La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao avec près de 1,8 million de tonnes attendues pour la saison 2025-2026, franchit un nouveau cap dans sa stratégie de transformation locale. L’objectif affiché par le gouvernement est de monter à 50% de fèves transformées sur place à l’horizon 2030. Les nouvelles infrastructures industrielles témoignent de cette volonté, avec plusieurs usines inaugurées depuis 2021, et une accélération sans précédent cette année.cacao+2
Quelques chiffres-clés pour 2025
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39% du cacao ivoirien était transformé localement fin juin 2025 (soit 536 017 tonnes sur une capacité installée de 1,115 million de tonnes), contre 30% en 2019.aip+2
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Plusieurs nouvelles usines, dont Transcao PK 24 à Akoupé-Zeudji, inaugurée en juin et dotée d’une capacité de 50 000 tonnes/an, ou Cacao S.A à Divo (36 000 tonnes/an), renforcent le parc industriel.agenceecofin+2
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Environ 97% des produits issus de la transformation (pâte, beurre, poudre) sont encore exportés vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Les chocolats finis, eux, ne représentent que 3% des exportations.teamfrance-export+1
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La filière génère 15 à 20% du PIB ivoirien et 80% des recettes d’exportation.sikafinance
Impacts sur les revenus et la filière
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Le prix garanti aux producteurs a atteint 2 800 FCFA/kg pour la campagne principale 2025-2026, un record imposé par la hausse mondiale des cours et une production sous tension.sikafinance
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Les revenus cumulés des producteurs sur l’exercice 2024-2025 s’élèvent à près de 3 000 milliards FCFA, en hausse de 70% par rapport à l’exercice précédent.aip+1
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La transformation locale crée des milliers d’emplois : la seule usine Transcao promet 1 400 emplois directs, et Cacao S.A prévoit 1 117 emplois à terme.fra.yidaiyilu+1
Les défis et perspectives
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Malgré le bond industriel, la production locale de chocolat reste marginale : environ 35 000 tonnes de fèves sont valorisées en chocolat sur place, pour un marché intérieur encore peu développé.teamfrance-export
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Les multinationales (Cargill, Barry Callebaut, Olam…) dominent le broyage, mais des marques ivoiriennes comme Cémoi ou Choco Plus gagnent en visibilité.
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Les autorités s’attellent aussi au volet social et environnemental : traçabilité (40% de la récolte 2024/2025 est traçable), lutte contre le travail des enfants, agroforesterie, et énergie renouvelable dans les usines.aip+2
Enjeux pour la sobriété et la compétitivité
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Les chocs climatiques (El Niño), maladies (swollen shoot), et vieillissement des vergers ont réduit la production de 25% en 2024-2025, mais la dynamique de transformation compense une partie des pertes en valeur ajoutée.afrique.le360+1
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La Côte d’Ivoire cherche à diversifier ses produits finis vers la cosmétique, l’agroalimentaire, et le marché local, tout en maintenant la compétitivité du secteur à l’export.cotedivoirexport+1
En 2025, la Côte d’Ivoire confirme son ambition de devenir le leader africain et mondial de la transformation du cacao, tout en consolidant les revenus paysans et en modernisant sa filière. Si le modèle reste à parfaire (chocolat local sous-développé, dépendance à l’export, vulnérabilité aux marchés mondiaux), le pays avance à grands pas vers une valorisation accrue de sa principale richesse agricole.
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