la République de Côte D’Ivoire. Ce comptable effectue lui-même lesdites opérations ou les fait effectuer par les soins du Trésor ivoirien.
Art 8 : Les opérations que les comptables publics ivoiriens et les comptables publics français sont appelées à effectuer les uns pour les autres, en qualité de mandataires réciproques, sont centralisés par le trésorier de la Côte d’Ivoire et par le payeur de France en Côte d’Ivoire à un compte de réglementer ouvert : – D’une part, dans les écritures du premier ; – D’autre part, dans les écritures du second.
Art 9 : Les opérations de paiement de d’encaissement correspondant à des titres délivrés par les autorités françaises compétentes et dont le règlement ou le recouvrement doit être opéré sur le territoire de la Côte d’Ivoire, sont centralisées par le payeur de France en Côte d’Ivoire vise les titres et les fait parvenir aux comptables ivoiriens compétents. Le règlement, sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, des dépenses visées à l’alinéa précédent est effectué, tant par le payeur de France que par les comptables ivoiriens, selon les modalités prévues par la législation et la réglementation applicable en Côte d’ivoire. Toutefois, les comptables ivoiriens doivent se conformer aux indications portées sur les titres de paiement par le comptable signataire, notamment en ce qui concerne les délais de validité du titre de paiement, ou lorsque le paiement est subordonné à la production de pièces qui doivent être rattachées au titre. Le recouvrement, sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, des recettes visées au premier alinéa du présent article est assuré, à la demande du comptable français qui a pris le rôle ou le titre de perception en charge, par le payeur de France en Côte d’Ivoire ou par le comptable ivoirien du domicile ou de la résidence du redevable ou de la situation de ses biens. En cas de recouvrement forcé, les poursuites sont effectuées à la diligence des comptables ivoiriens compétents, suivant la législation et la réglementation applicables en Côte d’Ivoire pour le recouvrement des créances de même nature ; les créances à recouvrer bénéficient de même nature ; les créances à recouvrer bénéficient des mêmes garanties et privilèges qu les créances de même nature en Côte d’Ivoire.
Art 10 : Les opérations de recette ou de dépense du Trésor français effectué par les comptables ivoiriens sont centralisées dans les écritures du trésorier de la Côte d’ivoire qui inscrit le montant en recette ou en dépense au compte de règlement avec le Trésor français. Les pièces justificatives de ces opérations sont remises au payeur de France en Côte d’Ivoire. Dans la comptabilité du payeur de France en Côte d’Ivoire, il est constaté, au compte de règlement avec le Trésor ivoirien, un débit ou un crédit correspondant.
Art 11 : Les opérations de paiement et d’encaissement correspondant à des titres délivrés par les autorités ivoiriennes compétentes et dont le règlement ou le recouvrement doit être opéré hors du territoire de la République de Côte d’Ivoire sont centralisées par le trésorier de la Côte d’Ivoire qui confie l’exécution du Trésor français. Le payeur de France en Côte d’Ivoire vise les titres et les fait parvenir aux comptables compétents. Le règlement, hors du territoire de la République de Côte d’Ivoire, des dépenses visées à l’alinéa précédent, est effectué à la diligence du Trésor français selon les modalités prévues par la législation et la réglementation applicable ratione loci. Toutefois, le comptable payeur doit se conformer aux indications portées sur le titre de paiement par le comptable ivoirien assignataire, notamment en ce qui concerne les délais de validité du titre de paiement, ou lorsque le paiement est subordonné à la production de pièces qui doivent être rattachées au titre. Le recouvrement, hors du territoire de la République de Côte d’Ivoire, des recettes visées au premier alinéa du présent article est assuré, à la demande du comptable ivoirien qui a pris le rôle ou le titre de perception en charge, à la diligence du Trésor français suivant la législation et la réglementation applicables ratione loci pour le recouvrement des créances de même nature ; Les créances à recouvrer bénéficient des mêmes garanties et privilèges que les créances françaises de même nature dans l’Etat ou dans le territoire où a lieu le recouvrement.
Art 12 : Les opérations de recette et de dépense du Trésor ivoirien effectué hors du territoire de la République de Côte d’Ivoire par les soins du Trésor français sont centralisées par le payeur de France en Côte d’Ivoire qui en inscrit le montant en recette ou en dépense au compte de règlement avec le Trésor ivoirien. Les pièces justificatives de ces opérations sont remises au trésorier de la Côte d’ivoire. Dans la comptabilité du trésorier de la Côte d’ivoire, il est constaté au compte de règlement avec le Trésor français, un débit ou un crédit correspondant.
Art 13 : Les opérations effectuées par les comptables ivoiriens pour le compte du Trésor français et non admises par le Trésor français, d’une part, les opérations effectuées par les soins du Trésor français pour le compte du Trésor ivoirien et non admises par le Trésor ivoirien d’autre part, sont renvoyées, aux fins de régularisation, les premières au Trésor de la Côte d’Ivoire ; elles donnent lieu à une opération initiale constatée au compte de règlement entre les deux Trésors. En cas de désaccord persistant entre les deux Trésors sur la prise en charge d’une opération, le montant de cette opération est versé à un compte d’attente dans les écritures du trésor qui a effectué l’opération jusqu’à la décision de la commission spéciale d’arbitrage dont la composition est fixée par l’article 32 de la présente convention.
Art 14 : Toutes les opérations réciproques inscrites au compte règlement entre les deux trésors au cours de chaque période commençant le premier, le onze et le vingt et un du mois, et se terminant le dix, le vingt et le dernier jour du moins doivent être considérées comme ayant date de valeur le dix, le vingt et le dernier jour du mois. Le soir du dernier jour de chaque période décadaire, il est procédé à l’accord des soldes décomptes de règlement entre les deux trésors en ce qui concerne les opérations imputées à ces comptes du matin du premier jour au soir du denier jour de cette période. Lorsque le dix, le vingt ou le dernier jour du mois tombe un jour non ouvrable, l’accord a lieu le dernier jour ouvrable précédent, les opérations inscrites pendant la période considérée portent date dévaluer du jour de l’accord. Le règlement effectif du solde dégagé à la fin de chacune des périodes visées ci-dessus doit intervenir avant la date prévue pour l’accord suivant, l’Etat débiteur réglant l’Etat créancier dans la monnaie de ce dernier. Si, pendant trois mois consécutifs, la situation du compte de règlement entre les deux Trésors fait apparaître, à chaque arrêté périodique, un excédent débiteur supérieur à 50 millions de francs CFA au compte du même Etat, l’Etat créancier peut demander à l’Etat débiteur de lui verser une provision dont le montant est fixé d’un commun accord. Le montant de la provision peut, à tout moment, faire l’objet d’une révision.
Art 15 : Les dispositions du présent titre sont applicables à toutes les opérations de recette et de dépense en cours d’exécution de chacun des Trésors de la République de Côte d’ivoire ou de la République française pour le compte de l’autre au moment de la mise en application du présent titre. Titre III Des personnels nécessaires au fonctionnement des services des Trésors en Côte d’Ivoire.
Art 16 : Dès notification de l’entrée en application des titres II à IV de la présente convention, les deux gouvernements arrêtent d’un commun accord, et pour une durée de deux ans, par nature et par catégorie d’emplois, les effectifs de fonctionnaires français nécessaires au bon fonctionnement du service du trésor de la République de Côte d’Ivoire. Le gouvernement français met à la disposition du gouvernement de la Côte d’Ivoire les effectifs en question, dans la mesure toutefois où il lui est possible de les prélever sur ses propres disponibilités. Dans le cas où le gouvernement français ne pourrait, faute de disponibilités suffisantes, fournies au gouvernement de la Côte d’Ivoire toute l’assistance en personnel reconnue nécessaire, le gouvernement français s’engage à rechercher avec le gouvernement de la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’article 17 ci-dessous, les moyens de remédier à cette situation.
Art 17 : Le gouvernement français se déclare prêt à apporter au gouvernement de la Côte d’Ivoire tout le concours que souhaiterait ce dernier en matière de formation professionnelle ou de perfectionnement professionnel des agents du service du trésor de la République de Côte d’Ivoire. Les modalités d’application du présent article feront l’objet d’accords particuliers.
Art 18 : En vue de pourvoir aux emplois prévus à l’article 16 ci-dessus, le gouvernement français soumet à celui de la Côte d’ivoire la liste, par catégorie, grade et classe, des personnels qu’il envisage de détacher auprès de lui ou de mettre à sa disposition. A partir de la réception de cette liste, le gouvernement de la Côte d’Ivoire dispose d’un délai de deux mois pour faire connaître les candidats qu’il agrée et ceux qu’il refuse. Passé ce délai, le gouvernement français reprend la libre disposition du personnel non admis. Dès réception de l’agrément, le gouvernement français prend toutes dispositions pour l’acheminent des fonctionnaires agrées.
© Source Trésor Ivoirien(Lu dans sur IvoireBusiness Le 16 février 2011)
Exportation du «cacao ivoirien de la guerre» – Ça rapporte au moins cent milliards de Fcfa au Burkina et à Ouattara
La situation de crise qui prévaut depuis 2002 en Côte d’Ivoire, profite énormément à des pays voisins comme le Burkina Faso. Ce dernier bien que ne possédant aucun champ de cacao considérable sur son sol, est devenu exportateur de cacao. Selon une source proche du Conseil de gestion de la filière café et cacao (Cgfcc), «les sorties frauduleuses du cacao ivoirien par les frontières Nord du pays tournent autour de 100 mille tonnes dont le gros bénéficiaire est le Burkina Faso». Avec la connexion de ce pays les mouvements rebelles, achètent le cacao à vil prix dans les zones sous leur contrôle notamment Vavoua, Bangolo avant de le convoyer par des convois de remorques vers «des ports secs» au Burkina Faso. « D’où les négociants véreux dont des pontes du Rdr dont Adama Bictogo procèdent à un conditionnement dans des entrepôts burkinabé d’Armajaro, entreprise appartenant à Loic Folloroux, fils de Madame Dominique Ouattara. Avant d’être acheminé sur les ports de Lomé au Togo et de Monorovia au Liberia, nous dit-on». Ces dernières années, le Togo dont les plantations de cacaoyers ont été détruites par le Swollen shoot, il y a plusieurs dizaines d’années, enregistre une hausse de sa production de cacao d’environ 40 à 45 mille tonnes de fèves de cacao. Où il produisait environ 10 à 15 mille tonnes par an, avant l’éclatement de la crise du 19 septembre 2002. Par ailleurs, les dernières informations font état de l’enregistrement de 150 remorques de cacao au port de Monrovia, capitale du Liberia. Rien que sur la base de 100 mille tonnes de cacao à placer sur le marché mondial actuellement, au cours de 1700Fcfa le kg, cela fait au moins 170 milliards de Fcfa qui profitent principalement au Burkina Faso et au clan Alassane Ouattara. «C’est bien là du cacao de la guerre qui se retrouve dans le chocolat consommé par les enfants des pays membres de l’Union européenne si prompte à prendre des sanctions contre la Côte d’Ivoire. L’Ue le sait très bien depuis que le Burkina qui ne produit pas de cacao est devenu exportateur. Mais elle refuse de prendre des sanctions contre ce pays. » Nous apprend un membre influent du Cgfcc. En clair, on comprend pourquoi Alassane Ouattara et ses soutiens demandent à l’Ue de mettre l’embargo sur l’exportation du cacao ivoirien via les ports de San Pedro et d’Abidjan. Heureusement, pour la Côte d’Ivoire, ils n’ont pas été suivis.
Elysée Koffi (Le Temps)
Comment Gbagbo veut contourner l`asphyxie financière
Ses réseaux et ses soutiens à l’extérieur
L’actuelle crise post-électorale ivoirienne a largement dépassé le cadre du simple contentieux électoral. Depuis quelque temps, cette crise est allée au-delà d’une simple crise politico-diplomatique pour atteindre les sommets de la guerre financière et économique. Pour preuves, désormais, à la demande de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) lors de sa session des 22 et 23 janvier derniers, seule la signature du Dr Alassane Dramane Ouattara, déclaré vainqueur du 2nd tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire par la Commission Électorale Indépendante (CEI) et reconnu comme tel par une grande partie de la Communauté internationale, est prise en compte dans l’espace l’UEMOA, via sa structure bancaire sous-régionale, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Et ce, pour les opérations financières concernant l’État de Côte d’Ivoire. Pour mieux accentuer le blocus financier autour du camp Gbagbo, au pouvoir à Abidjan, l’Union Européenne (UE) a décrété des sanctions économiques contre la Côte d’Ivoire, frappant un certain nombre de produits d’exportation essentiels à son économie. Le gel des avoirs financiers du président Gbagbo et de certains de ses proches, aux USA et dans l’espace UE, est effectif depuis quelque temps. L’objectif visé et affiché de tous ces goulots d’étranglement posés sur les chemins du camp Gbagbo, qui détient la réalité du pouvoir à Abidjan, est de l’asphyxier financièrement et économiquement pour qu’il «tombe comme un fruit pourri», dixit Alassane Ouattara . Face à cette stratégie d’asphyxie financière le président Laurent Gbagbo, a décidé de ne pas rester les bras croisés, et attendre qu’il soit asphyxié aussi simplement. Depuis quelque temps en effet, via ses financiers du gouvernement Aké N’gbo, il a commencé à contourner subtilement «l’embargo économique»,. Selon le bimensuel panafricain »La Lettre du Continent », dans sa dernière livraison n°605 du 10 février 2011, le ministre délégué au Budget auprès du ministre de l’Économie et des Finances, M. Justin Koné Katinan, se serait rendu à Luanda, en Angola, pays allié du camp Gbagbo, pour négocier un prêt de plus de «200 millions de dollars», soit près de 100 milliards FCFA, pour le paiement du salaire des fonctionnaires de l’État de Côte d’Ivoire pour le mois de février. Même si du côté du ministère délégué au Budget, on marque une grande surprise face à l’information relative à ce voyage en Angola, il est cependant évident que l’axe Abidjan-Luanda reste un lévier sûr pour Laurent Gbagbo, dans ce combat contre « l’embargo économique », vu les liens de solide amitié qu’il entretient avec le président Eduardo Dos Santos. En outre, pour casser l’étau international, une autre mission, celle-là en Afrique du Sud, a été effectuée par certains barons du Trésor public ivoirien. Cette information a été confirmée par la dernière livraison de »La Lettre du Continent » qui avance que le Trésorier Payeur Général de l’État de Côte d’Ivoire et le Directeur de la Dette Publique ivoirienne étaient bel et bien à Pretoria, en Afrique du Sud, «pour étudier la possibilité d’ouvrir un compte destiné aux opérations extérieures de l’État ivoirien via la South African Reserve Bank». Autant dire que le temps de la BCEAO est vraiment révolu pour le camp Laurent Gbagbo, qui sait qu’il ne peut plus compter sur l’union monétaire, et prospecte d’autres voies notamment celle de la banque centrale sud-africaine pour que l’Afrique du Sud serve de «relais» aux opérations économiques et financières extérieures de la Côte d’Ivoire. Mais ce n’est pas seulement qu’au niveau économique et financier que le président Gbagbo mène la bataille du contournement de la communauté internationale. Au niveau des produits d’exportation, notamment le cacao, le régime Gbagbo veut aussi allégrement éviter le bloc occidental, et surtout les directions UE et USA. En effet, ce qui reste du cacao ivoirien, au titre de la campagne 2010-2011, au lieu de prendre les directions habituelles des ports occidentaux, va être livré à des traders asiatiques en embuscade et qui n’attendent que de voir la mainmise occidentale baisser à travers les produits d’exportations ivoiriens, notamment le cacao dont elle est le premier producteur mondial. Du coup, si cette menace était mise à exécution, en plus de la cessation d’activités des grandes structures d’exportation d’obédience occidentale telles que Cargill, ADM Cocoa, Armajaro et autres, tous les grands traders européens et américains vont sortir perdant dans l’opération. A coup sûr, la bataille économique et financière entre les camps Gbagbo et Ouattara est devenue multiforme. Toujours selon »La Lettre du Continent », le camp Gbagbo a décidé aussi de régler ses problèmes de coupures et de liquidités par le contournement. La piste argentine serait privilégiée pour fabriquer dorénavant les petites coupures de billets de banque. Ainsi donc, à défaut de la Monnaie Ivoirienne pour la Résistance (MIR) qui a fait beaucoup de bruits, le franc CFA va reprendre de plus belle ses activités à Abidjan. On attend de voir comment ces mesures de contournement seront concrètement appliquées.
JMK AHOUSSOU(L’Inter)
Augmentation de salaires en Côte d’Ivoire
Des salaires seront augmentés
A la rentrée budgétaire 2011, le mercredi dernier 9 février, le Gouvernement Aké N`Gbo a proné le développement de la Côte d`Ivoire avec des ressources propres.
« Il est dit de la Côte d`Ivoire qu`elle est un Pays pauvre très endetté, en abrégé Ppte, mais je dis que le monde entier doit retenir qu`elle est un Ppta, entendez Petit pays très ambitieux. Telle est la foi du Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Aké N`Gbo. Tout le Gouvernement de Côte d`Ivoire partage cette foi qu`elle professe dans ce budget 2011 ». C`est avec ce message solennel que Justin Katinan Koné, ministre délégué auprès du ministre de l`Économie et des Finances chargé du Budget, a introduit la rentrée budgétaire 2011, le mercredi 9 février 2011 en présence des agents économiques du privé et du public, à l`auditorium de la Caistab au Plateau. Au nom du ministre de l`Économie et des Finances, Katinan Koné a rassuré tout le monde sur la situation actuelle de la Côte d`Ivoire. « La Côte d`Ivoire n`est pas le premier pays qui connaît ce type de situation et elle n`est pas à sa première expérience », a-t-il déclaré. Rappelant qu`avant la Côte d`Ivoire, le Liban, la France, l`Afrique du Sud, etc., « ont dû combattre pour obtenir plus de souveraineté ». Aussi, pour ce combat, le budget 2011 donne-t-il le ton. Pour cette année, le budget s`établit en recettes et en dépenses à 2907,3 milliards de francs Cfa et est légèrement en hausse de 0,4% par rapport au budget 2010 (2897,0 milliards de francs Cfa). Selon les explications des premiers responsables des régies financières de l`État (M. Kessé Feh des Impôts, Mme Djédjé Mama de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique / Dgtcp, Colonel-major Alphonse Mangly de la Direction générale des Douanes et M. Pokou Abo Guillaume de la Direction générale du Budget et des Finances / Dgbf), le budget 2011 est caractérisé par plusieurs réformes. Ainsi, au niveau fiscal, malgré un environnement socio-politique délétère, on accorde beaucoup d`importance à l`impact des mesures fiscales nouvelles de l`annexe fiscale 2011. Selon le Directeur général des Impôts, « certaines mesures, en particulier en matière de Tva (ndlr : taxe sur la valeur ajoutée), auront un effet négatif sur les recettes de 2011 : extension du droit de déduction, réduction du taux de Tva sur les activités hôtelières et de tourisme ». Parallèlement, des nouveaux impôts sont créés. Il s`agit notamment de l`institution d`une taxe sur les télécommunications et de l`institution d`une autre sur le caoutchouc granulé. Sans oublier que la taxe relative à la contribution de sortie de crise est reconduite pour 2011. Évoquant les recettes 2010 de la Dgtcp, Mme Djédjé Mama a révélé que les objectifs n`ont pas été atteints aussi bien pour les recettes fiscales que pour les non fiscales. C`est le contraire des emprunts sur les marchés monétaire et financier qui ont engrangé 677,9 milliards de francs Cfa grâce essentiellement aux émissions de bons du trésor à très courte durée. Représentant 24% du budget, cette entrée de ressources est pourtant assujettie directement à la crise post-électorale.
D`où l`inquiétude de la Dgtcp qui a affirmé ne pas savoir « si la situation du pays pourra permettre que l`objectif (2011) soit atteint ».
Les priorités 2011
Pour 2011, en plus des recettes à réaliser, le trésor a décidé de s`attaquer à l`institution d`impôts parallèles par des ministères. Au titre de la Dgbf, il faut retenir que les priorités du budget 2011 sont la poursuite de la normalisation de la situation socio-politique; la gestion de la salubrité urbaine; le renforcement de la politique d`insertion des jeunes dans le tissu économique; l`entretien routier; la poursuite des actions de lutte contre la pauvreté; le développement des infrastructures économiques de base. Selon les explications de la Dgbf, la hausse sensible du budget se justifie par le niveau important de remboursement des titres publics et des charges salariales. En effet, la masse salariale 2011 se répartit entre les mesures acquises (798,2 milliards de francs Cfa) et les mesures nouvelles (84 milliards de francs Cfa). Les mesures nouvelles prenant en compte l`impact des mesures de revalorisations salariales entrant en vigueur en 2011 et l`incidence financière des recrutements et des changements de situations administratives. « Ce ne sont pas tous les fonctionnaires qui sont concernés. Ce sont les nouveaux fonctionnaires, les techniciens supérieurs et les ingénieurs, les secrétaires, les greffiers, les greffiers en chef, les fonctionnaires du corps diplomatique et les fonctionnaires qui n`ont pas de statut particulier», a précisé, en substance, le ministre du Budget. Et de souligner que pour la plupart, ces fonctionnaires ne verront des changements sur leurs salaires qu`à partir de juillet 2011. Intervenant sur son département, le Colonel-major Alphonse Mangly a révélé que les recettes douanières 2010 s`élèvent à 938,58 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 18,2% par rapport à 2009 (793,84%). Pour 2011, bien que 904,00 milliards de francs Cfa sont attendus comme recettes douanières, le patron de la Dgd compte enregistrer les 1000 milliards de recettes. Aux différents acteurs du budget 2011, le ministre Katinan Koné a exhorté au respect des réformes pour le bonheur des populations ivoiriennes même si « la tâche ne sera pas facile ».
Avec Soir Info
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