(Xinhua) – L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) déplore l’utilisation du nom de la mission onusienne dans la diffusion des rumeurs concernant de prétendues présences et attaques de Djihadistes et de prétendus couvre-feu et rafles généralisées. « L’ONUCI condamne l’usurpation de son nom dans des messages qui diffusent de fausses informations », a énoncé la porte-parole de l’ONUCI, Sylvie van den Wildenberg dans une déclaration publiée vendredi. Celle-ci a dénoncé une manipulation de l’information dans le but de créer la psychose. « Les rumeurs peuvent avoir des effets néfastes sur la population », a-t-elle relevé, notant qu’une enquête est ouverte pour démasquer les auteurs. Plusieurs informations par sms ont circulé ces derniers jours à Abidjan et dans des villes de l’intérieur, concernant de prétendues présences et attaques de Djihadistes et de prétendus couvre-feu et rafles généralisées, note-t-on. La mission onusienne a annoncé par la même occasion un atelier de formation et de sensibilisation dans les prochains jours sur la gestion des rumeurs.
Quelle démocratie sous Ouattara?
L’opposition ivoirienne, dont le FPI (Front Populaire Ivoirien) est la principale figure de proue, va-t-elle encore verser dans ce qui – jusqu’ici – n’a été qu’une démarche quasiment infructueuse ? C’est-à-dire, rester-là, à pleurnicher sur l’arrestation de l’un de ses membres par le régime névrotique d’Abidjan ?
La question circule sur les lèvres, dans la capitale Abidjanaise où, de nombreuses voix s’élèvent de plus en plus pour dire que la récente arrestation de Koua Justin, président de la JFPI (jeunesse du FPI) est « la provocation de trop ». Une provocation face à laquelle l’opposition ne doit plus rester passive.
Mais, l’approche qui mérite ici d’être faite est, non pas de dénoncer l’apparente passivité du FPI, mais de se demander si le FPI a aujourd’hui, la possibilité de mener des actions d’envergure sur le terrain, pour réclamer la libération ou du moins, protester contre les arrestations arbitraires et les détentions abusives de ses membres, dans un contexte où le régime en place – totalement sourd aux critiques et aux dénonciations – a la dangereuse manie de confondre « démocratie » et « verser du sang » ? En d’autres termes, le FPI peut-il actuellement user – en toute liberté – de tous les moyens démocratiques dont il a normalement droit, dans un Etat qui s’estime démocratique ?
Le constat
Depuis le changement brutal de régime – genre bombes françaises – survenu en Côte d’Ivoire, l’opposition n’a jamais pu organiser une manifestation digne de ce nom. A part – bien sûr – les meetings de Koumassi et Yopougon place Ficgayo, qui ont pris brutalement fin avec l’irruption de bandes de voyous – sans doute sous l’effet de substances hallucinogènes – et dont les intérêts convergeaient naturellement avec ceux du régime en place. A savoir empêcher l’éclatement de la vérité à travers la mobilisation de la masse. Depuis l’avènement d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire, toutes les manifestations d’envergure projetées par l’opposition, sont sournoisement et systématiquement frappées d’interdiction. Plus cynique encore. La stratégie totalitaire du régime d’Abidjan ne se limite pas qu’à interdire les manifestations. Elle vise aussi et résolument à mettre sous l’éteignoir les acteurs politiques qu’il juge potentiellement « dangereux ».Donc qui pourraient contribuer à la mise en place d’une opposition forte, capable de compromettre son sombre projet d’accaparement du pouvoir.
Au nombre de ces acteurs, Koua Justin, président de la JFPI, très en verve – ces derniers temps – contre le régime d’Alassane Ouattara. Certes, on le savait dans le collimateur du pouvoir, et les risques qu’il soit arrêté ne faisaient plus de doutes, tant il troublait le sommeil des républicains par ses déclarations. Mais la coïncidence, après quelques jours de la décision des juges de la CPI d’ajourner l’audience de confirmation / infirmation des charges contre Laurent Gbagbo, est frappante.
Dans un tel contexte, Koua Justin apparait comme celui qui devait subir les foudres d’un régime plongé – à la fois – dans une noire colère et une grosse frayeur, après l’annonce de la décision des juges de la CPI. Il devient ainsi l’homme sur qui le régime tortionnaire d’Abidjan devait passer sa colère pour se calmer.
Au-delà du cas « Koua Justin », de toutes ces arrestations et ces détentions illégales des membres de l’opposition, la vraie question qui mérite d’être posée, est et demeure celle se rapportant à leur statut : sont-ils, des prisonniers politiques ou des prisonniers de droit commun ?
L’on se souvient encore qu’à cette question, le régime Ouattara avait répondu par la voix de son ministre de la justice, Coulibaly Gnenema : « Il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire ». Fournissant au passage toute une panoplie de chefs d’accusations farfelus : « crimes économiques et atteinte à la sûreté de l’Etat ; le génocide, le crime contre la population civile, les meurtres, assassinats, crimes contre les prisonniers de guerre, coups et blessures volontaires, complicités, coaction et tentative de toutes ces infractions, voies de fait ; vols qualifiés, incendie volontaire d’immeubles, dégâts volontaires à la propriété immobilière d’autrui, complicité, constitution de bandes armées, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme, xénophobie, coaction et tentative de toutes ces infractions ».
Deux ans après, l’on attend toujours de voir les preuves irréfutables des motifs pour lesquels ces opposants sont encore en prison. Il faut ne faut surtout pas perdre de vue qu’en Côte d’Ivoire, il y a eu une guerre qui a mis aux prises deux camps. Et que, curieusement, seuls les membres d’un seul camp sont poursuivis, par la seule volonté d’un régime, à la fois juge et partie. Car ce régime, n’est-il pas – d’une part – tout aussi coupable dans cette guerre ? D’autre part, quelles preuves nous fournit-il – bien entendu, en dehors des bombes de l’armée française et du soutien aveugle de la communauté dite internationale – pour justifier la victoire de son mentor au sortir de l’élection présidentielle de 2010 ?
Les réponses à ces questions suffiraient amplement – à elles seules – à justifier la détention de tous ces prisonniers de l’opposition. Hélas, la force, la violence, la barbarie, la loi du plus fort ont eu raison de la démocratie en Côte d’Ivoire.
Pendant ce temps et en attendant la fabrication des preuves – tout aussi farfelues – contre lui, Koua Justin vient d’être arrêté… que dis-je, enlevé. Car, lorsque des dizaines de policiers et gendarmes font irruption au siège d’un parti politique, mettent la main sur un homme sans donner aucune raison valable et le conduisent manu-militari, vers une destination inconnue, comment peut-on appeler cette sauvagerie ?
Après la dissipation des fumées dues aux bombes larguées par l’armée française, pour l’avènement d’un régime, on voit un plus clair dans cette sombre machination visant à faire croire que tous ces pro-Gbagbo emprisonnés sont des prisonniers de droit commun. Pourquoi eux et pas les autres, qui eux, ne sont visiblement pas exempts de tout reproche ? Il y a manifestement de la part des tenants du régime d’Abidjan, une volonté – tout comme c’est le cas pour Laurent Gbagbo à la CPI – de réduire l’opposition à néant. En la privant de ses membres – les plus influents, les plus enclins à gêner leurs plans égocentriques.
A la vérité donc, nous sommes en face de prisonniers politiques. D’hommes et de femmes dont le seul tort est d’avoir mis leurs compétences au service de leur pays ; d’hommes et de femmes détenus pour leurs opinions, mis aux arrêts afin de ne point venir empêcher le régime d’aller en roue libre vers ses sombres desseins.
A ce rythme, l’on de se demande encore où est « le démocrate policé » dont les médias occidentaux nous ont rabattus les oreilles, des années durant, à propos d’Alassane Ouattara?
Ces mêmes médias ont toujours eu la fâcheuse tendance à faire croire à l’opinion qu’en Afrique, celui qui bénéficie du soutien de la communauté dite internationale, est majoritaire. Ce qui est manifestement, archi faux.
En Côte d’Ivoire, il y a un groupuscule qui, fort du soutien de ses parrains occidentaux, use de la violence et d’une barbarie inouïe dont elle s’est montrée capable durant la crise post-électorale, pour continuer à semer et entretenir la terreur, la psychose au sein de la population, notamment de l’opposition, pour l’empêcher de s’exprimer librement. En Côte d’Ivoire, des hommes armés en tenus, des dozos (chasseurs traditionnels venus du nord) armés jusqu’aux dents, parés d’accoutrements effrayants, se promènent librement dans les rues, écument villages et hameaux, y dictent leurs lois, y règnent en maitres absolus, en toute impunité, avec la bénédiction tacite du régime en place. Malheur à quiconque oserait contrarier le régime dont ils ne répondent qu’aux seuls ordres !
Ainsi, des barbares sont en liberté, alors que des cadres talentueux sont traqués comme des pestiférés ou tout simplement jetés en prison, parce que appartenant à un camp jugé mauvais, celui de Laurent Gbagbo. Ainsi va la démocratie sous Alassane Ouattara.
Koua Justin, opposant jugé trop « remuant », a fini par être enlevé sans motif valable. Ce jeune, mais farouche opposant, a fini par être fait prisonnier par le régime Ouattara. Cela n’est rien d’autre que la parfaite illustration que ce régime ne veut pas d’une opposition forte. Son but est plutôt de faire de la collection de prisonniers politiques, son cheval de bataille.
La Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, nous éclaire sur le sujet: « L’existence de prisonniers politiques est la preuve tangible d’un dysfonctionnement de la démocratie». Au regard de ce qui précède, de quelle démocratie peut-on encore bien parler en Côte d’Ivoire, sous l’ère Alassane Ouattara ?
Marc Micael
marcmicael@yahoo.fr
Manque de dialogue politique et instauration d’une justice à double vitesse en Côte d’Ivoire (ONU)
L’expert indépendant de l’ONU sur les droits de l’homme en Côte d’Ivoire présente son rapport ce mardi 11 juin devant le Conseil des droits de l’homme. Si Doudou Diene note plusieurs améliorations dans le pays, sécuritaires mais aussi dans la réussite technique des élections locales en avril dernier, il dresse un bilan mitigé des deux années au pouvoir d’Alassane Ouattara. Il s’inquiète notamment du manque de dialogue politique, du non règlement des conflits fonciers mais aussi d’une justice à double vitesse.
Ce qui a frappé Doudou Diene, c’est d’abord la culture de violence physique et verbale qu’il a constatée pendant les élections locales, notamment au sein de la coalition au pouvoir. Si ce scrutin s’est globalement bien déroulé d’un point de vue technique, l’absence du FPI et l’intrusion partisane de certains ex-com-zones montrent une fragmentation politique qui l’inquiète pour les prochaines échéances électorales.
L’expert indépendant de l’ONU a aussi noté de profonds problèmes fonciers : à leur retour d’exil, de nombreux Ivoiriens n’ont plus accès à leurs terres – sans compter l’occupation illégale et massive de forêts protégées. Ces éléments constituent à ses yeux une « bombe à retardement » que l’Etat doit régler de manière urgente.
Doudou Diene consacre une large partie de son rapport à la justice : absence de procès pour les détenus de la crise postélectorale, qui n’ont pas ou peu accès à leur avocat – arrestations arbitraires ces deux dernières années – la Côte d’Ivoire donne une impression de justice à deux vitesses, d’après l’expert. Il évoque notamment la tendance du pouvoir à utiliser l’accusation générique d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Une charge dont fait justement l’objet Justin Koua, le leader de la jeunesse du FPI arrêté vendredi dernier 7 juin au siège du parti.
Avec RFI
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler
Dans un titre chaotique servi par un quotidien ivoirien qui a rapporté des propos de représentants de victimes sélectives et qui rappelle malheureusement une certaine carte de la Côte d’Ivoire qui a préfiguré la partition de l’après-septembre 2002, nous lisons que «Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire».
En raison du caractère hautement dangereux d’un tel titre, il nous pose problème. Il pose aussi la question de savoir pourquoi une telle haine envers un homme avec lequel on avait naguère bâti le Front Républicain, ancêtre du combat pour la non exclusion? Peut-on être du côté du pouvoir et distiller tant de haine? Laurent Gbagbo fait-il donc si peur? L’auteur d’une telle politique ne dessert-elle pas l’image extérieure de son propre mentor et celle du régime que l’on tente parallèlement de construire à coup de milliards? Pour tout occidental, ce titre est haineux car la libération de Gbagbo ne devrait reposer que sur l’exactitude des faits à lui reprochés.
Natif d’une région où, en une seule nuit, j’ai perdu des milliers de compatriotes, je ne peux continuer de me taire face à ceux qui promettent encore de brûler les cendres qui nous restent! Je ne serais pas surpris du mépris de ceux qui ne regardent qu’au contenu de leur assiette plutôt qu’à l’avenir de la nation. Ceux-là me répondront que je suis laid, chef d’un « parti politique dont les militants ne peuvent remplir une boîte d’allumettes », indigent car n’ayant profité d’aucun casse de la Bceao, ni rien détourné pendant mon passage au gouvernement! Mais est-ce là le vrai débat? Mon indigence n’intéresse pas les Ivoiriens! Seul compte le débat des idées. À tous ceux qui seraient tentés de répondre au messager, de grâce, répondez au message car il y a mieux que la haine: la nation.
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler du feu de l’injustice, servi par une justice des vainqueurs! Je m’incline chaque jour devant la cause des victimes parce que porteur des mêmes douleurs, mais doit-on encore accepter d’instrumentaliser nos terribles souffrances à des fins de haine? Brandir le feu n’est-il pas un moyen d’avouer une incapacité à faire justice aux victimes?
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler. Laurent Gbagbo n’était-il pas à la CPI quand, parlant de la région de l’Ouest, Amnesty International a écrit: «Cette région, la plus meurtrie par la décennie d’instabilité qu’a connue le pays, a une nouvelle fois été le théâtre de violences lors de l’attaque, en juillet 2012, du dernier camp de personnes déplacées situé à Nahibly, à proximité de la ville de Duékoué (à 450 km d’Abidjan). Cette attaque a été perpétrée par des populations locales soutenues par des Dozos, une milice de chasseurs traditionnels soutenue par l’État et par l’armée. De nombreux témoignages recueillis par Amnesty International font état d’arrestations, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires et d’une volonté des assaillants de raser ce camp de personnes déplacées». Le rapport poursuit d’ailleurs par cet autre constat: «Aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains décrites dans le présent rapport n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions. Cela illustre l’échec des autorités ivoiriennes à instaurer un état de droit près de deux ans après l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités. Loin de répondre aux espoirs d’une justice impartiale, les autorités ont exclusivement ciblé les partisans avérés ou présumés de l’ancien président Laurent Gbagbo et ont amorcé à leur encontre des procédures judiciaires dilatoires qui ne respectent pas les normes internationales d’équité. (…) l’instruction est faite uniquement à charge sans qu’il y ait eu, à ce jour (février 2013), ni confrontation avec des victimes ni aucun élément de preuve matériel communiqué à la défense».
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler, même quand des alliés organisent une élection à laquelle ne participe pas l’opposition et qui, mettant en compétition biaisée les alliés du régime, dégénère en violences malgré un « désert électoral ».
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler avec une corruption galopante reconnue par le pouvoir comme difficile à combattre et une gouvernance de communication qui ne laissent aux populations que le choix de la misère!
«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d’Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d’Ivoire ne cesse de brûler, avec des personnalités de haut niveau qui promettent le cimetière à leurs adversaires politiques au point de se faire surnommer « Cimetière »!
La justice que l’on réclame, à juste titre, pour les victimes ne peut leur être profitable que dans un climat de paix et de cohésion sociale. Nous avons le choix entre plusieurs solutions dont celle à la sud-africaine, celle à la Nuremberg, etc. Notons toutefois qu’à Nuremberg ce ne sont pas les Allemands qui ont jugé les Allemands. Nous sommes tous les enfants d’un même pays.
Avec une Côte d’Ivoire humiliée sur la scène internationale et défigurée, apprenons à faire profil bas et surtout à envisager un avenir à notre pays au travers d’un pacte républicain qui n’effacerait pas les rapports de force! La Côte d’Ivoire brûle déjà. Et c’est sans doute en faisant justice à Laurent Gbagbo, un compatriote à nous tous, que nous libérerons notre pays et que nous ferons tomber une pluie sur toutes ces braises ardentes ! Que nous éteindrons ce volcan qui couve!
La paix, ce ne sont pas seulement des déclarations d’intention ou des mots mais aussi des non-mots! Surtout des actes d’amour!
Nous sommes allés trop loin dans la haine pour aller plus loin. Ici, doit s’achever la course! BORIBANA[1]!
Le ministre Eric KAHE
Président en exil de l’AIRD
Miaka Oureto révèle: ‘‘Le Fpi aura son candidat en 2015 et il gagnera’’
Le Front Populaire Ivoirien (Fpi) croit dur comme fer que l’ex-Président Laurent Gbagbo sera innocenté par la Cour Pénale Internationale (Cpi) et rentrera en Côte d’Ivoire. Mieux, Miaka Oureto et ses camarades n’excluent pas une éventuelle participation et une réélection du pensionnaire de la prison de la Cpi à l’issue des élections présidentielles de 2015. La révélation a été faite par le président intérimaire lui-même le samedi 08 juin dernier à l’ex-QG de campagne du candidat de la majorité présidentielle à la Riviera Attoban. Et ce, à la faveur de la célébration de la fête des mères initiée par l’Organisation des Femmes du Fpi (Offpi) et dédiée à l’ex-première Dame Simone Gbagbo et toutes les détenues politiques du parti de Laurent Gbagbo. «Il ne faut pas qu’ils croient qu’ils iront en roue libre aux élections de 2015. Le Fpi aura son candidat et il gagnera. Qu’on arrête de recourir à des moyens qui ne prospèrent plus. Ils ont fabriqué des preuves contre Laurent Gbagbo et elles se sont avérées insuffisantes. Car, Laurent Gbagbo est blanc comme neige. La vérité va triompher et le Président sera bientôt de retour en Côte d’Ivoire», s’est convaincu Sylvain Miaka Oureto qui était accompagné pour l’occasion, d’une forte délégation de la direction intérimaire dont les ministres, Amani N’guessan, Dano Djédjé, le secrétaire général Kodjo Richard, Pr Dédi Séry, Mme Ago Marthe du Cnrd, l’ambassadeur Koné Boubacar, président de la cérémonie. Par ailleurs, le président intérimaire du Fpi a fait un plaidoyer à l’endroit du Président Français, François Hollande afin qu’il use de tout son poids pour aider à la libération de Laurent Gbagbo. Car, de son avis, celui-ci, a été embarqué dans une ‘’poussière d’intoxication internationale contre le Fpi et son mentor’’. Condamnant l’arrestation du président intérimaire de la Jfpi, Koua Justin, Miaka Oureto a invité les tenants du pouvoir au pardon mutuel et à la libération des prisonniers politiques afin de donner une chance à la réconciliation nationale. L’initiatrice de la cérémonie d’hommage, par ailleurs, présidente de l’Offpi, Marie-Odette Lorougnon Gnabri, quant à elle, a rappelé le bien-fondé de l’organisation d’une telle rencontre dédiée aux femmes martyres du Fpi. Notamment à l’ex-Première dame Simone Gbagbo. Qui, de son avis, mérite d’être célébrée et soutenue de par l’épreuve douloureuse qu’elle traverse depuis sa prison d’Odienné. Dans la conférence-débat qui a suivi et animée par Dr Agnès Monnet, secrétaire nationale chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, autour du thème : ‘’Une fête des mères dans un Etat de non-droit : cas de la Côte d’Ivoire : quel sens ?’’, trois articulations étaient au centre de cet échange. Notamment, l’origine de la fête des mères, le sort de la femme dans un Etat de non-droit et le sens d’une fête des mères dans un Etat de non-droit. Au terme du développement des trois articulations, la conférencière a abouti à la conclusion selon laquelle le tableau des droits de l’Homme et des libertés publiques est sombre en Côte d’Ivoire. Eu égard, selon elle, au non-respect des principes d’un Etat de droit. «Tous les principes d’un Etat de droit sont foulés aux pieds. Quand la liberté de penser et de se réunir est réprimée. Et l’arbitraire est devenu un principe de gouvernance. La Côte d’Ivoire n’est pas un Etat de droit. Et, nous condamnons à cet effet, le silence assourdissant de la société civile et des organisations des droits de l’Homme», a-t-elle dénoncé.
L.Barro
Après son arrestation manquée, Koua Justin: «Je ne vais pas me terrer»
Le leader de la JFPI revient sur la traque dont il a été l’objet
La Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI) a croisé les doigts pendant deux jours, à l’annonce de la chasse à son leader, Koua Justin, à Daloa, les lundi 3 et mardi 4 juin derniers.
Celui-ci avait réussi à échapper des hommes en tenue civile et armés qui avaient »envahi » les locaux de la direction générale des Impôts de Daloa, son lieu de travail.
Hier jeudi 6 juin, Koua Justin a animé une conférence de presse au siège provisoire du FPI sis à la Riviera Attoban, pour donner la position de la JFPI et relater les faits de cette arrestation manquée. «Je ne vais pas me terrer, je suis un homme politique. Il n’y a qu’une balle dans la tête qui me fera arrêter la politique. Je ne ruserai pas avec le combat. Que celui qui veut m’arrêter le fasse», a déclaré Koua Justin.
Pour le leader de la JFPI, «la tentative d’enlèvement» dont il a été l’objet est l’une des conséquences de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’ajourner le verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. A l’en croire, «le verdict donné par la CPI est perçu par le régime d’Alassane Ouattara comme une humiliation». «Au lieu de fournir des preuves, ils ont fourni un brouillon. Et pour camoufler cette humiliation, il fallait arrêter Koua Justin», a indiqué le chef de la JFPI. Selon lui, le pouvoir d’Abidjan veut réduire le FPI au silence.
Pour le conférencier, en lançant une traque contre sa personne, le pouvoir voulait amener la JFPI à surseoir à l’opération »éveil des consciences » qu’elle a lancée il y a peu, et pour laquelle des tournées ont déjà été organisées dans des régions du pays. «Pour le régime Ouattara, il n’est pas envisageable que la JFPI fasse des tournées. Hier, c’était Alphonse Douati, Laurent Akoun, qui étaient emprisonnés. Aujourd’hui, on veut arrêter Koua Justin, parce qu’il a lancé l’opération »éveil des consciences ». La gestion d’Alassane Ouattara est en train de plonger le pays dans un désastre indescriptible, et il faut le dire aux Ivoiriens. L’opération dérange, donc ils veulent qu’on l’arrête. La JFPI condamne avec force et gravité la tentative d’enlèvement de Koua Justin», a asséné le conférencier, invitant les Ivoiriens et les militants de son parti à garder leur sérénité.
L’opération »éveil des consciences » «ira à son terme», a-t-il dit, parce qu’à l’entendre, «il faut sauver la Côte d’Ivoire qui est en train d’être transformée en un État Gestapo par le régime Ouattara». Il a estimé que le pouvoir veut «bâillonner» l’opposition. «Même si Koua Justin est arrêté, les camarades poursuivront le combat. Tout le programme de l’opération »éveil des consciences » sera exécuté. La JFPI ne faiblira pas», a martelé le leader de la jeunesse du FPI.
Le film de l’arrestation manquée
A l’entame de la conférence de presse, M. Koua est revenu sur les deux journées qu’il a vécues à Daloa en début de semaine. Selon lui, après la tournée politique qu’il a conduite dans la région d’Aboisso, le samedi 1er juin 2013, il s’est rendu le lendemain dimanche 2 juin, à Daloa pour rencontrer les bases afin qu’elles lui fassent le point des préparatifs d’une autre tournée politique qu’il envisage de faire dans la région du Moyen Cavally. Il regagnait ainsi son poste après le week-end.
Administrateur des services financiers, Koua Justin s’est rendu au travail tôt le matin du lundi 3 juin. Ce jour-là, il a été interpellé, selon ses termes, par un »contribuable » qui l’a informé qu’il était recherché par la police. Mais, jusqu’à 9h, ne voyant rien de curieux se dérouler, il décide de poursuivre son travail. C’est le lendemain, mardi 4 juin 2013, que les choses sont devenues difficiles.
En effet, il a expliqué à la presse que le même »contribuable » est revenu à la même heure, le mardi, pour lui donner la même information que la veille, l’invitant à quitter ses bureaux. «Il est revenu avec une mine grave et m’a dit: chef, je suis revenu à cause de vous, quittez votre bureau, ils arrivent. Je me suis éclipsé, après avoir informé ma hiérarchie. C’est quand je sortais de la direction des impôts que j’ai vu le dispositif se mettre en place. De 8h30 à 9h30, ils se sont rendus compte que je n’étais pas sur les lieux. Ils ont rendu compte au préfet de police, le commissaire Koné Zié. Celui-ci s’est rendu personnellement sur le terrain. À 11h30, Koné Zié est parti, laissant ses agents sur les lieux», a-t-il relaté, expliquant qu’il suivait toute la scène depuis un endroit où il s’était réfugié. «À 15h, Koné Zié est revenu et a commencé à menacer ses hommes. »Ne me faites pas rater une grosse occasion en or. Le ministre m’attend, il a besoin de lui. Ma carrière se joue »», a révélé l’orateur, citant le préfet de police de Daloa.
A l’en croire, il est resté dans sa cachette jusqu’à ce qu’il soit exfiltré le mercredi 5 juin 2013, avant de se retrouver au siège du FPI à Abidjan. Niant avoir adressé un courrier au commissaire Koné Zié pour l’informer de la tenue d’une réunion, Koua Justin a indiqué que le préfet de police de Daloa «ne veut plus assumer son acte». «Beaucoup de coupeurs de route sévissent sur l’axe Daloa-Vavoua. Ce qu’il peut faire, c’est de chercher à sécuriser cette voie. Arrêter Koua ne peut pas arrêter l’action des coupeurs de route. La JFPI se donnera les moyens de droit pour saisir la justice et porter plainte contre Koné Zié pour tentative d’enlèvement», a-t-il annoncé.
L’Inter
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