Voici la partie 2 (d’une série de trois) du « Kit de démarrage du Parfait Muntu » concernant l’absence de leadership chez les Bantu au profit de la généralisation du narcissisme dans l’exercice du pouvoir. Ce kit permet à l’aspirant Muntu d’avoir une introduction à la Conscience Historique qui lui permettra de s’arracher de l’emprise de sa Conscience Nègre héritée du contact millénaire avec les Eurasiatiques.
Politique en Côte d'Ivoire: Un aperçu des enjeux actuels et des perspectives d'avenir
La Côte d'Ivoire, pays situé en Afrique de l'Ouest, est depuis longtemps un acteur clé de la politique régionale. Après des années de turbulence politique et de crises, le pays a progressivement renforcé ses institutions démocratiques et s'est engagé sur la voie du développement. Cet article explore les enjeux actuels de la politique en Côte d'Ivoire ainsi que les perspectives d'avenir pour le pays.
Stabilité politique et réconciliation nationale: Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès significatifs en termes de stabilité politique et de réconciliation nationale. Le gouvernement ivoirien s'est engagé dans des réformes pour renforcer les institutions démocratiques et promouvoir la participation citoyenne. Des initiatives de réconciliation, telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, ont contribué à apaiser les tensions et à favoriser l'unité nationale.
Économie et développement: La Côte d'Ivoire est l'une des économies les plus dynamiques de la région. Grâce à sa riche diversité économique, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'industrie, le pays a attiré des investissements étrangers et connaît une croissance soutenue. La politique économique axée sur les réformes structurelles et l'amélioration du climat des affaires a permis à la Côte d'Ivoire de diversifier son économie et de stimuler la création d'emplois.
Défis et enjeux: Malgré les progrès réalisés, la politique en Côte d'Ivoire doit encore relever plusieurs défis. La consolidation de la démocratie et la garantie des droits de l'homme restent des priorités. Le pays doit également faire face à des questions telles que la corruption, l'inégalité socio-économique et l'accès limité aux services de base pour une partie de la population. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l'État de droit et promouvoir la transparence dans la gouvernance.
Perspectives d'avenir: La Côte d'Ivoire a un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur sur la scène régionale et internationale. Les réformes en cours dans les secteurs clés tels que l'éducation, la santé et l'infrastructure renforcent les fondations du pays pour une croissance durable. De plus, la Côte d'Ivoire joue un rôle actif dans les initiatives régionales et continentales, ce qui renforce sa position en tant que leader politique en Afrique de l'Ouest.
En conclusion, la politique en Côte d'Ivoire a connu des avancées significatives ces dernières années, marquées par la stabilité politique et les réformes démocratiques. Malgré les défis persistants, le pays continue de progresser vers un avenir prometteur. La Côte d'Ivoire a la possibilité de consolider sa démocratie, de promouvoir le développement économique inclusif et de jouer un rôle de de premier plan sur la scène régionale. En investissant dans les institutions, en luttant contre la corruption et en favorisant la réconciliation nationale, le pays peut renforcer son positionnement politique et attirer davantage d'investissements pour le bien-être de sa population.
Koné Katinan: « La libération du Président Laurent Gbagbo est une exigence qui s’impose à la Côte d’Ivoire »
Auteur d’un livre sur les rapports entre l’Afrique et l’Occident, Justin Koné Katinan, porte-parole de Laurent Gbagbo s’est prononcé sur plusieurs sujets de l’actualité ivoirienne, au cours d’un entretien réalisé via internet le vendredi 22 novembre 2013
« Côte d’Ivoire : l’audace de la rupture ». Pourquoi ce titre ? Et qu’est ce qui a motivé sa rédaction ?
Le titre de ce livre en résume le contenu. Il traduit mon état d’esprit et ma conviction que notre continent a emprunté le mauvais chemin, et qu’il faudra de l’audace pour opérer un revirement qui ne peut s’obtenir que par la rupture avec un certains nombres de liens à la fois historiques et sociologiques. Ces liens sont également à la fois exogènes et endogènes.
Ecrire c’est transmettre une idée au public pour que l’opinion publique la critique et la bonifie, pour en tirer finalement une énergie positive qui puisse faire évoluer un tant soit peu notre humanité. J’ai été pendant quatre mois dans un gouvernement qui a été confronté aux pires difficultés. J’ai pu découvrir les innombrables serres qui étouffent notre continent.
L’intervention de l’Otan en Côte d’Ivoire et en Lybie ne peut laisser les Africains indifférents. J’ai voulu attirer l’attention des Africains sur le fait que rien n’a changé dans les rapports de l’Afrique avec les anciennes puissances à la fois esclavagiste et colonialistes. Seule la thématique change, mais l’objectif est le même. Maintenir ce continent sous domination constante. Mais tout se passe comme si l’Afrique se complaisait dans cette situation de domination. Certains de nos dirigeants continuent de cultiver l’illusion du Blanc gentil, tant que cette illusion leur permet de conquérir ou de conserver le pouvoir d’Etat.
En somme, l’idée essentielle de ce livre est que l’Afrique a tout le génie pour inventer son propre schéma de développement. Le schéma actuel n’est qu’une adaptation de l’esclavage, lui-même mué plus tôt en colonisation, elle-aussi transformée en des pseudos indépendances. Mais pour arriver à imposer son propre schéma l’Afrique doit se munir d’une grande audace.
Vous abordez notamment la question des relations entre l’Afrique et l’Occident, notamment la France.Pensez-vous qu’une rupture totale avec l’ex-colonisateur peut être bénéfique aux Etats africains ?
Pour mieux comprendre la logique de rupture que je propose, il faut se référer à la dialectique de la naissance et de la vie d’une personne. Le fœtus est nourri par la mère qui le porte par le canal du cordon ombilical. Pendant cette période, deux êtres biologiquement différents forment un tout indissociable. Mais dès que l’enfant a atteint une maturité qui lui permet de sortir du ventre de sa mère, il manifeste le désir de s’affranchir de la tutelle ombilicale par les douleurs de l’enfantement que ressent la mère. Dès que l’enfant sort du ventre, le cordon ombilical est coupé. Une autre forme de rapports unit l’enfant à sa mère.
L’enfant est nourri non plus par le canal du cordon ombilical, mais par le sein maternel. Puis l’enfant est sevré. Un autre type de rapport s’établit entre l’enfant et sa mère. Chaque étape correspond à un stade de maturation de l’enfant jusqu’à ce qu’il devienne totalement indépendant et fonde lui-même un autre centre d’interactions avec d’autres personnes. Dans son cheminement, l’enfant opère chaque fois une rupture sans pour autant remettre en cause ou mépriser les liens historiques et sociaux qui l’unissent à sa mère.
L’exemple de l’évolution de l’enfant par rapport à sa mère signifie tout simplement que l’autonomie, juridiquement et politiquement traduite par la souveraineté, relève du naturel de chaque être vivant. Est insensée la mère qui veut continuer de nourrir son enfant déjà né par le cordon ombilical. Elle est encore insensée celle qui veut continuer de donner son sein à son enfant adulte. C’est même immoral. N’est pas plus sensé, l’adulte qui veut continuer de se nourrir par le canal du cordon ombilical de sa mère. Ce qui vaut pour l’Homme le vaut a fortiori pour un pays.
L’Afrique est différente de l’Europe, de l’Amérique, de l’Asie et de l’Océanie. Nous sommes tous en compétition, et il est illusoire de croire que dans cette compétition, l’un des acteurs est magnanime. La différence se fera à partir du génie, du talent mais surtout de la volonté d’action, elle-même se nourrissant en permanence de l’audace. De toute l’Evangile de Jésus Christ, j’aime particulièrement celui des talents. On arrachera à celui qui n’a pas pu le fructifier, son unique talent, pour le donner à celui qui en a déjà dix. Le Bon Dieu lui-même, nous met en compétition, alors qu’attendons-nous de la magnanimité des autres acteurs. Il n’y a de différence que d’approche entre Le Royaume, puis l’Empire, et la République en ce qui concerne les rapports de la France avec le Continent Noir. De ce point de vu François Hollande perpétue la logique de Louis XIV, Napoléon, De Gaule. Eux tous travaillent pour la grandeur exclusive de la France. C’est à nous de le savoir.
Quel regard portez-vous sur les conflits liés à la terre, récurrents dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ainsi que des lois récemment votées au Parlement ?
La question foncière est l’une des questions sur lesquelles, la Côte d’Ivoire doit opérer une profonde rupture. Pour simplifier les choses, il faut les présenter telles quelles sont. Les colons sont arrivés et ont déclaré que les terres occupées de façon continue par les Africains depuis des temps immémoriaux, étaient devenues subitement sans maître, et que de ce fait, elles leur appartenaient. C’est bien logique. Les colons n’ont pas traversé monts, mers et océans pour faire du pique-nique en Afrique. Ils étaient porteurs d’une pensée philosophique et économique et ils ont conçu à cet effet un droit circonstancié.
La Côte d’Ivoire devient Indépendante, et l’Etat met ses pas dans ceux du colon. Or s’il y a une question pour laquelle nul ne peut se renier, c’est bien la question de la terre. Il y a une telle interaction entre l’Homme et la terre surtout en Afrique qu’il est illusoire de croire que l’on peut effacer toute l’histoire du droit foncier coutumier par une législation du reste ésotérique. La Côte d’Ivoire indépendante qui perpétue l’immatriculation comme l’unique moyen d’accès à la propriété foncière fait dans la provocation comme naguère l’a fait l’administration coloniale.
L’immatriculation inventée en Australie par le Colon Britannique y a prospéré, parce que là-bas, le Colon a pris soins de liquider physiquement toutes les populations autochtones. Les rescapés ont été parqués dans des réserves pour assouvir la curiosité des touristes. Ayant disloqué tout l’ordre social, le colon britannique a anéanti tout le droit qui soutenait cet ordre social. Ainsi, il a été loisible pour lui de dérouler son plan d’accaparement des terres selon une législation taillée sur mesure. En Afrique, la Colonisation a certes éprouvé la société africaine, mais elle ne l’a pas totalement détruite. Cette société a survécu avec son droit, notamment le droit foncier.
Dès lors, l’immatriculation qui est méconnue en métropole va être combattue de façon continue par les populations africaines dans les colonies, parce qu’elle repose sur une aberration pour ces populations. Il s’agit de La notion de mise en valeur. Pour des populations qui pratiquent la jachère pour renouveler la fertilité de leur sol, la notion de mise en valeur ne signifie absolument rien. Il est également saugrenu de penser que la plus petite portion de terre dans la brousse la plus reculée est sans maitre. Le penser, c’est remettre en cause l’existence même de l’Afrique en tant qu’entité humaine ayant sa propre Histoire. La notion de mise en valeur est le poison qui envenime les rapports sociaux entre les acteurs économiques du monde rural dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, centre de convergence de tous les intérêts économiques, conformément à la structure économique conservée mutatis mutandis depuis la période coloniale.
Les conflits fonciers à l’ouest n’ont rien d’ethnique comme l’on veut le faire croire. Il s’agit d’une variante de conflit des classes entre le propriétaire terrien qui détient le capital, et celui qui détient la force du travail et qui « met en valeur » la terre. Ce conflit est violent parce qu’il est nourri par la faiblesse et de l’Etat et du droit et par la manipulation à des fins politiques des concepts dangereux tel la prétendue paresse des populations autochtones de cette zone.
Je rappelle que le Ministre Koffi Koffi Lazare écrit dans son livre : « La France contre la Côte d’Ivoire, à l’origine, la guerre contre le Sanwi, (1843-1940) », que le colon avait jeté le même anathème de paresseux sur le grand peuple sanwi, dans les premières heures de la culture du cacao. C’est du respect de l’équilibre des intérêts des deux classes que reposera la paix sociale dans la zone de l’ouest. L’on a voulu, pour des raisons économiques et même politiques, nier aux populations autochtones, les droits inaliénables qu’ils ont sur leurs terres depuis l’aube des temps, du fait de la coutume.
Rendre propriétaires fonciers des personnes étrangères à cette zone par le seul et unique fait qu’elles ont mis en valeur des portions de terres relève d’une hérésie juridique dont les conséquences sont graves pour la cohésion sociale. Les règles coutumières de constitution, de gestion et de dévolution des droits fonciers sont identiques d’une sphère culturelle à une autre en Côte d’Ivoire. Ces règles sont connues de tous. Mais à l’ouest l’on a voulu appliquer d’autres règles taillées sur mesures.
Je remarque que contrairement à ce qu’il avait annoncé à la trompette, le Chef de l’Etat, n’a finalement opéré aucune réforme sur la loi de 98-750 du 23 décembre 1998 relative au foncier rural. Peut-être a-t-il atteint les résultats poursuivis en passant par le détour de la nationalité. Dans tous les cas, cette Loi ayant été jugée bonne par ses maîtres à penser, il y avait très peu de raisons qu’il la changeât. Un livre est déjà en chantier sur la question foncière parce que les terres africaines se retrouveront bientôt au centre de convoitises violentes. Les OGM américains refoulés en Europe cherchent des terres arables en Afrique. Quand l’ONU applaudit une réforme en Afrique, mieux vaut écarquiller les yeux pour ne pas avoir des mauvaises surprises.
Sur le plan politique, hier méconnu, vous êtes aujourd’hui l’une des figures de proue du bloc pro-Gbagbo. Quelles sont vos relations le FPI ainsi que ses dirigeants bien que vous soyez de ce parti aussi ?
Je suis un militant indécrottable du FPI. En tant que militant de ce parti, je n’ai pas besoin d’avoir des relations particulières avec les dirigeants de mon parti en dehors de celles que doit avoir n’importe lequel des militants. Ceci dit, tous ceux qui dirigent le parti aujourd’hui sont en quelque sorte mes maîtres auprès de qui je continue de faire mes classes. Il ne faut même pas songer à dissocier Katinan du FPI. C’est un exercice qui ne peut prospérer.
Que répondez-vous à ceux qui disent aux proches de l’ancien-président : « Gbagbo, c’est fini, il faut tourner la page » ?
L’Etat actuel de la Côte d’Ivoire leur donne la réponse. On ne cache pas le soleil avec la main. En politique comme ailleurs, la mauvaise foi a ses limites. Si des personnes avaient bâti leur stratégie sur cette idée, il est temps qu’elles révisent leur position. La Côte d’Ivoire est dans l’impasse parce que GBAGBO est en prison. Mêmes les négateurs les plus résolus des évidences en sont revenus à la réalité. J’avais prévenu les promoteurs de l’idée de l’incarcération du Président Laurent GBAGBO, qu’ils enfermeraient toute la Côte d’Ivoire avec GBAGBO en prison. Peu- être qu’ils m’avaient trouvé trop jeune pour leur donner des conseils. Mais aujourd’hui, l’entreprise d’exclusion de cet Homme exceptionnel de la vie politique en Côte d’Ivoire tourne en eau de boudin. L’histoire de Laurent GBAGBO se confond avec celle de La Côte d’Ivoire indépendante. On ne tourne pas aussi facilement une telle histoire, même lorsque la haine nous fait perdre parfois le bon sens.
Croyez-vous en une libération de Laurent Gbagbo ?
Ce n’est pas une question de croire ou de ne pas croire, c’est une exigence. Les exigences s’imposent d’elles-mêmes à nos émotions et à nos convictions. La libération du Président Laurent Gbagbo est une exigence qui s’impose à la Côte d’Ivoire. La survie de la nation en dépend.
De plus en plus de personnalités proches de l’ancien pouvoir semblent disposées à rentrer en Côte d’Ivoire. Pensez-vous mettre prochainement fin à votre exil ?
C’est une question personnelle que chacun des exilés se pose en fonctions de ses propres considérations. Moi je ne suis pas encore au stade de cette question. Toute mon attention et toute mon énergie se focalisent en ce moment sur la mission qu’a bien voulu me confier le Président Laurent Gbagbo. Là où je suis me permet de remplir cette mission. Je n’en demande pas mieux. Je ne crois pas non plus que les autorités ivoiriennes sont prêtes à créer les conditions de mon retour. Donc j’attends.
Que pensez-vous de la récente augmentation du Budget opérée par le gouvernement Ouattara ?
Demandez aux Ivoiriens s’ils ont senti une différence dans leurs angoisses financières suite à l’augmentation de ce budget. C’est pour eux que le budget est arrêté chaque année. En effet, le budget établit chaque année la répartition des ressources financières de l’Etat entre les différentes composantes de la société. C’est la portée sociale de tout budget. Si les Ivoiriens n’ont pas senti une amélioration de leur quotidien avec l’augmentation du budget, alors cette augmentation est un non évènement.
Au Ghana, vous avez été au centre d’une longue procédure judicaire. Où en sont les poursuites contre vous en Côte d’Ivoire ?
La Justice Ghanéenne a jugé que les poursuites engagées par l’Etat Ivoirien contre moi avaient des motifs politiques. Malgré cela, à ce que je sache, l’Etat ivoirien n’a pas renoncé à me poursuivre, puisque le mandat d’arrêt rendu inapplicable par la décision de Justice ghanéenne, n’a pas pour autant été annulé. C’est pourquoi, je m’interrogeais tantôt, si les autorités de mon pays sont disposées à accepter mon retour dans mon pays. Dans tous les cas, la question des exilés à mon avis est une question politique qui doit être réglée politiquement pour l’ensemble des exilés et non au cas par cas. Je n’ai jamais été adepte des solutions personnalisées.
ABRAHAM KOUASSI – L’Inter
Cécile Fakhoury soutient que la Côte d’Ivoire peut se réconcilier par l’art
Cécile Fakhoury, galeriste et belle-fille de l’architecte de la basilique de Yamoussoukro est une vraie nietzschéenne dans l’âme qui pense que l’art porte en soi des vertus normatives. Lors de notre rencontre, le mois dernier, à Londres, à la faveur de la première foire d’art contemporain africain, l’ivoiro-française nous a confié, avec foi et ferveur, que la Côte d’Ivoire peut se réconcilier par l’art. Interview
IvoireDiaspo : Pourquoi avoir choisi d’exposer à Londres?
Cécile Fakhoury : Je n’ai pas choisi Londres. J’y suis, parce que j’ai été invitée à cette foire d’Art Contemporain. En fait, c’est cet évènement à Londres qui a fait que je me suis déplacée à Londres avec la galerie et les artistes. Et je pense que Londres est un bon choix de grande ville pour cette première édition de la Foire de l’art contemporain africain, parce qu’on n’aurait pas du tout eu le même résultat, le même public ailleurs, dans une autre grande ville d’Europe, si on pense à Paris entre autres. Londres a été une ville intéressante dans tous les domaines par rapport à la première édition de cette foire.
Comment se portent tes artistes sur cette scène londonienne ?
Quand j’ai été contactée pour exposer dans cette foire, j’ai trouvé que c’était un beau projet et je me suis sentie concernée même si j’avais des doutes, parce que je représente une scène francophone avec des artistes francophones et dont les collectionneurs à l’étranger, en dehors de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique sont en général des francophones, basés en Belgique et en France. Londres, c’est un marché que je ne connais pas. Je n’étais jamais venu à Londres en tant que Galerie. J’ai donc eu une vraie appréhension, parce que mes artistes ne sont pas connus ici, à part Aboudia qui a une belle place sur la scène londonienne, parce qu’il est représenté par Jack Bell qui fait un très bon travail pour lui. Ainsi, à part Aboudia aucun de mes artistes n’est connu à Londres. Cependant, nous avons très bien travaillé et le public était ravi de découvrir ces artistes qu’il ne connaissait pas. En fait, c’était de vraies découvertes pour eux, alors que ce sont des artistes qui ont déjà une carrière, des expositions. En revanche, nous avons très bien vendu. Ce qui augure que mes artistes auront une belle résonnance ici, parce qu’une exposition de l’envergure de cette foire de Londres permet d’ouvrir une vitrine aux artistes. La machine est donc en route.
Pour parler personnellement de toi, tu t’es spécialisée dans l’art contemporain alors que tu as été nourrie à la sève de l’art moderne par tes parents. Qu’est-ce qui a motivé ton choix pour l’art contemporain ?
Il est vrai que mes parents ont une galerie d’art moderne et j’ai toujours été baignée dedans, j’ai fait les musées, les ateliers, les ventes aux enchères et étant gamine, il est vrai que je me suis vite intéressée à la chose. A 15 ans, J’ai commencé à me déplacer seule, à aller voir des expositions seule. Mais, j’ai découvert l’art contemporain par le biais de mes parents, puisque c’est au cours de nos visites dans des musées avec eux pour voir des expositions d’art moderne que j’ai découvert ma fascination pour l’art contemporain qui est un peu la continuité de l’art moderne. Cela, parce que les artistes de l’art contemporain parlent de mon époque, et j’ai envie de comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Ce que j’aime bien, c’est l’actualité, c’est le propos, c’est être dans notre temps.
Comment définis tu l’art contemporain Africain ?
L’art contemporain africain, c’est un terme qui est compliqué mais c’est une scène, une géographie. Personnellement, je pense que c’est encore comme cela mais bientôt cette scène sera intégrée à l’art contemporain mondial.
Ton choix d’installer ta première galerie à Abidjan cache-t-il une motivation économique ou est-ce un pur choix artistique ?
Abidjan est un choix multiple. En fait, ce n’est pas un choix en soi car à la base, j’ai suivi mon époux qui s’y est installé pour des raisons professionnelles et comme j’étais dans le domaine de l’art en France, je n’avais pas envie de changer de métier en m’installant en Côte d’Ivoire. Toutefois, le choix d’ouvrir une galerie n’était pas la première option. J’ai réfléchit aux possibilités d’ouvrir un atelier d’artistes, une résidence, une fondation, une maison de vente. En revanche, si j’ai choisi d’ouvrir une galerie en Côte d’Ivoire, c’est parce que je suis sûre que le pays a les épaules, la possibilité d’accueillir un marché de l’art dans un futur très proche, parce que maintenant, c’est le début, le développement mais dans quelques temps, je suis absolument certaine que la Côte d’Ivoire peut être moteur d’un marché africain.
J’aime ton optimisme et je veux bien te croire mais nous savons que l’art est en général porté par la classe moyenne. Cette classe moyenne existe-t-elle en Côte d’Ivoire ?
Elle se développe. Je le vois tous les jours à travers les personnes qui franchissent la porte de la galerie. Ce sont des personnes qui commencent à gagner leur vie, qui ont envie de s’intéresser à la culture, parce qu’ils savent qu’on ne peut pas vivre sans culture. Après chacun a son échelle mais nous convenons tous que la culture est importante pour l’histoire d’un pays. Même si en temps de crises sociopolitiques la population a d’autres priorités que la culture, on y revient toujours, parce qu’un pays ne peut pas vivre sans culture.
Parlant de l’art contemporain d’Afrique, plusieurs galeristes africains me disent qu’il est plus aisé de vendre la sculpture et la peinture que de vendre la photo. Qu’en penses-tu toi qui as plusieurs artistes photographes dans ton écurie
Je ne partage pas cet avis. Je vends beaucoup de photos sur le continent africain mais pas la photo classique, argentique noir et blanc qu’on connait. J’ai par exemple Paul Sika et Nestor Da qui ne sont pas des photographes classiques tels qu’on les connaît sur le continent africain à l’image de Seydou Kéita. Ce sont des artistes contemporains qui utilisent la photo comme medium et j’en ai vendus et j’en vends en Côte d’Ivoire. Toutefois, il est certain qu’il y a un côté plus facile avec la peinture, parce que c’est ce qu’on connait. On est à l’aise avec car c’est un medium rassurant étant entendu que c’est quelque ’chose qu’on connaît et on est toujours plus à l’aise avec ce qu’on connaît. Mais comme je le disais, la scène est une jeune génération qui est curieuse, qui comprend que la peinture et la photo, ce n’est pas la même chose mais qui sait que la photo est autant intéressante, parce que c’est de l’art de la même manière qu’une sculpture, une peinture et même une vidéo, qui toutefois est encore autre chose mais on y reviendra aussi.
Quel rôle peut jouer l’art contemporain dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui sort de guerre ?
La Côte d’Ivoire, ce n’est pas un pays qui peut être aidé mais qui doit être sauvé par la culture. Il y a là un intérêt énorme pour un peuple comme celui de la Côte d’Ivoire qui est traversé par des tensions qui sont en fait des tensions de communication, des incompréhensions. Et les artistes sont là pour nous montrer d’autres fenêtres de vision. Ils proposent une autre lecture du monde mais à l’évidence qu’il faille savoir lire, comprendre et appréhender. Et l’art contemporain, c’est aussi se documenter, c’est des textes, c’est plus que regarder pour dire c’est beau ou ce n’est pas beau; ça va avec mon canapé ou non. Quand je parle des artistes qui doivent prendre la parole pour exprimer quelque ’chose, c’est qu’ils ont vraiment quelque ’chose à dire. Ce faisant, il est important de les écouter car ils peuvent aider à porter un pays qui sort de crise.
A ce propos, penses-tu que les politiciens écoutent les artistes ?
Non ! Je mentirais si je disais le contraire. Non, les politiciens n’écoutent pas encore les artistes. On n’y est pas encore mais je vois sur une longue période. A terme, on comprendra. Dans le domaine du tourisme, par exemple, si on veut attirer une nouvelle population, redorer l’image de la ville d’Abidjan, il n’y a pas que les plages et le soleil qui comptent. Un beau musée, une belle galerie etc. ça fait venir des gens. Je ne t’apprends pas qu’Il y a des pays qui ne se développent que sur la culture. C’est quelque ’chose qui est réel. La culture fait bouger les masses.
L’art contemporain est le parent pauvre du système économique des pays africains. Quelles sont tes stratégies pour le promouvoir localement afin d’en faire un art qui nourrisse celui qui le pratique ?
Le but de ma galerie, c’est d’être un lieu ouvert, un lieu fréquenté. Les gens de toutes les couches sociales viennent, s’installent, regardent, parlent, discutent. Mais évidemment, j’ai besoin de collectionneurs, parce que ma galerie est une entité économique, commerciale qui ne vit que de ses ventes. Mais le but d’une galerie, c’est qu’elle vive socialement aussi. Ce faisant, nous avons besoin de toutes sortes de visiteurs. Nous organisons de nombreuses visites scolaires et estudiantines d’un peu partout. Des gosses qui n’ont jamais vu un tableau ; qui ne sont jamais rentrés dans un musée ni dans une galerie. C’est d’ailleurs des moments extraordinaires ! Evidemment, ce ne sont pas des collectionneurs maintenant mais ce pourrait être de futurs collectionneurs. Justement, c’est eux qu’il faut sensibiliser afin de porter haut le drapeau de la culture dans leur pays, comprenant déjà à bas âge l’importance de la culture.
Dans une interview au Magazine AMA, tu disais que « pour que le continent africain puisse se positionner de manière forte sur la scène artistique internationale, il faudrait plus de lieux et d’évènements d’art… ». En référence à cette citation et sachant pertinemment que ce n’est pas à toi seule qu’il revient de développer l’art contemporain en Afrique, je voudrais te poser cette question bien légitime à savoir, comptes-tu ouvrir d’autres galeries dans d’autres pays africains ?
Pourquoi pas ? A terme, ça pourrait être une idée. Mais mon idée, c’est de développer quelque ‘chose de très solide dans mon pays et surtout dans un temps présent et dans un futur proche développer des dynamiques, des ponts, des échanges avec les autres pays africains. J’ai fait des choses avec le Sénégal, le Bénin, le Nigeria. Nous sommes certes des pays non éloignés les uns des autres mais nous ne connaissons pas les travaux les uns des autres. Actuellement, ce qui manque le plus, c’est cette volonté d’échange et de collaboration et c’est ce que je vais essayer de développer en partant d’Abidjan.
Quel bilan fais-tu de ta jeune expérience de galeriste à Abidjan, es-tu satisfaite ?
Je suis satisfaite. Cette foire vient d’ailleurs pour couronner une année et demie de travail, puisque c’est la première fois que nous sortons du continent , qu’on montre nos artistes qui se vendent bien et que les gens sont surpris et heureux de savoir qu’il y a des expositions qui se montent en Afrique et que c’est sérieux. C’est donc un bilan positif.
Interview réalisée par Serge Daniel Atteby
La Côte d’Ivoire de Ouattara devient le seul pays au monde où le salaire minimum est supérieur au salaire moyen
Ceux qui étaient Lycéens , collègiens et étudiants en 1990 l’ont connu en tant que tout premier secrétaire général de la puissante centale syndicale estudiantine la F.E.S.C.I. MARTIAL JOSEPH AHIPEAUD, après un passage éclair au parti tribal de feu le général Gueï Robert a crée son propre parti U.D.L et c’est au nom dudit parti qu’il a pondu un communiqué critique à l’annonce du relèvement du S.M.I.G dévoilé en conseil de ministre par le gouvernement Ouattara.
COMMUNIQUE RELATIF A L’AUGMENTATION DU SMIG ET AUTRES MESURES ECONOMIQUES DU GOUVERNEMENT
Lors de son conseil des ministres du mercredi 20 novembre 2013, le gouvernement ivoirien a annoncé l’augmentation du salaire minimum d’insertion général, de 36000FCFA à 60000FCFA. Les implications de cette décision, surtout dans le contexte économique particulier que connaît de notre pays, imposent à l’UDL de réagir immédiatement. En effet, l’augmentation du SMIG reste, en soi, une décision que nous saluons puisque cela suppose une hausse de plus de 40% du salaire de base devant être désormais payé aux ouvriers. L’UDL s’en félicite.
Cependant, il nous parait important de noter que si l’argent travaille sans circuler, l’augmentation des charges des entreprises est une invite au refus d’emploi de nouvelles personnes. Dans ces conditions, l’UDL dénonce, ici et maintenant, une mesure à effet d’annonce dont les conséquences seront encore plus lourdes, d’une part, pour les jeunes de ce pays en quête de premier emploi, et d’autre part, pour les entreprises qui ont du mal à faire face à la concurrence sous-régionale et internationale.
Dans une approche plus constructive, l’UDL aurait souhaité que le gouvernement propose des mesures d’encouragement pour les entreprises leur permettant d’embaucher de nouveaux travailleurs pour accroitre le bénéfice d’une telle politique sociale. Dans un contexte où les opérateurs économiques font face à une forte pression sur leurs charges fixes, notamment, le coût horaire du travailleur, voire même celui du mètre carré des domaines fonciers industriels, sans oublier celui de l’énergie et autres, il est à craindre que cette dernière mesure n’accélère le dés-emploi, surtout pour les jeunes.
Le pilotage à vue de l’économie nationale ne saurait remplacer une bonne stratégie de développement pour le renforcement de notre compétitivité. La puissante mais silencieuse résistance des industriels du secteur café-cacao face à l’imposition par le gouvernement du Droit Unique de Sortie, pour favoriser les exportateurs de fèves, contre l’intérêt de l’industrie nationale, atteste de l’urgence d’une réorientation politique de la stratégie économique gouvernementale. L’UDL s’étonne que ce soit un gouvernement libéral qui impose autant de charges aux entreprises sans mesures d’accompagnement. Ce n’est certainement par la meilleure voie pour l’émergence en 2020 de notre économie nationale.
Dr Martial Joseph Ahipeaud
Président de l’UDL
Fondateur et 1er Secrétaire Général de la FESCI
MICRO TROTTOIR SUR LA PRESTATION DES ELEPHANTS APRES COTE D’IVOIRE – SENEGAL
BRESIL 2014 MICRO TROTTOIR SUR LA PRESTATION DES ELEPHANTS COTE D’IVOIRE – SENEGAL
Côte d’Ivoire: meurtre d’un journaliste à son domicile
Désiré Gnonsiohoué, nom de plume Désiré Oué, rédacteur en chef du journal ivoirien Tomorrow, Magazine a été abattu à son domicile d’Abidjan, le 14 novembre par des braqueurs.
Désiré Oué était connu dans son quartier pour son militantisme et son activisme durant la campagne présidentielle en faveur du candidat Laurent Gbagbo.
Il a été abattu de plusieurs balles et ses meurtriers sont partis sans rien emporter de la maison.
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